avec
Bernard
de
Montréal
DIALOGUES AVEC
BERNARD DE MONTRÉAL
1
Textes établis à partir des entretiens publics de
Bernard de Montréal avec François J. Payotte
LES PRESSES DE L'UNIVERSITE DE LA PERSONNE
Adresse de l'éditeur :
Les Presses de l'Université de la Personne inc.
2, boul. Desaulniers, Bureau 101
Saint-Lambert (Qc) Canada J4Z 3J2
ISBN 2-921138-00-X
Dépôt légal 2e trimestre 1989
Bibliothèque nationale du Québec
Tous droits de reproduction, d'adaptation
ou de traduction réservés
© Les Presses de l'Université de la Personne inc. 1989
2
MOT DE L'ÉDITEUR
Depuis une dizaine d'années, Bernard de
Montréal s'est entretenu mensuellement avec
quelques conférenciers sur l'évolution et l'intégration
de la psychologie supra-mentale. Au cours de ces
conférences publiques, il a abordé plusieurs
centaines de sujets qui feront l'objet de cette
collection.
Les textes, établis à partir de transcriptions,
contiennent l'essentiel de ces entretiens ; afin que la
lecture conserve le dynamisme de l'échange qui les
caractérisait, la formule question-réponse a été
maintenue dans ses grandes lignes.
3
4
PSYCHOLOGIE DE
L'INITIATION
Q. - Pouvez-vous nous faire voir les différents
aspects de l'initiation ? En fait, existe-t-il des
catégories d'initiation ?
BdM - Le concept de l'initiation est très vieux, il fait
partie de la conscience de l'humanité et il évolue
comme tout autre chose dans la vie. L'homme, en
tant qu'individu, est arrivé à un point où il doit
inévitablement connaître une finalisation de son
contrat de vie. Lorsque je parle de l'humanité, je
parle toujours de l'homme d’abord, de celui qui
constitue l'humanité. Je ne parle pas de l'humanité
qui englobe l'homme, je parle toujours de l'individu.
D'ailleurs, lorsque l'on parle d'initiation, on parle de
l'individu.
Cet homme va en arriver un jour, dans cette
vie, dans sa vie, à pouvoir finaliser son contrat de
vie. C'est-à-dire posséder entre ses mains, dans son
mental, une comptabilité parfaite de sa vie. Pour
savoir qu'est-ce que c'est la vie, il doit avoir été
dépouillé complètement des mystères de la vie, qui
sont des illusions du mental inférieur ; il doit aussi
avoir un respect parfait pour l'humanité, pour
l'homme, pour son frère, et en même temps avoir une
capacité intégrale de conscience identique à lui-
5
même. Il doit être un homme capable de déchiffrer
la vie. Si la chose est possible sur le plan
scientifique et sur les plans inférieurs, elle l'est aussi
sur les plans subtils. La vie est une totalité, elle n'est
ni un monstre, ni un mystère. Elle est une réalité
dont on ne connaît pas les mécanismes parce qu'ils
font partie de la découverte de l'homme nouveau, ces
nouveaux initiés, ceux qui passeront de l'involution à
l'évolution.
L'involution est cette période qui a permis à
l'homme de développer un intellect et un intuitif.
L'évolution sera cette autre période au cours des
siècles qui viennent, où l'homme sera obligé de
développer un troisième cerveau. Nous savons que
l'homme possède, matériellement, deux cerveaux :
cerveau de droite, cerveau de gauche. Un cerveau
qui lui permet de rationaliser, d'ordonner ses
pensées, et un autre cerveau qui lui permet de
connaître intuitivement quelque chose en lui-même,
mais dont il ne comprend pas parfaitement la
configuration. Les deux cerveaux de l'homme font
aussi partie de la gestion polarisée de son savoir :
cela signifie que l'homme de toutes les nations, de
toutes les races, de toutes les cultures, est obligé de
se servir d'un cerveau ou de l'autre pour avoir accès à
ce que nous appelons un « certain savoir ». Mais ce
savoir est toujours polarisé, parce que fondé sur la
conception du bien et du mal. Sur le plan racine de
la conscience, il s'arrête là ; il ne va pas plus loin,
car il n'y a pas de synthèse. L'homme de l'invo-
lution ne possède pas les outils permanents de sa
6
conscience, parce qu'il ne sait pas encore utiliser un
troisième cerveau qui appartient aussi à sa
conscience, que l'on peut appeler le cerveau
éthérique. Comme celui-ci n'est pas utilisé
consciemment, l'homme en est réduit à vivre d'une
connaissance polarisée. Même si ce processus fait
partie de l'évolution, il comporte de très grands
dangers parce que, quand l'homme est obligé de
vivre toutes ses expériences humaines à l'intérieur
d'une échelle de valeurs qui va du bien au mal, il vit
une tension existentielle que certains philosophes
appelaient, durant le premier quart du siècle, le
« angst ». L'homme vit une anxiété, et ce
phénomène n'est pas normal. L'anxiété est un
déchirement de l'homme, qui résulte de son
incapacité à formuler une synthèse à l'intérieur de la
polarité de son savoir intuitif et rationnel. Vivre une
anxiété existentielle n'est pas normal, ce n'est pas
naturel, cela fait vieillir et empêche l'homme de
découvrir son identité.
À la fin du XXe siècle, il y a des hommes sur
terre qui vont finalement entrer dans cette initiation
que souvent nous appelons solaire, pour la
différencier des anciennes qui étaient plutôt lunaires,
et cette nouvelle initiation permettra à l'homme, à
l'échelle de l'individu, de finalement reprendre le
contrôle de son évolution. Cela signifie contrôler sa
façon de voir la vie, sa façon de penser la vie, sa
façon de percevoir intuitivement la vie, sa façon de
raisonner la vie par l'activité où l'action d'un autre
principe en lui. Ce dernier a toujours été caché à
7
l'humanité, c'est un principe fondamental à sa
conscience, qui fait partie de son esprit, de sa
doublure spirite, qui participe de sa réalité et qui seul
peut intégrer le cerveau gauche et le cerveau droit, en
donnant au positif et au négatif de sa conscience un
équilibre total.
Si l'on regarde dans le monde, même sur le
plan scientifique, sur le plan de la matière, on
remarque que jamais, à aucun niveau de la réalité, ne
peut exister une phénoménologie qui est polarisée
absolument. Si je tiens un verre, il est attiré par la
gravité, il est maintenu par ma main, mais il est
contrôlé par mon mental. Il y a dans toute
phénoménologie, dans toute ontologie phénoménale
et dans toute phénoménologie ontologique, toujours
trois forces. Dans la nature, à tous les niveaux d'or¬
ganisation systémique, inter-systémique, mondiale,
inter-mondiale, galactique, moléculaire, atomique, il
y a toujours trois forces agissantes. Nous les
hommes, nous avons agi sur le plan de notre
conscience, depuis des millénaires, avec deux
forces : la force du cerveau droit, et celle du cerveau
gauche. Nous avons cru qu'à l'aide de l'intuition et
du rationnel, nous étions capables de composer avec
le monde, comprendre des aspects aussi énig¬
matiques que la vie, comprendre des aspects aussi
éthérés que la pensée, et comprendre une
phénoménologie intuitive directement reliée aux
forces de l'âme. Comprendre l'âme est impossible.
Comment voulez-vous que l'homme puisse
comprendre les souterrains de l'humanité à partir
8
d'une intuition qui n'est pas sous son contrôle et à
partir d'une raison qui est limitée par sa vision
sensorielle du monde dans lequel il vit ? C'est
impossible.
Par le passé, les hommes qui ont eu accès à
des données plutôt occultes de la réalité passaient
des périodes dans des temples, dans différents pays
du monde, et ils vivaient ce que nous appelons une
initiation astrale. Ce type d'initiation astrale est
relevée dans tous les bouquins ésotériques et
occultes du monde occidental et oriental. Mais cet
homme plus marginal, plus évolué et plus spirituel,
plus avancé dans la pensée subtile, n'a jamais réalisé
que l'initiation astrale ne peut pas rendre l'homme
libre, elle ne peut que le spiritualiser. Elle sert à
ouvrir les centres qui rendent son intuitif plus
puissant que son rationnel.
L'humanité a été divisée en deux camps : le
camp du rationalisme, qui est devenu très puissant
avec les XVIIe et XVIIIe siècles, et le camp de
l'intuition, celui des religions et des métaphysiques,
qui ont aussi maintenu une puissance pendant des
siècles. Ces deux camps se sont fait la guerre parce
qu'ils ont voulu garder l'humanité à l'intérieur d'une
configuration collective qui ne fait pas partie de la
destinée de l'individu, mais bien de l'évolution de la
société. L'homme non individualisé, pendant des
siècles, a recouru de temps à autre à certaines
lumières, qui représentent historiquement l'évolution
progressive de l'humanité : Diderot, Victor Hugo,
9
les grands penseurs, Saint-Thomas d'Aquin...
L'homme s'est fié à ces lumières et celles-ci ont été
récupérées par les sociétés, les groupes, les
organisations, les puissances mondiales autant
temporelles que spirituelles. Aujourd'hui il est dans
une situation où il a perdu le pouvoir et la capacité
d'être lui-même, ainsi que la capacité de savoir par
lui-même, d'une façon universelle, les constants
attributs d'une conscience en évolution. Celle-ci ne
s'arrête pas à l'intuition, elle ne se ferme pas à la
raison, mais s'ouvre sur l'infinité du mental supérieur
de l'homme.
Il est évident que l'individu, cette enveloppe
charnelle habitée par un esprit, ne peut pas recouvrer
la vue à partir de ces vérités, ou de ces mensonges,
ou de ces formes de connaissance qui diluent son
identité et qui lui permettent de performer sur le plan
spirituel ou sur le plan technique, rationnel ou
scientifique.
Quel homme a la capacité créative de savoir
quoi que ce soit par lui-même ? Je mets n'importe
qui au défi. Qui n'est pas suffisamment sensible à la
réalité de la puissance du mémoriel rationnel ou
intuitif de sa conscience ? Qui n'a pas la notion que
son êtreté philosophique, psychologique, métaphy¬
sique est fondée sur l’appropriation des données
ignorantes d'une humanité, codifiées pour le contrôle
idéologique des masses et celui, ultimement, de
l'homme ? Pourquoi croyez-vous que certains hom¬
mes, au cours de l'humanité, ont été obligés de
10
mettre leur vie à prix pour faire passer certaines
données, qui ne pouvaient pas être acceptées
volontairement par une hiérarchie qui soutenait le
pouvoir en le maintenant à travers les connaissances
intuitives ou rationnelles ? Est-ce que l'homme sera
toujours obligé de mettre sa vie en danger pour
savoir ? Est-ce que l'humanité sera toujours obligée
d'être contre le mur pour savoir ? Nous avons
dépassé le stade de la question shakespearienne :
« To be or not to be ». À partir du moment où
l'homme possède une conscience, il est. Ce n'est pas
une question à se poser. C'est une question
philosophique, ou métaphysique, mais ce n'est pas
une question réelle. Ces questions ont obsédé
l'homme pendant des siècles, et aujourd'hui nous
bavardons dans les salons, nous bavardons dans les
universités, nous bavardons dans le monde, nous
nous lançons la balle de la parole inerte parce que
nous sommes obligés de trafiquer avec des données
qui font partie de l'intuitif de l'homme ou de son
rationnel, mais qui n'appartiennent pas à la
conscience réelle de l'homme. Aujourd'hui de
nouvelles connaissances se diffusent dans le monde,
non pas à partir d'un plan intuitif, non pas à partir
d'un plan contrôlé par les forces de l'âme ou contrôlé
par des entités, non pas à partir d'un plan qui est
rationnel, mais plutôt à partir d'un autre plan qui fait
partie de ce que nous appelons la conscience
supr amentale.
L'humanité a un très long chemin pour
évoluer. L'homme, en tant qu'individu, doit en
11
arriver à recouvrer la vue dans une vie. Pas dans
cinq, dix, quinze vies ; dans une vie. Pour qu'il en
arrive au contact avec lui-même, il faut qu'il prenne
conscience de la mécanique de la raison, il faut qu'il
prenne conscience de la mécanique de l'intuition,
qu'il sache reconnaître la polarité de sa conscience,
qu'il réalise jusqu'à quel point son émotivité entrave
le développement naturel de son intelligence dite
universelle. Il faut qu'il sache que dans son
émotivité, il y a de l’intuition et de la raison.
Certaines formes ne font pas partie de lui mais d'une
conscience psychosociale, c'est-à-dire d'une
conscience qui constamment, historiquement,
pendant des siècles, ne s'est pas occupée de
l'individu mais de l'humanité, de l'homme social, de
l'homme collectif.
Jamais l'humanité, dans ce cycle d'évolution
qui durera peut-être 2 500 années, n'aura accès
collectivement à ce troisième cerveau. Nous devons
comprendre que l'humanité, collectivement et
individuellement, représente un être ou des êtres
programmés. Nous sommes des êtres programmés.
Toujours programmés avec les meilleures intentions
du monde, mais tout de même programmés. Cela
veut dire que les pensées et la connaissance que nous
avons sont une connaissance polarisée, qui sert le
pouvoir dans le monde. Elle sert le pouvoir parce
que son autorité est dans les mains des pouvoirs
temporels ou spirituels. Cette autorité n'est pas dans
les mains de l'homme en tant qu'individu. Quelle
autorité avez-vous individuellement, sur le plan de la
12
connaissance ? Allez dans une université, dans une
chaire, allez dans un presbytère, allez quelque part
dans le monde, avec de la connaissance qui naît de
votre troisième cerveau et vous verrez le combat
entre l'homme individualisé et l'homme collectif.
Voilà l'histoire de l'humanité, l'histoire de l'homme,
l'histoire de l'individu. Que nous parlions, comme
les ésotéristes le font ou l'ont fait, de choses
mystérieuses, c'est bien. Que les sciences ésotéri¬
ques ou que les sciences occultes aient fait des
tableaux de certaines réalités qui font partie de
certains plans, de certains mondes parallèles,
j'acquiesce. Que la science fasse état de certaines
réalités qui font partie du monde matériel,
j'acquiesce. Mais ce à quoi je n'acquiesce pas en tant
qu'homme individualisé, c'est qu'on m'enlève le
pouvoir de contester ce qui est imprégné d'autorité
dans la conscience de l'homme par des pouvoirs
quelconques : pouvoirs spirituels, pouvoirs reli¬
gieux, pouvoirs ésotériques, occultes ou purement
scientifiques. Là se situe la lutte de l'homme
nouveau. Les hommes, au cours des XXle et XXlle
siècles, seront obligés, pour la première fois depuis
le début de l'évolution adamique sur cette planète, de
savoir par eux-mêmes et de comprendre ce
qu'implique « savoir par soi-même ». Lorsqu'un
homme sait par lui-même, il n'est plus polarisé dans
sa connaissance, il n'a plus besoin de la faire valoir
parce que faire valoir sa connaissance n’est qu’une
attitude mécanique de l’ego insécure. Les hommes
nouveaux auront cette connaissance, vivront de cette
connaissance, garderont cette connaissance, diffu-
13
seront cette connaissance, feront connaître cette
connaissance à ceux qui peuvent la savoir, la
comprendre, travailler avec, la faire fructifier. Ces
hommes formeront cette nouvelle civilisation, certes
occulte, puisque ces hommes auront un autre taux
vibratoire.
J'ai déjà dit à la télévision qu'un jour
l'ésotérisme, ou l'occultisme, sera ébranlé dans ses
fondations. Quand je dis ceci, je ne prends pas une
position qui est en elle-même « anti » ceci. Je ne
suis pas anti-ésotérique, ou anti-occulte, ou anti¬
métaphysique, ou anti-religieux, ou anti-spirituel, ou
anti-science. Je regarde ces sphères d'un autre plan,
là où ces sphères nuisent à l'évolution de l'homme,
parce que celui-ci ne possède pas encore une
puissance suffisante dans son mental pour s'engager
dans la lutte contre la désinformation. C'est dans
cette perspective que je m'oppose et m'opposerai
toujours à ces sciences. S'il y a un homme, dans le
monde, qui travaille à la diffusion de l'ésotérisme et
de l'occultisme, à la diffusion de la science, à
l'équilibre entre la théologie et la métaphysique, c’est
bien moi. S'il y a un homme qui est neutre dans le
travail qui doit être fait pour la reconstruction d'un
homme neuf, c'est bien moi. Je n'accepte pas qu'on
croit que je suis anti-occulte ou anti-ésotérique, mais
j'accepte qu'on réalise que je lutterai toujours pour
l'homme, cet individu qui est programmé par
l'occulte, par l'ésotérisme ou par une science qui est
foncièrement anti-homme. Je vous assure que j'ai le
14
pouvoir de le faire et que je le ferai, comme je le
fais.
Le premier constat de l'homme du XXIe
siècle, c'est la capacité intégrale de savoir et de
comprendre d'où viennent ses pensées. La psycho¬
logie est déjà une grande science et elle deviendra
plus grande encore quand les hommes auront
compris ce qu'est la pensée. D'où vient la pensée ?
Pourquoi la pensée ? Quelles sortes de pensées ?
Nous avons une faute en nous, les hommes, c'est que
nous n'avons pas eu l'opportunité, en général, de
prendre conscience de nous-mêmes en dehors de
notre matérialité. La totalité de notre conscience est
donc toujours intégrée à notre matérialité. Nous ne
sommes pas capables d'espionner sur notre êtreté.
Nous ne pouvons pas sortir de nous-mêmes pour
regarder cet homme dans la chair, doté d'un intuitif
et d'un mémoriel rationnel qui est la fondation même
de son ego. Nous sommes des êtres absolument
conditionnés, non pas seulement dans l'esprit, dans le
mental et dans l'émotion, mais aussi conditionnés par
leurs sens. Nous sommes habitués de penser depuis
que nous sommes jeunes. Nous accumulons des
pensées depuis que nous sommes jeunes. Et nous
avons perdu l'habitude de créer nos propres pensées,
et nous en sommes devenus incapables. Pourquoi ?
Parce qu'un homme qui crée ses propres pensées et
qui n'est pas encore suffisamment conscient des lois
vibratoires de la pensée, s'en va de par le monde et
parle de ses pensées, et on lui met le chapeau sur la
tête et on lui dit de se taire. Cet homme, après cette
15
expérience qui dure 15, 20, 30, 40 ans, se dit
éventuellement : « Oui, je devrais me taire ». Il
aurait dû savoir se taire avant de parler, avant de
prendre conscience de son pouvoir de créer des
pensées. Car il aurait dû savoir que l'humanité n'est
pas réelle. Que l'homme n'est pas réel. Qu'il soit
prêtre ou grand prêtre, il n'est pas réel. Si l'homme
était réel, c'est-à-dire identique à lui-même, il
marcherait sur les eaux. Et ce pauvre, comme dirait
Boileau, que fait-il ? Au lieu de se tenir, de se
cramper sur lui-même, de s'appuyer sur lui-même, il
s'allonge sur le corps de la conscience collective
mondiale. Moi qui parle depuis une quinzaine
d'année, je n'ai jamais dit quoique ce soit que les
hommes ne savent pas. Tous les hommes le savent,
mais pas un ne le réalise. Vous voulez aller vers des
centres initiatiques, au Tibet, en Afrique, en Égypte,
dans les grands centres mondiaux de la religion, et
vous croyez que vous allez trouver la vérité ? La
vérité n'existe pas, c'est une illusion psychologique
du mental humain, cela fait partie de la polarité de
l'homme. La vérité est un besoin émotif permettant à
l'homme de balancer son énergie psychologique à
travers l'actualisation, dans sa vie, d'une émotion et
d'une pensée. Ce n'est pas la vérité que l'homme a
besoin de savoir. L’homme a été à la recherche de la
vérité pendant des siècles et, aujourd'hui encore, il
recherche la vérité. La vérité de quoi ? La seule
vérité que l'homme découvrira est la vérité du
mensonge. Parce que c'est l'histoire de l'homme,
c'est la nature même du mental de l'homme. Le
mental humain est comme un pendule : il va de
16
gauche à droite, de gauche à droite, de gauche à
droite. Il ne s'agit pas d'un mouvement circulaire ou
en spirale, ni d'un mouvement qui va vers une
infinité ; c'est plutôt un mouvement qui est limité en
fonction de certains aspects de la culture de l'homme,
de sa race, de sa pensée collective conditionnée par
l'émotion et programmée par la masse hiérarchisée
du pouvoir temporel ou spirituel, ésotérique ou
occulte. Le pouvoir, c'est le pouvoir ; et le pouvoir
est anti-homme ! Il est anti-individu. La puissance,
elle, est créative, mais non le pouvoir.
Regardez ce qui s'est passé en Allemagne et
ailleurs dans les dictatures. Le cas de l'Allemagne
est intéressant, puisqu'elle est encore plus occulte
que les autres. Qu'un peuple aussi intelligent que les
Allemands, nourri par l'activité germinale du peuple
initiatique juif, ait été empoisonné par un homme qui
n'était pas rationnel, totalement occultifié, totalement
astralisé, totalement contrôlé par des intelligences
qui font partie de plans parallèles, et que des
hommes, des enfants, un peuple n'aient pas compris,
— et même encore aujourd'hui, parce que très peu de
personnes dans le monde comprennent le phénomène
nazi —, on va dire que l'Allemagne avait été mise en
boîte par les grandes puissances européennes !
L'inflation n'avait plus de sens, le peuple avait besoin
d'un chef. Il est normal qu'un peuple ait besoin d'un
chef, mais il est anormal que ce peuple, en tant
qu'individu, donne sur le plat d'argent du mensonge
cosmique et occulte du nazisme, sa confiance à un
homme. Comment un homme peut-il donner
17
confiance à un homme ? Comment un individu,
dans son intelligence, dans son identité, peut-il
donner sa confiance totale, aveuglément, à un
homme ? C'est de la folie normale. Qu'un homme
échange avec un homme, qu'un homme fasse
confiance, qu'il regarde, qu'il voit, c’est une chose ;
mais faire aveuglément confiance à un homme parce
que cet homme se dit quoi que ce soit, et qu'il peut
faire quoi que ce soit...
C'est pourquoi, malgré toutes les grandes
souffrances de l'humanité, à cause du mouvement
nazi de la Deuxième Guerre mondiale, je vous assure
que c'est la plus grande expérience de l'humanité.
Le peuple qui a payé le prix de cette expérience, sur
le plan occulte, cosmique, c'est le peuple juif. Je ne
regarde pas les peuples à partir de leurs
inconvenances, ou à partir de leurs déformations
matérialistes ; je les regarde plutôt à partir de leurs
fonctions cosmo-génétiques, fonctions qui, depuis
longtemps, sont écrites dans les sphères et connues
de ceux qui savent quelque chose.
Voilà pourquoi aujourd'hui, à la fin du XXe
siècle, quand l'on parle d'initiation solaire ou de
n'importe quoi, ce ne sont plus les formes qui
comptent. Il importe davantage que l'individu, par
lui-même, puisse finalement sentir s'il y a quelque
chose là.
Je vous assure que l'initiation solaire n'est pas
facile. Ceux qui ont parcouru les sentiers de
18
l'initiation, qui sont allés vers les grandes initiations
astrales et spirituelles, ont eu du plaisir. Cela fait
toujours plaisir à l'ego d'être rendu au 7e, 8e, 12e,
13e degré, l'ego se flatte parce qu'il ne connaît pas,
mais il pense qu'il connaît.
L'initiation solaire représentera pour l'homme
la première expérience, le premier mouvement de sa
conscience vers la déprogrammation de son intellect,
la déprogrammation de son intuition. Et ceci se fera
à partir du développement de la pensée créative de
son mental supérieur.
Lorsque l'homme aura atteint un niveau de
conscience supérieure dite supramentale, l'homme
nouveau possédera trois facultés : la raison,
l'intuition et une conscience supérieure. Si jamais
l'homme, parce qu'il n'a pas suffisamment avancé
dans cette conscience, fait l'erreur d'utiliser la pensée
créative de son troisième cerveau contre l'intuition et
la raison, il souffrira. Si jamais l'homme utilise
l'intuition contre son cerveau éthérique et son
cerveau rationnel, il souffrira. Et si jamais l'homme
utilise la raison contre les deux autres, il souffrira,
parce que la conscience de l'homme nouveau est un
équilibre parfait.
Pour revenir à la question de la vérité, je veux
ajouter que l'homme découvrira qu'elle n'existe pas,
mais qu'il existe dans l'homme ce que l'on peut
appeler un point de vérité. Celui-ci est la rencontre
de l'énergie de ces trois niveaux d'intelligence à
19
l'intérieur du centre même du triangle. Le point de
vérité n'est pas une conceptualisation, il n'est pas un
concept ; c'est un état d'esprit, et non pas une forme-
pensée. Dans un triangle il y a un centre, et ce
centre doit être équidistant des trois apex. Là se
situe le point de vérité de l'homme, et ce point de
vérité n'a rien à faire avec la vérité. La vérité n'a
affaire qu'avec la polarité du vrai et du faux, ainsi
que celle de l'intuition et de l'intellect. Lorsque
l'homme aura compris ceci, il aura compris une des
grandes clés de l'évolution future.
FP - Avec notre connaissance falsifiée, comment
passer de la conscience spirituelle à une conscience
réelle de l'esprit ? Comment passer de la
collectivité à l'individualité, ou au savoir par soi-
même ? Par où commencer ?
BdM - Le triangle existe dans tous les hommes. Le
troisième cerveau existe dans tous les hommes. Il
n'est pas matériel, il est éthérique ; mais il existe
dans tous les hommes. Vous pouvez l'appeler, ce
cerveau, votre esprit, ou votre double, c'est sans
importance. Mais il y a dans tous les hommes une
racine qui est fixée dans l'infinité de la conscience
humaine. Et cette racine est créative, elle fait partie
de la conscience créative, elle fait partie des forces
de vie qui passent dans l'homme. Mais lorsque cette
racine jette dans le monde ses bourgeons, lorsqu'elle
jette ses feuilles et qu'elle grandit, l'intuition et la
raison en diminuent la puissance, la colorent. Et
20
comme elle est très puissante, cette source de vie
dans l'homme, comme elle n'est pas personnelle,
comme elle n'est pas conditionnée, comme elle n'est
pas conditionnable, mais que l'homme est
conditionné et que l'homme est conditionnable, alors
il la coupe. L'homme se coupe d'elle et grandit petit
à petit, au cours des années, jusqu'au jour où il n'a
plus accès à cette intelligence qui est la sienne. Que
se produit-il ? Viennent les clercs, viennent les
religieux, viennent les êtres spirituels, viennent les
êtres qui optent pour une forme d'ésotérisme, pour
une forme de recherche intérieure, et tout à coup
s'ouvre un autre centre dans l'homme. Le centre de
l'intuition : la connexion télépathique avec l'astral.
Et l'homme dit : « J'entends, j'entends ! Je suis en
contact avec ma petite voix intérieure ! » Ce n'est
pas sa petite voix intérieure, c'est de la foutaise ! Et
cette petite voix intérieure, selon l'évolution de
l'individu, est située sur un plan supérieur ou
inférieur de ces sphères. Si un homme peu évolué
entre en contact avec cette petite voix intérieure, cela
peut amener toute cette gamme de criminalité
mondiale, ces actes de violence et d'insanité. Cet
homme démuni arrive devant le juge et dit : « Je ne
suis pas responsable, je n'ai rien fait, ce n'est pas
moi, on m'a dit de faire ceci dans ma tête ».
Ce n'est pas la raison qu'il faut blâmer, car elle est
beaucoup plus près de l'homme que l'intuition, parce
que cette dernière a été falsifiée.
L'homme est un violon à trois cordes : la
corde de l'intellect, la corde de l'intuition et la corde
21
de son intelligence. Celle de l'intelligence est la plus
subtile, mais elle vibre tout le temps. Elle fait vibrer
la corde de l'intuition et celle de la raison, parce que
l'énergie vient de l'homme. Mais l'homme n'est pas
habitué à travailler avec cette corde, car elle vibre
trop. Comme elle est infinie, il ne s'en occupe pas
trop. Il s'occupe des autres cordes qui ont une
sonorité beaucoup plus basse, plus près de lui.
La corde qui vient après est celle de
l'intuition. Les êtres spirituels vibrent à cette corde,
car c'est à partir d'elle qu'ils partent vers l'initiation.
C'est de cette corde qu'ils vont en Inde, au Tibet, en
Afrique du Sud, en Amérique du Sud, dans la jungle,
qu'ils vont dans les églises, se joignent à des
communautés ou à des sectes.
Ensuite, il y a la raison. Cette autre corde,
encore plus près de l'homme, quand elle vibre bien,
nous donne une chose merveilleuse que nous
appelons la science. Mais l'homme doit faire vibrer
les trois cordes de son violon à l'unisson ! Et si une
corde prend avantage sur l'autre, si nous n'avons
simplement, par exemple, que la corde de la raison,
nous finissons avec de très grands dommages sur le
plan de la science.
L'homme, dans le passé, n'a jamais parlé, car
la parole ne fait pas partie de la conscience de
l'homme adamique. La parole fait partie de l'homme
nouveau, elle appartient à la nouvelle évolution. Ce
verbe, cette puissance vibratoire de la première corde
22
qui passe à travers la deuxième, et ensuite à travers
la troisième, c'est la parole, ce que les grands initiés
ont manifesté. Cette parole fait partie de l'homme,
elle est universelle dans tous les hommes. Mais
l'homme doit apprendre à l'utiliser. Jamais vous
n'arriverez à savoir quoi que ce soit par la pensée.
Jamais ! Parce que la pensée est une forme de
programmation qui a été utilisée par les forces
cosmiques pour amener l'homme au développement
d’une conscience dite égoïque. Ce n'est jamais par la
pensée que vous saurez : ce sera par la parole. La
pensée ne donnera à l'homme nouveau qu'un point de
référence, de plus en plus absolu à mesure que cette
pensée sera de plus en plus absolue. Viendra un
jour où l'homme n'aura plus besoin de se servir de sa
pensée ; un jour, l'homme ne pensera plus, il par¬
lera ; et sa parole sera sa puissance, elle deviendra
créative dans le monde.
L'homme ne peut pas savoir par la pensée,
puisque la pensée est conditionnée. Si elle ne l'était
pas, l'homme pourrait savoir, car il serait en
communication télépathique avec lui-même, avec
son double sur un autre plan, dans la lumière de lui-
même. Il aurait une conversation intéressante, non
pas nécessaire mais intéressante pour alléger sa
solitude. Ne pas penser, c'est vivre le vide; et vivre
le vide pendant des mois, des mois, et des mois, c'est
pesant pour l'homme lorsqu'il n'est pas habitué.
Voilà pourquoi l'homme se réfère à sa pensée pour se
donner l'illusion d'être. Quand il est habitué, cela
devient très plaisant.
23
L'homme de la nouvelle évolution sera obligé
de reconsidérer totalement ce qui se passe dans son
mental. Si un jour, dans son mental, on lui dit :
« Telle chose est vérité », l'homme doit savoir que
c'est un piège. Les gens, en général, n'ont pas accès
aux plans parallèles, ils n'ont pas conscience des
mondes qui survivent à la matérialité ; ils ignorent
donc l'organisation cosmique qui soustend le
matériel et qui donne à l'homme l'intuition, la
pensée, et même l'action, Les gens croient que tout
vient d'eux à partir de la physico-chimie de leur
êtreté matériel ! C'est une illusion. Il leur faut
souvent, dans la vie, de très grands chocs pour les
amener à se réveiller un peu. Dans chaque homme,
il y a une partie qui veut s'unir avec la matière de
l'homme, et cette partie, aujourd'hui, est en voie
d'évolution et de descente sur terre. Voilà pourquoi
nous parlons maintenant de conscience
supramentale, nous parlons de fusion de l'homme
nouveau. Mais tant que les gens n'auront pas perdu
l'habitude de rechercher la vérité, ils n'auront pas
compris. Tant qu'ils n'auront pas perdu l'habitude
mécanisée, programmée, de rechercher la vérité, ils
n'auront pas compris. Un jour, après 10 ans, 20, 30,
50 ans de recherche dans le désert, ils en auront ras
le bol de la recherche de la vérité, ils fermeront leurs
livres et ils plongeront en eux-mêmes, c'est-à-dire
qu'ils commenceront à parler. Mais tant qu'ils
rechercheront la vérité, ils ne pourront pas parler; ils
pourront jaser, échanger des formes de vérité pour
d'autres, faire du jogging mental. Mais ils seront
24
pendant des années assis sur une chaise, comme vous
l'êtes à écouter des hommes comme moi au lieu de
vous, être dans votre vie, dans votre situation de vie,
en vous-même, et ne pas vous occuper d'homme
comme moi.
Lorsque je dis que l'homme est effectivement
un être intégral et que seule la programmation de sa
conscience, fondée sur le mémoriel accumulé
pendant des siècles, constitue la barrière contre lui-
même, ce n’est pas de la vérité. C'est un point de
vérité, c'est la réalité de l'homme.
Toutes les pensées que nous avons sont des
pensées idéologisées. Elles ne nous appartiennent
pas, même si vous regardez le concept de Dieu. Si
l'homme était en contact avec lui-même, il pourrait
réellement comprendre le besoin involutif millénaire
du concept de Dieu, celui des religions, ou celui de
l'involution. Mais lui serait libre de ses besoins, en
tant qu'individu, car ceux-ci font maintenant partie
de la masse en évolution, ils n'appartiennent plus à sa
conscience. Voilà pourquoi jamais je ne dorerai la
pilule à un public, que ce soit par la parole ou que ce
soit par des livres, ou que ce soit par d’autres
moyens. Jamais je ne serai un homme plaisant à
écouter, parce que jamais je ne me plierai aux
besoins émotifs et psychologiques de la masse ou
aux besoins psychologiques et émotifs des individus
qui ne sont pas encore sortis de la masse, pour en
arriver à une constante et présente observation d'eux-
mêmes. Cela serait anti-homme, et ne serait pas
25
réel. Comme je ne demande à personne de me
croire, comme je suis contre la croyance ainsi que je
l'ai déjà expliqué, comme je ne fais que parler,
qu'instruire, — puisque c'est une instruction mondiale
que je fais —, alors je n'ai pas à me plier à la
conscience de l'homme. Je ne peux pas le faire, je
ne peux pas être un bonhomme gentil. Je ne peux
pas être un roseau qui plie au vent. Je connais trop
les règles du jeu et j'essaie, dans le monde, de les
expliquer à ceux qui sont prêts à absorber le choc de
cette parole.
Je ne suis contre rien, je ne suis anti-rien;
mais je suis anti-tout. C'est subtil. Je ne suis anti¬
rien mais je suis anti-tout. Lorsque je dis que je ne
suis anti-rien, c'est que je dis que je comprends
l'involution, je comprends pourquoi l'homme a été
programmé, je comprends pourquoi l'homme a dû
vivre une connaissance hiérarchisée, directement
reliée aux pouvoirs temporels ou spirituels. Je com¬
prends pourquoi des hommes ont été malmenés par
les forces occultes. Mais je dis que tout ceci est
anti-homme, anti-homme nouveau, pro-homme
ancien mais anti-homme nouveau, et je parle à
l'homme nouveau, je ne parle pas à l'homme ancien.
Je respecte toutes les doctrines mondiales, mais je
m'occupe de l'homme nouveau et je dis que l'homme
nouveau sera obligé, quelque part dans le temps, de
réaliser qu'il possède trois cerveaux, qu'il a toujours
possédé trois cerveaux mais que deux de ses
cerveaux ont été amenés à une très grande activité,
pendant que le troisième dort. Et le troisième dort
26
parce que les deux autres sont des cerveaux qui font
partie de la conscience collective de l'homme. La
preuve : regardez vos pensées, vos pensées selon
vos doctrines, vos éducations, votre passé, vos
contacts sociaux. Elles font toutes partie de quelque
chose qui n'est pas vous mais qui vous a été transmis
au cours des siècles. Ce n'est pas parce que des
choses ont été transmises au cours des siècles que
ces choses sont absolument réelles. Elles peuvent
être relativement bonnes oui, mais elles ne sont pas
absolument réelles.
27
LIMITES DU
MENTAL HUMAIN
FP - Les mondes invisibles, la médiumnité, les
clairvoyants sont des sujets qui passionnent tout le
monde. Pourtant, comment se fait-il que les
clairvoyants rapportent des jugements et des
conceptions des mondes invisibles tellement
différents de l'un à l'autre qu'il devient impossible de
concilier leurs dires ?
BdM - Les clairvoyants sont des médiums. Ce sont
des hommes, des femmes, qui ont une très grande
sensibilité, et leur résonance vibratoire les met en
contact avec ces mondes parallèles. Les hommes de
notre planète, au stade où en est rendue leur
involution, ne connaissent pas encore les lois de ces
mondes invisibles. Ils ignorent comment fonction¬
nent ces mondes, quelles sont les lois de leur
pouvoir. Nous avons de la difficulté, sur terre, à
comprendre la mécanicité des gouvernements à
l'échelle mondiale. Imaginez-vous alors la difficulté
que nous pouvons avoir à comprendre la mécanique
de ces forces, de ces intelligences, de ces entités qui
évoluent dans les mondes parallèles après la mort !
Pour que l'homme voie ce qui se passe dans les
mondes parallèles, il faut qu'il ait lui-même accès à
28
une intelligence qui est au-dessus de ces mondes-là,
et non plus à une intelligence assujettie à ces
mondes-là.
Si un homme vit, à travers son intuition, des
communications télépathiques, ou médiumniques,
avec les mondes parallèles, il n'a aucune façon de
vérifier ce qu'on lui dit, parce qu'il est encore
prisonnier de la polarité, de la vérité. Et c'est encore
pire lorsqu'on réalise, dans la réalité des mondes
invisibles, ce que j'appelle le mensonge cosmique.
Le mensonge cosmique est un voile qui est
imposé à tous les hommes de la terre et qui les
empêche d'avoir accès à la réalité. Ainsi, ils n'ont
plus accès qu'à une forme de vérité astrale. Cette
dernière fait partie de la communication entre le plan
mortel et entre le plan de ces entités, et l'homme ne
possède pas encore d'outils permanents et absolus
qui pourraient contester les vérités qui sont projetées
à travers son mental, sur le plan matériel.
Supposons, par exemple, qu'il y a un médium
dans la salle. Le médium est là, et moi je parle à
une entité sur les plans parallèles, avec laquelle ce
médium est en communication, et le médium reçoit
de l'information. Comment voulez-vous que moi,
en tant qu'homme, si je ne suis pas dans mon
intelligence individualisée, si je ne suis pas
parfaitement équilibré dans l'intuition qui est l'astral,
dans la raison, et dans cette autre partie de mon être
qui est la conscience éthérique, je puisse contester ce
29
qu'on me dit ? Je vivrais donc une programmation
vis-à-vis de ce médium, que lui vivrait et que moi je
vivrais, en fonction de ces informations venant d'un
plan parallèle. Ceci est extrêmement dangereux.
FP - Est-ce de l'intoxication ?
BdM - C'en est. Au début, les gens qui reçoivent de
l'information à travers ces plans perçoivent le
phénomène comme une révélation. Regardez
l'enthousiasme des jeunes qui commencent à
découvrir la fonction psychique. Si l'on veut
communiquer avec vous, pensez-vous que l'on va
vous mentir au début ? On va plutôt vous dire des
vérités ou des demi-vérités, pour vous attirer. Les
entités vont vous dire des choses que vous ne savez
pas, que vous savez que vous ne savez pas, et des
choses qui sont en dehors de votre temps, et ainsi de
suite afin de créer un lien avec vous. Mais une fois
ce lien établi, alors on vous a. Voilà une des lois
fondamentales du monde astral.
Je connais une personne qui aimait beaucoup
sa mère. Quand celle-ci est morte, pendant les trois
ou quatre jours qui ont suivi son décès, cette
personne a été extrêmement liée à elle sur le plan
télépathique. Le contact était si intense que cette
personne ne pouvait plus dormir. Comme je pou¬
vais la voir alors, je lui ai demandé des questions,
afin que sa mère y réponde, et non pas elle. Il
s'agissait de questions que l'homme ne peut pas
30
développer à partir de son intellect ou de son
intuition. Je lui dis : « Demande à ta mère si elle
t'aime ». Elles avaient eu de bonnes relations, elles
s'étaient aimées. Après avoir posé la question je lui
dis : « Assure-toi, quand tu me réponds, de répondre
après avoir reçu la réponse dans ton mental, attends
que la pensée vienne avant de me la dire. Parce que
si tu me le dis trop tôt, tu vas colorer la réponse.» La
première réponse qui est venue lui a donné un choc.
Cela disait : « Ce n'est pas le temps de parler de
ça ». Ensuite je lui ai demandé : « Est-ce qu'elle
t'aime ? Il faut qu'elle te donne une réponse tout de
suite, sinon je m'en vais.» Et la réponse est venue :
« Pas comme tu penses ». Alors j'ai dit :
« Pourquoi ta mère ne t'aime pas comme tu
penses ? » Elle a eu la réponse suivante : « Parce
que notre monde n'est pas le monde de l'homme,
nous n'avons pas d'émotions » . Alors j'ai poursuivi
en demandant : « Si vous n'avez pas d'émotions, est-
ce que vous pouvez aimer l'homme ? » Et elle m'a
répondu : « Non ». Alors j'ai dit : « Quelles sont
ces activités que vous faites vis-à-vis de l'humanité,
où il y a une apparence d'amour pour l'homme ? »
Et elle a répondu : « C'est une déviation de la vérité.
C'est toujours une déviation de la vérité, afin de
maintenir un contact avec l’homme pour que le
pouvoir astral sur l’homme soit établi jusqu’à ce que
l'homme devienne libre ». Un jour, j'amènerai en
public un médium notoire, très respecté, très
spirituel, et je démontrerai qu'il est impossible à un
être humain de recevoir de la vérité absolue à partir
des plans astraux parce que les plans astraux sont
31
contrôlés par des forces lucifériennes. Et quand je
parle des forces lucifériennes, je ne le fais pas en
référence à la notion du mal que nous connaissons
sur terre. Je l'emploie dans le sens d'une domination.
Les plans les plus bas et les plans les plus hauts dans
l'astral sont contrôlés par les forces lucifériennes. Ce
sont des forces d'involution, et leur énergie va vers la
terre pour la cristallisation de la forme. Dans le
mouvement de ces forces, qui partent des plans
invisibles et descendent jusqu'à la matière, les
hommes sont obligés de vivre l'aveuglement. Et
l'aveuglement est justement la manifestation de ces
forces. Voilà la source de l'ignorance et de la
souffrance de l'homme. Comme c'est la source de
l'expérience de l'homme, c'est aussi la source de
l'involution de l'homme. Nous ne pouvons pas
parler des forces lucifériennes comme étant des
forces du mal dans le sens moral judéo-chrétien
habituel. Ces forces sont des forces qui vont vers la
terre, comme il y a des forces qui partent de la terre
et qui retournent vers l'infinité. Ces dernières sont
les forces du nouveau cycle. En tant que clair¬
voyant, l'homme doit apprendre à être plus
clairvoyant, plus intelligent encore que les entités
avec lesquelles il est en communication. Quand
l'homme aura appris à contester les formes-pensées
qui proviennent de ces plans, il commencera à entrer
dans son intelligence. Alors il pourra déchirer les
voiles, entrer dans l'initiation solaire et réellement
toucher du doigt ce que j'appelle l'intelligence
humaine, planétaire et cosmique. C'est à ce moment
que la formation du triangle se fait. Mais, tant que
32
nous sommes assujettis par attitude à un scénario de
croyance, nous nous faisons jouer des tours parce
que nous croyons les hommes. Imaginez-vous les
tours que nous pouvons vivre si nous croyons des
entités ! Dans l'ordre cosmique il y a trois états
d'être ; il y a l'être, l'homme, il y a des entités, et il y
a des intelligences. Ce sont trois notions distinctes.
Une entité est un personnage qui a déjà été un
homme. Au-dessus, il y a des intelligences, c'est-à-
dire des forces qui sont cosmiques, qui font partie
d'un rayon ou d'un autre, et qui ont le pouvoir, c'est-
à-dire la fonction créative dans le cosmos, d'établir
une relation étroite avec les plans inférieurs qui ont
été créés. Et ces plans inférieurs qui ont été créés, et
qui sont les plus évolués, sont représentatifs de l'être
humain sur notre planète. L'être humain est un enjeu
pour ces forces.
Voilà pourquoi, aujourd'hui, à la fin du XXe
siècle, nous entrons dans une phase que nous
pouvons appeler la fusion, c'est-à-dire l’union entre
la lumière de l’homme et son ego, l'interpénétration
de toute la conscience humaine, la fusion,
l’unification de l’homme. Voilà ce que l'initiation
solaire va produire sur la terre au cours des 2 500
prochaines années.
Avant, l'homme ne vivait pas la fusion, il
vivait l’endoctrinisation, la programmation. Cette
dernière était nécessaire pour le développement de
son cerveau, de son corps astral, son corps
émotionnel, son corps mental inférieur. Maintenant,
33
l'homme est arrivé à un stade de parfait
développement, il est prêt à vivre de la manifestation
créative de son troisième cerveau. Cela explique le
phénomène de la fusion. C'est pourquoi l'être de la
nouvelle évolution ne peut plus se permettre de
croire. Il faut qu'il sache. Si je vais voir un clair¬
voyant, il est évident que les entités qui vont parler à
travers cette personne, parce qu'elles me connaissent,
vont lui donner du matériel qui coïncide avec la
réalité des événements, car je vois à travers la
clairvoyance de ces hommes. Et si ces entités
essaient de me blaguer, pour ainsi dire, je vais
automatiquement travailler contre elles, je vais
couper le lien entre elles et l'homme. Cela ne fait
pas leur affaire parce que cela détruit leurs pouvoirs.
Voilà pourquoi, dans le monde occulte de l'astral, ma
personne humaine et ma personne universelle ne sont
pas aimées, elles ne peuvent pas être aimées parce
que je trouble, et je troublerai tant que je serai en
voie d'évolution de travail. Parce que cela fait partie
de la remonté de l'homme vers sa liberté.
FP - Avant la fusion, nous avons en somme vécu une
espèce d'infusion. Votre expérience personnelle de
fusion instantanée, est-ce qu'elle est valable pour
nous qui avons un cheminement à faire ? Vous
parlez de fusion, mais progressive pour nous.
Pourtant, lorsque vous vous adressez à nous, c'est
un peu comme si nous étions des nageurs au bord
d'un lac, en train de faire des suppositions sur sa
température, sa profondeur, sur la faune qui
34
l'habite, alors que vous, vous allez traverser le lac,
nager jusqu’à l’autre rive, revenir. Le plus
courageux ou les plus téméraires, les plus avancés
dans cette fusion progressive vont essayer de vous
suivre, vont se jeter à l'eau et faire quelques brasses,
mais ils vont être obligés de revenir sur la rive parce
qu'ils n'ont pas, comme vous, la fusion instantanée,
c'est-à-dire des bouteilles d'oxygène, des palmes, un
masque et un tuba...
BdM - Moi je ne souhaite la fusion à personne. La
fusion est terrible, parce que dans la fusion l'homme
vit une intégration instantanée de son être. C'est
terrible comme expérience : perte du mémoriel,
perte de la faculté de penser, perte de ci, perte de ça,
dépersonnalisation. La fusion a été nécessaire parce
qu'en 1969 il fallait que l'homme puisse savoir. À
partir du moment où l'homme peut savoir, nous
pouvons prendre tout le temps nécessaire pour
évoluer. Mais il faut qu'il y ait, sur le plan matériel,
de la connaissance qui ne soit pas contestable à partir
de l'astral.
Dans mon cas, la fusion est simplement une
nécessité cosmique, elle fait partie de mon plan de
vie, de ma descente sur le plan matériel pour le
travail que je fais dans le monde. Mais ce n'est pas
une situation qui est nécessaire pour tous les
hommes. D'ailleurs tous les hommes sont fusionnés,
à différents degrés. Mais les hommes vont
désormais fusionner à un degré beaucoup plus élevé,
à mesure qu'ils vont comprendre que leurs pensées,
35
c’est-à-dire ce qui fait partie de leur mémoriel, de
leur conscience subjective, de leur mental inférieur,
constituent du matériel programmé. À partir de ce
moment-là, les hommes vont commencer lentement
à voir à travers cette jungle, et un jour l’homme à
pouvoir sentir par lui-même. Pour que ceci se fasse,
il faut que quelqu'un, quelque part dans le monde,
souffre cette fusion pendant des années pour que,
éventuellement, le contact soit absolument étanche,
afin qu’il n’y ait plus d’influences possibles dans le
mental humain. En tant qu'homme, en tant
qu'individu, je représente aussi l'humanité, et mon
travail est de permettre que l'homme aille chercher
directement à sa propre source, qui est universelle,
les ingrédients nécessaires à la compréhension des
lois de l'invisible. Dès qu'une telle instruction se
diffuse, il y a quelque chose qui devient de plus en
plus compréhensible et l'homme commence à entrer
lui-même dans sa propre initiation, il commence à
voir, il commence à comprendre, il commence à
savoir et l'évolution se fait. Que l'évolution prenne 2
500 ans, ce n'est pas long. Mais que l'évolution se
fasse, c'est important.
FP - D'une façon pragmatique, comment s'est
déroulée votre fusion ?
BdM - Chaque être humain, sur une planète, a un
niveau d'évolution. J'ai le mien comme vous avez le
vôtre. Lorsque nous sommes dans l'invisible et que
nous décidons, pour une raison ou pour une autre, de
36
revenir sur une planète pour faire un certain travail
d'évolution, nous le faisons. Mais nous le faisons si
nous pouvons le faire, si nous voulons le faire. Les
initiés ne viennent pas sur une planète parce qu'ils
sont forcés. Ils viennent sur une planète parce qu'ils
ont des raisons qui leur sont propres, en tant
qu'esprit, de le faire. À ce moment-là, ils font un
travail et ils comprennent ce travail lorsque la fusion
se fait. Un homme ne peut pas reconnaître sa
conscience tant qu'il ne vit pas la fusion. Les initiés
doivent vivre une fusion quelque part pour
reconnaître leur conscience et leur activité.
Lorsqu'ils vivent cette fusion, ils revivent dans un
instantané un contrat qui a été formulé avant la mort,
et qui se formule lorsqu'ils sont dans la matière. Un
initié n'a pas de mérite. Même si un initié a
beaucoup de connaissances, ou s'il a accès à
beaucoup de connaissances à cause de cette fusion, il
n'a pas de mérite égoïquement. Cela fait partie de sa
vie. Pour moi, être ce que je suis, c'est aussi normal
que pour l'homme de ne pas l'être. L'homme doit le
devenir graduellement, au cours de l'évolution, parce
que cela fait partie du développement de l'identité de
l'homme. Un jour, tout homme doit découvrir son
identité, parce que les forces lucifériennes ont
commencé à perdre, sur la planète terre, dans un
cycle qui est entrepris, le contrôle et la domination
de son évolution.
Au cours des XXIe et XXIIe siècles, l'homme
pourra travailler avec des intelligences qui viennent
d'autres planètes. L'homme sera dans son
37
intelligence: il aura le pouvoir de la parole et pourra
transformer la matière. L'homme sera totalement
neuf, il sera un surhomme, non pas régi par les lois
planétaires. Cette fusion, aujourd'hui, sert à ouvrir
un tracé dans cette forêt de l'humanité, dans cette
forêt de l'inconscience de l'homme, dans cette forêt
du rationalisme et de l'intuition, pour que l'homme
sache que tous les hommes savent, mais que leurs
connaissances sont bloquées par toutes sortes de
mécanismes internes qui font partie de leur intuition
et de leur mental, de leur personnalité, de leur
subjectivité, de leur caractère. Et lorsque ces hom¬
mes seront prêts à aller plus loin dans l'évolution,
— ces hommes qui sont marqués, qui sont dans le
monde, appartiennent à différents peuples et
différentes races —, ils iront vers leur propre
destinée.
FP - Pourquoi n'entend-on jamais ou très rarement
parler de femmes initiées ? Quel est le rôle de la
femme dans l'initiation ?
BdM - Nous ne parlons pas de femmes initiées dans
le sens que nous ne parlons pas de femmes qui ont
dans le monde un rôle initiatique à l'échelle
mondiale. Aujourd'hui, la femme n'est pas prête. Il
y a sur d'autres planètes des femmes initiées, mais ce
ne sont plus des femmes initiées dans le sens que
nous le concevons : ce sont des femmes-science.
Nous ne disons pas des femmes scientifiques, nous
disons : ce sont des femmes-science. Elles ont déjà
38
atteint un niveau de conscience supérieur, la même
que celle de l'homme. Mais, dans notre civilisation,
pendant l'involution, la femme, pour toutes sortes de
raisons valables et non valables, la femme a été
assujettie, car son émotivité a été utilisée contre elle,
plus exactement la relation entre son émotivité et sa
sexualité. Mais ce processus va changer lorsque la
femme se conscientisera. Au cours de l'évolution, il
y aura des femmes initiées. Elles ne seront pas
nécessairement, dans notre cycle d'évolution,
reconnues comme des initiées à l'échelle mondiale.
Mais il y aura des femmes dans le monde qui auront
la même portée, au niveau de la parole, que les
hommes.
Cette fameuse question de la femme revient
toujours. C'est une question qui a une réponse : la
femme avait un très grand rôle pendant l'involution
et, à part le rôle purement créatif qu'elle avait, elle
avait celui d'empêcher que l'homme n'évolue trop
rapidement. Si l'homme avait évolué trop rapide¬
ment pendant l'involution, il serait arrivé, à cause de
la nature de son esprit, à la formulation sur terre
d'une sorte de gouvernement strictement mâle. La
femme exerçait donc une fonction d'arrêt, de
contrôle. La femme est extrêmement importante
dans l'équilibre des forces cosmiques sur la terre.
Mais elle ne réalise pas qu'elle est différente de
l'homme. L'homme est différent de la femme et les
deux sont égaux en esprit. Les deux sont différents
en intuition, les deux sont différents en rationnel,
parce que la programmation a été différente. Mais
39
en esprit, la femme est égale à l'homme. Lorsque
les femmes auront réalisé ceci, elles avanceront dans
leur propre conscience et alors seulement le rôle de
la femme sur la planète terre changera. La femme
deviendra libre de l'homme, elle deviendra libre
comme l'homme. L'homme deviendra en harmonie
parfaite avec elle, parce que son esprit et celui de la
femme se seront unifiés dans une conscience
universelle au lieu de posséder un esprit qui est relié
au sien à travers des aspects astraux qui font partie
de l'involution.
FP - Mais l'homme qui se conscientise, cette
personne en voie d'initiation, traverse
nécessairement des épreuves qui atteignent toujours
son point le plus vulnérable. Cela touche toujours à
ses faiblesses, en allant toujours au maximum de sa
tolérance ou de ses limites. Est-ce que la femme,
dans ce contexte, n'a pas un rôle particulier à jouer
dans le couple ?
BdM - La femme a un rôle extrêmement important
sur le plan initiatique mondial de la nouvelle race-
racine. Le nouvel initié, un jour, sera obligé, par les
lois vibratoires de sa propre conscience, d'écouter sa
femme sur le même plan qu'elle. L'homme de
l'involution n'écoute pas sa femme. Il écoute sa
femme si elle le menace de partir, et ensuite il ne
l'écoute plus. Cela fait partie de l'involution, ou de
l'inconscience. Mais je parle de l'homme nouveau.
Celui-ci apprendra à écouter sa femme parce que sa
40
femme sera la personne, dans la vie du couple
initiatique, — je parle en général, car dans d'autres
cas ce sera l'homme —, qui sera responsable de l'arrêt
de l'initiation. La femme mettra fin à l’initiation
parce que — et cela peut vous sembler très
particulier— la femme est plus intelligente que
l'homme.
FP - D'intelligence pure ?
BdM - La femme est plus près de son intelligence
pure que l'homme, parce que le pouvoir de
l'involution n'a pas été donné à la femme. Il a été
donné à l'homme pour que se construisent sur terre
les conditions nécessaires de la souffrance
involutive. Si le pouvoir avait été donné à la femme,
nous n'aurions pas souffert sur notre planète des
mêmes conditions dont nous avons souffert, parce
que la femme, psychiquement, physiquement, n'est
pas constituée pour créer sur la planète un désordre à
l'échelle de ce que l'homme peut faire. Voilà
pourquoi je dis que la femme est beaucoup plus près
de son esprit que l'homme. Et lorsque l'homme
prend contact avec son esprit, il a non seulement le
pouvoir de son antécédent, c'est-à-dire non
seulement le pouvoir de son involution, mais en plus
il a le pouvoir initiatique. Alors imaginez-vous s'il
peut faire du chemin, le bonhomme ! Si la femme ne
lui dit pas : « Écoute, arrête ! », c'est final, cet
homme va souffrir pour le restant de ses jours, parce
que l’homme n’est pas raisonnable tandis que la
41
femme est raisonnable. L'homme a été investi d’un
pouvoir de suprématie sur terre pour des raisons
d'involution nécessaires, afin que se construise une
pérennie de souffrance qui a créé des modèles
d'âmes servant avec les millénaires à la création d'un
modèle humain plus perfectionné. Mais c'est à la
femme que reviennent le droit et le pouvoir de cesser
l'initiation humaine et de rendre à l'homme
l'intelligence qu'il a perdue lorsqu'il a assumé le rôle
adamique au début de l'involution. Comme la
femme est beaucoup plus près de son esprit que
l'homme, je dis que la femme est beaucoup plus
intelligente dans la subtilité de sa conscience que
l'homme, et que l’homme est beaucoup plus
intelligent dans le concret de sa conscience à travers
son rationnel. Mais les deux, un jour, doivent s'unir
dans cet esprit, autrement dit dans l'activité créative
de ce troisième cerveau qui fait partie de l'activité
naturelle de l'homme, pour créer parfaitement un
couple à l'intérieur duquel existera une luminosité
parfaite, à l'intérieur duquel n’existera donc plus
l’expérience planétaire des deux âmes.
On dit souvent que l'on cherche l'âme sœur.
Si vous voulez avoir du trouble dans la vie, trouvez
votre âme sœur. Parce que votre âme sœur est
justement cette âme qui va revenir et se connecter
avec vous pour revivre une expérience et refinir une
expérience qui, dans le passé, a été malheureuse.
L'âme sœur fait partie de l'involution. Tout le monde
cherche l'âme sœur. Je connais des gens qui feraient
tout, dans le monde, pour trouver leur âme sœur.
42
Moi je ne suis pas intéressé à rencontrer mon âme
sœur. Je suis intéressé à rencontrer un esprit dans
un corps matériel qui convient avec mon esprit dans
mon corps matériel. Je ne veux pas vivre sur terre, à
l'intérieur d'un couple, la souffrance planétaire de
l’homme accouplé. La recherche de l'âme sœur
appartient encore aux illusions occultes et
ésotériques du monde occidental et du monde
oriental. Pour que l'homme sache ceci, il faut qu'il
conteste les données occultes, les données
ésotériques. Et pour le faire, il faut qu'il puisse se
servir de cette énergie nouvelle, de ce troisième
cerveau, de ce centre, de cet esprit, et contester tout
ce qui vient vers lui dans le monde.
FP - Est-ce que l'initiation abrège l'intervalle entre
deux incarnations, par émancipation de la
conscience par exemple ?
BdM - Oui. Les hommes qui vivront l'initiation
solaire en arriveront à un niveau d'identité, autrement
dit de fusion, qui leur permettra de réaliser qu'ils
savent. Ces hommes ne seront plus obligés de vivre
la mort, ainsi que nous l'avons vécu pendant
l'involution. S'ils disparaissent un jour, dans une
condition ou dans une autre, ils ne reviendront pas au
monde de la mort, ils iront directement dans des
mondes éthériques.
Les mondes éthériques sont des mondes qui
font partie des mondes parallèles et ces mondes sont
43
parallèles à la terre, sont parallèles à la lune, ils sont
parallèles à Mars, ils sont parallèles aux galaxies. Ce
sont des mondes qui sont réels et à l'intérieur
desquels l'homme ne perd pas la conscience.
Autrement dit, quand l'homme passe du plan
matériel à un plan éthérique, qui est le monde de la
mort blanche, à ce moment-là il n'a pas de perte de
conscience. Comme il est conscient, il ne vit donc
plus la mort. Et selon l'homme, selon son niveau
d'évolution, selon son contact avec des forces
cosmiques qui s'en viennent au cours du XXIe siècle,
l'homme vivra le passage de la matérialité à
l'immortalité selon son niveau de l'évolution, mais
sans connaître la mort noire. En vivant la mort
blanche, il arrivera de l'autre côté et sera là aussi
conscient qu'il l'était ici, mais il aura une vue
beaucoup plus vaste parce que son cerveau éthérique
y sera le seul utilisé.
De l'autre côté, l'homme ne se sert ni du
cerveau rationnel ni du cerveau intuitif, puisqu'il
n'est plus astralisé. 11 n'utilise que son cerveau
éthérique, c'est-à-dire le centre de la conscience
cosmique de l'homme.
Voilà ce que fera, au cours de l'évolution, la
fusion de l'homme nouveau. La condition de cette
initiation est fondamentale et absolue : l'homme doit
en arriver à pouvoir contester les formes-pensées qui
ne sont pas réelles, qui viennent soit par la
clairvoyance, soit par l'intuition, ou qui flottent dans
son cerveau.
44
FP - Est-il possible, par force de volonté, de
changer les données d'un thème astrologique ?
BdM - On peut changer les données d'un thème
astrologique si l'on est suffisamment intelligent pour
y voir les failles. Dans tout thème astrologique, il y
a des probabilités, et les probabilités font partie de la
programmation, comme la programmation fait partie
du pouvoir planétaire qu'ont des entités sur
l'organisation psychique de l'homme pour son
évolution. C'est toujours à travers l'âme, la mémoire,
que se traitent ces thèmes d'astrologie. Pour que
l'homme en arrive à dépasser des conditions
astrologiques ou vive des événements qui ne sont pas
astrologiquement remarquables, il faut qu'il soit dans
son intelligence, c'est-à-dire qu'il doit posséder une
volonté intégrale, une intelligence intégrale et un
principe d'amour intégral. Il faut qu'il soit
suffisamment avancé en conscience pour être
toujours vibratoirement conscient dans sa vie. Si
l'homme devient psychologiquement conscient,
intuitivement conscient, il perd sa conscience. Si
l'homme demeure vibratoirement conscient, alors il
maintient sa conscience et ses thèmes sont
neutralisés.
FP - Certaines personnes ésotériques ou mystiques
affirment qu'on peut être initié pendant le sommeil.
Qu'en pensez-vous ?
45
BdM - Se faire initier pendant le sommeil, sur le plan
astral, cela fait encore partie du travail de connexion
qui lie tel individu à telle entité sur le plan astral. Si
quelqu'un vient, durant la nuit, et vous initie sur le
plan astral, c'est qu'il y a une connexion entre vous et
cet être-là. C'est cela l'initiation. Cet être vous initie
effectivement parce qu'il y a une connexion entre
vous et lui. Il y a là un karma, quelque chose que
vous avez à dépasser parce que, dans le passé, il y a
eu quelque chose. Se faire initier durant le sommeil
est une insulte à l'homme; c’est anti-intelligence,
mais c'est très pro-involution.
L'initiation durant le sommeil a une fonction :
elle prépare l'homme, le jour, à reconnaître des
faiblesses dans la caractérologie de sa conscience
animale. En préparant l'homme à réaliser les
faiblesses de son émotivité, elle prépare l'homme à
voir des failles dans sa spiritualité et à se libérer de
ces entités qui font un travail d'initiation sur l'autre
plan.
L'homme qui se réveille le lendemain d'une
telle initiation doit un jour réaliser que, chaque fois
qu'il se fait initier sur le plan astral, c'est parce qu'il
n'a pas compris parfaitement l'illusion de ceci.
FP - Que pouvez-vous dire de la para-psychanalyse,
cette nouvelle science qui tente de résoudre les
problèmes posés par la psyché au moyen de
46
techniques hypnotiques ou dites alphagénèse, en
remontant dans les vies antérieures ? Cette science
a-t-elle un avenir, ou une certaine efficacité ?
BdM - Toutes les sciences expérimentales
d'aujourd'hui, ou dites expérimentales, ont un avenir
en tant que science. Il y aura des hommes qui feront
avancer cette science et, éventuellement, cette
science sera suffisamment développée pour créer des
résultats très concrets. Mais ce temps-là n'est pas
arrivé. En attendant, si cette science ne donne pas à
l'homme de la conscience, elle permet à l'homme de
retrouver un équilibre entre son intuition et sa raison.
Ces sciences sont bonnes, mais ce n'est pas de la
conscience. C'est un équilibre temporaire que ces
sciences permettent de redonner à l'homme, à
l'intérieur de sa polarité. Un jour, l'homme devra
passer de la polarité à la conscience. Pouvez-vous
imaginer un homme conscient qui irait voir un
psychanalyste ou un psychiatre ? Il est évident
qu'avec le temps, ce psychiatre et ce psychanalyste
seraient obligés de vivre une initiation. Parce que
l'homme conscient connaît le psychiatre, connaît le
psychanalyste, il connaît les failles, il connaît l'âme,
il connaît la mémoire, il connaît le mémoriel, il
connaît l'intuition, il connaît la raison, il connaît les
conflits, il connaît tout. Dans cette perspective, le
psychanalyste, le psychiatre, le psychologue auraient
quelque chose à apprendre de ce client conscient,
découvrir des choses qui pourraient les amener,
éventuellement, à donner à sa psychanalyse, à sa
psychiatrie, à sa psychologie de la vitalité, quelque
47
chose de neuf. Les psychanalystes sont des gens très
intuitifs, mais ils ont besoin d'un nouveau souffle de
vie. Lorsqu'ils auront découvert ce souffle de vie,
ces gens-là pourront faire de très grandes choses sur
le plan de l'harmonie entre l'intuition et la raison,
même si cela fera toujours partie de la conscience
collective de l'homme, c'est-à-dire de la
normalisation de l'homme à l'intérieur de la
conscience collective. Tandis que l'homme nouveau
n'est pas intéressé à être normal : il est intéressé à
être bien. Cela ne signifie pas qu'il n'est pas
normal : il devient tellement normal qu'il n'est plus
normal. Moi, je suis tellement normal que je ne suis
pas normal. Mais je peux tellement jouer le jeu
d'être normal que j'apparais normal.
FP - Y a-t-il des dangers sur la route de l'acquisition
de cette conscience supra mentale ? Le grand
philosophe Nietzsche disait : « Dieu est mort et les
églises sont le cercueil de Dieu ». Il s'est aventuré
à aller jusqu'à la reconnaissance du plérôme, c'est-
à-dire l'approche de la divinité tri-unitaire, Dieu le
père, le fils, l'esprit dans sa manifestation de
volonté, d'intelligence et d'amour, avec certains
exercices qui sont aujourd'hui en pratique dans les
écoles initiatiques, par méditation sur ces symboles
que représente la tri-unité, l’Ain-Soph-Ur des
cabalistes par exemple, l'Ain-Soph-Ur c'est le vide,
le néant, c'est l'incréé, c'est le rien ou la négativité
de Dieu sans forme, sans limite. Il y a des gens,
comme Nietzsche, qui sont allés jusqu'à explorer le
stade ultime absolu de l'incréé, de l'innommable que
48
les cabalistes appellent l'Ain, c'est-à-dire ce gouffre,
cette horreur de néant comme certains le disent, et
c'est là que Nietzsche a perdu l'esprit ?
BdM - Nietzsche a perdu la raison. On ne perd pas
l'esprit. Il a perdu la raison parce qu'il possédait
encore trop de mémoriel. Mais il avait un esprit
puissant. Et celui-ci, cette troisième activité avec
laquelle il pouvait traverser toute la brume de la
conscience judéo-chrétienne effectivement, devenait
pour lui, en tant qu'ego ou en tant qu'homme
raisonnable ou en tant qu'homme intuitif, un très
grand poids. Le problème survient aussitôt que
l'homme s'efface au vide. Mais le vide n'est pas ce
que les gens pensent; le vide philosophique, le grand
vide néantique, ce grand vide caverneux, ce grand
vide est nul. C'est une illusion, parce que lorsque
nous parlons du vide, nous parlons d'un vide
conceptualisé. Le vide n'est pas conceptualisable.
Le vide, c'est le plein. Dans le vide il y a toujours le
plein. Mais là où le vide devient haineux, rempli du
angst germanique et de cette terreur, c'est là où l'ego
est obligé de supporter l'infinité astrale de cette
conscience-là. Et alors de grands hommes, comme
Nietzsche, deviennent malades. Pour supporter le
vide, pour être bien dans le vide, il faut ne pas
pouvoir penser au vide. Il faut ne pas pouvoir
utiliser des pensées ou une matière mentale qui est
inférieure à la matière créative.
Prenons le vide et Dieu. Je vous demande où
commence la réalité ? Qu'est-ce que la réalité ?
49
Puisque nous sommes arrivés au XXe siècle, nous
avons une conscience de l'énergie. Pendant
l'involution, nous avions besoin, pour donner
conscience à notre êtreté, d'une finalité absolue,
parce qu'il y avait devant nos yeux un ordre infini.
Nous étions obligés, en tant qu'hommes qui pensent
et possèdent de l'émotivité, d'attribuer à
l'organisation cosmique qui était devant nos yeux et
qui était intérieure à nous astralement, une
autosuffisance. Mais celle-ci ne dépendait pas de
l'homme, elle dépendait d'elle-même. Cette
autosuffisance, nous lui avons donné un nom plus
tard, au cours de l'involution : nous l'avons appelée
Dieu.
Lorsque nous avons donné à cette
autosuffisance le terme de Dieu, nous sommes
devenus psychologiquement dépendants de lui, à
cause du besoin émotif de lier notre personne avec
une infinité parce que nous avions peur de la mort.
Nous avions peur de la désintégration. Nous avions
peur du néant absolu. Afin de nous donner quelque
chose au-delà de la mort que nous ne connaissions
pas, afin de nous donner quelque chose à l'intérieur
de ce néant absolu qui était l'expression extérieure de
nos sens, nous étions obligés de former une filiale
avec un personnage mythique quelconque, mais qui
possédait des attributs dits absolus que nous lui
donnions. Mais que veut dire absolu ? Le concept
de l'absolu est un concept humain qui définit la
réalité en fonction de son infinité pour reprendre
envers elle-même toutes les capacités créatives de
50
son potentiel original. Mais l'homme lui, dans son
évolution, au fur et à mesure qu'il a évolué, est
devenu capable de créer non pas des concepts, mais
des armées de mots pour détruire les concepts qui
sont des généraux. Il est inévitable aujourd'hui que
nous soyons capables de créer des armées de mots,
ce que j'appelle la parole, pour détruire les généraux
qui sont les concepts. Dieu est le grand général, le
grand vide est l'autre général et les forces
lucifériennes et, si nous entrons dans l'occulte, le
plérôme, cela ne finit pas...
L'homme doit commencer, à la fin du XXe
siècle, à reprendre le contrôle de l'armée. Cela
signifie tuer les généraux et créer une révolution.
L'homme crée une révolution en réorganisant sa
façon de penser, originalement établie par les
généraux. Alors il se crée dans l'homme une
effervescence évolutive tellement puissante qu'à un
certain moment, l'homme perd la crainte d'être seul
devant le général conceptualisé, face à un concept
universel, absolu, qu'on appelle Dieu. Et lorsque
l'homme a passé ce stade, il s'aperçoit qu'il est très
bien sans Dieu et sans le concept philosophique et
métaphysique du vide. Il devient ainsi parce qu’il est
en contact avec cette partie de l'énergie que nous,
auparavant, nous appelions Dieu et qui est
partiellement formulée dans une entité psychique qui
est l'homme sur un autre plan, ce qu’on appelle le
moi réel. Le cerveau éthérique est de l’énergie.
Tous les hommes ont de l’énergie.
51
L'énergie commence où ? L'énergie com¬
mence dans la question qui la pose. Si nous
n'avions pas la question « d'où commence
l'énergie », nous n'aurions pas le problème de
résoudre son origine. Nous nous embrouillons avec
nos propres questions, car il n'y a pas de question
d'énergie. Maintenant nous pouvons expliquer
l'énergie, parce qu’un homme qui n'a plus besoin de
demander de questions est capable de répondre à
toutes les questions.
L'homme dit : « L'énergie, elle ne commence
pas. Parce que commencer est un mot qui fait partie
des généraux ». Nous avons besoin émotivement de
commencement, parce que nous sommes des êtres
qui, sur le plan humain, avons de la finalité : finalité
corporelle, finalité astrale ; mais nous n'avons pas de
finalité éthérique. Là où l'homme est capable de
convertir la question métaphysique, occulte,
psychique, originale, cosmogénétique, c'est à partir
de son troisième cerveau, le jour où il réalise que
toute formulation mentale est une forme d'énergie.
Si toute forme d'énergie est une pensée et que toute
pensée est une forme d'énergie, l’homme est capable,
étant énergie, de la déformer pour reconstruire un
nouveau tableau de l'évolution moins paternaliste,
plus à la hauteur de la science. Cette dernière est
cosmique, elle fait partie du mouvement éternel de
l'énergie du cerveau éthérique de l'homme, elle est
contiguë avec tous les cerveaux éthériques de tous
les hommes sur la terre. Elle est contiguë avec tous
les cerveaux éthériques de tous les hommes sur les
52
autres planètes. Autrement dit, cette science fait
partie de ce que nous appelons la hiérarchie du soleil
noir. Et dans cette masse d'énergie qui est le centre
même qui soutient toute notre galaxie, il y a
suffisamment d'intelligence pour que nous ne nous
cassions pas les pieds avec des stupidités.
FP - Est-ce que ce soleil noir provient de ce qu'on
appelle l'ordre de Melchisédec ?
BdM - L'Ordre des Melchisédecs vient du soleil noir.
Les Melchisédecs sont ces êtres qui font partie de
l'organisation systémique du soleil noir, des êtres qui
sont suffisamment énergie. Nous ne devrions pas
parler d'intelligence ou d'intellect, car ce sont des
formes bâtardes de la réalité. Nous devrions parler
d'énergie intelligente, d'intelligence de l'énergie. De
l'énergie, aussitôt que c'est en mouvement, cela
devient de la créativité, puis de la perfection, puis de
l'évolution, puis de l'intelligence, puis de
l'organisation, et enfin de la réorganisation d'où le
mouvement de destruction et de création. À partir
du moment, dans le cosmos, où l'énergie est en
mouvement, il y a de l'intelligence-énergie, donc de
la création. Eventuellement, des hiérarchies se
créent, des êtres de lumière se forment, qui
composent et créent des formes-pensées par la suite.
D'autres êtres de lumière reçoivent ces formes-
pensées : ce sont les hommes. Mais comme la
lumière est cachée à leurs yeux, ils vivent
l'involution. Un jour ils retrouveront l'évolution et
53
ils deviendront ces mêmes êtres de lumière qui, au
début, ont créé, avec l'énergie, les formes nécessaires
à la création. Cette dernière a été créée par
l'homme, mais sur des plans tellement élevés que
l'homme a donné à ces plans les noms d'ange,
d'archange, de seigneur. Ainsi, l'homme a perdu son
identité cosmique et est devenu une petite bebite.
C'est la chute. Ensuite vient le nouveau temps.
Nous savons qu'il y a depuis quelques années
des mouvements d'OVNI sur notre planète : en
Russie, aux États-Unis, en France, un peu partout
dans le monde. Les Russes ont même été obligés de
créer officiellement — et de le dire au monde - un
institut de recherche sur les OVNI. Pour les gens qui
sont suffisamment près des services techniques,
militaires et paramilitaires, les OVNI sont un fait de
la réalité. Ces types partent de quelque part, là-bas,
s'en viennent ici, ils repartent, ils dématérialisent, ils
font ce qu'ils veulent avec notre aviation, ils font ce
qu'ils veulent avec notre esprit. Pourquoi ? Parce
que ce sont des hommes intégrés. Parce que ce sont
des hommes-énergie. Parce qu'ils ont une
intelligence-énergie. Il existe ailleurs toute une
hiérarchie. Ces êtres vivent sur des plans parallèles,
ils vivent dans des mondes où la longueur d'ondes
n'est pas la même que la nôtre. Nous ne pouvons
même pas les voir.
Nous devons nous habituer à perdre la
mauvaise habitude de penser en tant qu'homme pour
commencer à penser en tant qu'Homme. Mais
54
aussitôt que l'homme commence à sortir de son être,
de son néant plein ou de son vide ou de son plein
néantique comme Nietzsche l'a fait, il a besoin d'être
très sûr, très solide, très enraciné dans sa lumière.
Sinon, il craque. Voilà ce qui est arrivé à Nietzsche,
ce pauvre homme. Tandis que lorsque l'homme est
arrivé dans une voie de fusion, lorsqu'il est
suffisamment près de cette énergie, qu'il est
suffisamment intégré avec elle, il ne peut plus
craquer. Qui va me faire craquer, moi ? Je ne suis
plus craquable. Je ne peux plus craquer parce que
j'ai mis de côté les généraux, je connais d'où vient la
pensée, je connais l'intuition, je connais le rationnel
et je connais l'autre partie de moi avec laquelle je
converse de temps à autre du moment qu'il ne me
casse pas les pieds. À ce moment-là, je suis
toujours bien. Je ne peux pas craquer. Je suis dans
mon identité. Et l'homme en arrivera un jour à être
dans son identité. Mais, il y a un prix à payer,
effectivement : réaliser que ce n’est pas le passé qui
va servir l'homme de demain, mais plutôt le présent.
Ce ne sont pas les grandes traditions ésotériques et
occultes qui vont amener l'homme à l'immortalité, au
stade du sur-homme. L'homme lui-même va s'ame¬
ner là. Les anciennes théories, ces anciennes écoles,
ces anciennes connaissances, faisaient partie de
l'involution. Elles étaient nécessaires pour maintenir
sur terre la domination du monde astral. Et il n'y a
aucune école ésotérique dans le monde, ni du Tibet,
ni de l’inde, ni de l'Afrique, ni de l'Amérique du Sud,
ni du Mato Grosso, qui ne soit pas contrôlée par une
entité dans l'astral.
55
Nous devons comprendre, et à ceux qui sont
ésotériques, marginaux dans la pensée, qui
recherchent, que ce soit dans dix, quinze, ou vingt
ans, je souhaite de savoir. Qu'est-ce que savoir ?
Savoir est la chose la plus facile au monde. Dans le
savoir, il n’y a pas de question, il n’y a que des
réponses. Dans le savoir, il n'y a pas de psychologie,
il n'y a que de la créativité. Dans le savoir, il n'y a
pas d'intuition, il n’y a que de la créativité. Le
savoir transperce tous les plans de la conscience
humaine de l'involution. Il permet à l’homme
nouveau d'être parfaitement libre, capable d'égaliser
avec les hommes, capable d'être respectueux des
hommes, capable de se bien comporter avec les
hommes parce qu’il fait partie d'une conscience
collective, mais incapable de perdre sa conscience
individualisée, incapable de perdre son identité.
Ce que recherchent les hommes à partir de
Socrate, « se connaître soi-même », cela commence
là où nous croyons que cela s'était arrêté. On dit
souvent que toutes les routes mènent à Rome. Ce
que l'on n’a jamais su, c'est qu'à Rome il y avait une
grande fête, et que cette fête était totalement
contrôlée par l'astral. Rendu à Rome, le bonhomme
est obligé de sortir de la fête et de prendre un chemin
que personne ne connaît. Ce chemin, c'est son propre
chemin. Voilà ce que je vous souhaite.
Revenons à Hitler un instant. Imaginez-vous
Hitler durant ses jeunes années, alors qu'il appartient
56
à une société secrète en Europe. Comme il avait
effectivement un destin très occulte, il se lie d'amitié
avec certaines personnes qui vont en Orient chercher
de l'information. Hitler se plonge, pendant ces
années, dans une forme très particulière d'ésotérisme
ou d'occultisme.
Lorsque nous parlons aujourd'hui, à la fin du
XXe siècle, de l'évolution d'une nouvelle race-racine,
de l'émergence du sur-homme sur la terre, ce n'est
pas neuf. Ce n'est pas Bernard de Montréal qui a
parlé de ceci. C'est vieux comme la terre. Et ces
connaissances étaient surtout dans l'Orient, et un peu
dans l'Occident. Et l'Orient, dans les années 20-30,
avait beaucoup plus d’autorité qu'aujourd'hui. Ce
cher Hitler, qui est connecté comme un tuyau à
l'astral, apprend ainsi qu'il peut former une nouvelle
race. Il l'a formée sa race, la race germanique, la
race arienne, l'évolution du monde, le contrôle du
monde pendant 1000 années, etc. Hitler était un
initié des forces noires qui s'est fait manipuler. Mais
malheureusement, il a à son tour manipulé tout le
monde. Je parle d'Hitler simplement pour faire
comprendre que l'homme, l’homme qui sait ne peut
pas se fier, ne peut pas croire quoi que ce soit : il
doit savoir. Et c'est le fait de savoir qui fait que lui,
rendu à Rome, est obligé de sortir du cercle de Rome
pour s'en aller lui-même sur sa propre route. Voilà
pourquoi l'initiation solaire est une initiation qui est
totalement personnelle. Ceux qui pourront la vivre,
qu'ils soient noirs, jaunes, blancs, roses, ils la vivront
parce que déjà ils sont marqués pour cette vie, pour
57
cette expérience qui est l'ultime et qui, naturellement,
créera une nouvelle race-racine sur terre.
Le point central de toute cette instmction est
que l'homme doit un jour comprendre qu'à partir du
moment où l'on vous demande de croire quelque
chose, vous êtes dominé. C'est anti-homme. Si
vous me dites quelque chose qui est réel, je vais le
savoir. Je vais dire : « Oui, effectivement, c'est
cela ». Je n'ai pas besoin de croire. Croire est une
attitude, c'est malsain, c'est de la domination, c'est de
l'idéologie. C'est dangereux, c'est anti-homme.
Nous ne sommes pas des idiots. Si l'on nous dit
quelque chose qui a du bon sens, nous le savons.
Nous n'avons pas besoin de croire. Le danger de
l'humanité, il est à ce stade. Et c’est ce que les
hommes ont fait depuis des millénaires. L'homme
qui possède une conscience qui est polarisée entre un
cerveau droit et un cerveau gauche, qu'est-ce qu'il
veut dans la vie ? Il veut croire. Pourquoi ? Parce
qu'il veut être dans la vérité.
Croire nous mène à la recherche de la vérité et
nous ne savons pas que la vérité n'existe pas. Elle
est simplement l'envers d'un mensonge qui est
beaucoup trop vaste pour nos petits esprits, et qui
englobe l'homme depuis des millénaires. L'homme
doit avoir un centre de vérité. Et le centre de vérité,
c'est l'équilibre entre sa conscience supérieure, son
intuition, son intellect. Alors il est dans son identité,
il est universel, il peut parler avec n'importe qui, sur
58
n'importe quelle planète, n'importe quel plan, dans
n'importe quel temps.
59
MYTHES SOLAIRES
FP - Comment faut-il regarder, aujourd'hui, les
mythes solaires ?
BdM - Les mythes sont des mesures, des
programmations, ce sont des voies enseignées, des
expressions occultes, des façons d'amener l'homme à
certains dépassements. Mais tant qu'il y aura des
mythes sur terre, il y aura de l'inconscience.
Les mythes ne contiennent jamais en eux-
mêmes les clés essentielles à leur élimination. Ce
sont de très grandes formes symboliques, sacrées,
spirituelles, religieuses, métaphysiques, occultes, de
très grands tableaux. Mais les mythes possèdent tous
une faille, parce qu'ils ont été créés par les dieux, et
non par les hommes. L’homme a subi les mythes
durant l'involution, car alors il n'était pas capable de
pensée créative, il ne pouvait que véhiculer une
pensée mécanique, basée sur une certaine émotivité,
une certaine anxiété, un certain besoin.
L'homme n'a jamais possédé de pensée
créative. Les dieux possédaient une pensée créative,
60
mais elle appartenait à la programmation de
l'humanité. Ils étaient donc obligés de donner à
l'homme des connaissances à travers les mythes,
connaissances facilement assimilables sur le plan
émotionnel, sur le plan symbolique, connaissances
qui permettaient à l'humanité, au cours des siècles,
de transcender la valeur catégorique de la parole
pour en arriver à maintenir un lien entre les
différentes races sur le plan du sentiment de la
pensée manifestée à travers la parole.
Les hommes n'ont jamais eu le pouvoir contre
les dieux, c'est-à-dire le pouvoir de confronter les
dieux. Ils ont toujours eu peur. Ils ont toujours été
amenés à franchir les espaces qui les séparaient des
dieux par des contrats qui, souvent, défiaient le
besoin salutaire de l'humanité, la nature humaine.
Des tests étaient donnés à des hommes, — Ulysse est
un exemple, le mythe de Niebelung en est un
autre —, où l'on demandait aux hommes de renier ce
qui, sur terre, donne à l'homme la plus grande valeur
de vie, c'est-à-dire l'amour.
Pourquoi les dieux ont demandé que les
hommes renient l'amour pour avoir accès au
pouvoir ? Parce que les dieux imposaient à l'homme
une condition « sine qua non », afin de partager avec
ces initiés et leurs trouvailles, un monde qui
demeurait sous leur contrôle. À partir du moment où
un être humain, — qu'il fasse partie de la race
ancienne, ou indo-européenne, des grandes
civilisations comme la Grèce ou Rome, ou de nos
61
civilisations d'aujourd'hui —, cesse d'aimer ou ne
comprend plus la puissance d'aimer ou ne comprend
pas qu'aimer le glaive qui relie les hommes ensemble
et qui coupe le lien avec les dieux, alors l'homme
n'est pas capable de participer, comprendre, saisir le
mensonge de tous les mythes. Tous les mythes de
notre planète, toutes nos races, représentent un
mensonge astral institutionnalisé dans la conscience
sociale des races afin de maintenir le contrôle de
l'évolution de l'homme, à partir des plans où ces
dieux existent. Il n'y a pas dans la mythologie
d'affranchissement de l'homme. L'homme ne pourra
jamais s'affranchir à travers la mythologie parce que,
dans toute construction mythique, il y a un
asservissement subtil aux forces qui font partie des
mondes parallèles. Dans toute mythologie, il y a
une condition, un voile que seuls pourront lever les
hommes de la nouvelle évolution, ceux de la
prochaine race-racine, qui auront atteint un niveau de
conscience mentale totalement individualisée, c'est-
à-dire totalement séparée des infusions astrales d'où
partent les connaissances mythiques données à
l'homme par les dieux.
Tant que l'homme n'aura pas atteint un niveau
de conscience parfaitement équilibré, les mytho-
logies représenteront toujours un danger pour lui en
tant qu'individu même si, sur le plan social, sur le
plan historique, sur le plan des nations, sur le plan
des races, ils représentent un tableau, qui, à cause de
sa profonde valeur intuitive, permet de maintenir une
continuité entre la 4e et la 5e race-racine, qui cessera
62
quand l'homme aura retrouvé sa conscience
totalement individualisée.
Les hommes qui étaient dans le paradis
terrestre, les hommes qui faisaient partie de la
civilisation des Atlantes, vivaient dans une très
grande fraternité. Comme ils étaient en très grande
relation avec les dieux, ils avaient un certain
pouvoir. Par ailleurs, ils n'avaient aucune
individualité.
Si l'on me demandait aujourd'hui qu'elle est la
différence entre les Atlantes et les hommes de la 6e
race-racine, je dirais que les Atlantes étaient en
relation étroite avec les dieux, ils n'avaient aucune
individualité, ils vivaient d'une très grande fraternité,
alors que l'homme de la 6e race-racine sera obligé
d'abord de mettre les dieux à mort afin de se libérer
de toute forme de mythologie. Ensuite il pourra
recouvrer son individualité propre, c'est-à-dire sa
capacité, sur le plan mental, de devenir juge, lui-
même, d'une façon intégrale et absolue, de toutes les
mythologies qui ont été instituées par le passé, afin
de créer sur notre planète une évolution raciale qui
devait, au cours des siècles, amener l'homme à une
conscience egoïque.
Le plus grand défi de l'homme nouveau, celui
de la sixième race racine, l'homme des XXIe, XXIIe,
XXIIIe siècles, .sera de s'élever au-dessus du
mémoriel antique de l'humanité et d'abattre, sans
aucun amour, les fiefs qui ont constitué par le passé
63
les domaines contrôlés par les dieux à travers les
mythologies de toutes sortes. Ces domaines ont
servi pendant l'involution à enchaîner l'homme dans
une totale incapacité de reprendre le contrôle de son
évolution, de reprendre les pouvoirs qui font partie
de sa conscience cosmique. Ces pouvoirs lui ont été
enlevés à partir du moment où il fut décidé qu'il
devait lui, en tant qu'être humain, en arriver à une
évolution beaucoup plus avancée sur le plan des
corps inférieurs.
L'homme nouveau sera l'être qui, depuis très
longtemps, à l'intérieur des mythologies et des
grandes visions futures de l'humanité, est attendu.
Je reviens un peu au concept de la race arienne. Elle
qui fait partie de la connaissance occulte et
ésotérique qui, depuis des siècles, a été amenée en
Europe à travers une circonscription militaire nazie
en relation avec des des dictées occultes venant
d'Orient, du Tibet. Ces connaissances, elles sont là
depuis très longtemps, mais ce sont des mythes que
l'homme ne peut pas comprendre. Hitler n'a pas pu
les comprendre, les hommes avant lui n'ont pas pu
les comprendre, parce que tous les mythes donnent à
l'homme le pouvoir. À travers eux, l'homme va
chercher le pouvoir parce qu'il a soif du pouvoir. Et
quand un homme a soif du pouvoir, il est obligé,
pour se nourrir, pour s'abreuver, de plier l'échine
devant les dieux, parce que ce pouvoir est grand. Et
les initiés qui n'ont pas vu dans le passé à travers le
couloir subtil des voiles occultes des mythologies
anciennes, nordiques ou mésopotamiennes ou
64
hindoues, ces hommes ont réalisé à la fin de leur vie
qu'ils étaient encore des êtres qui devaient aller plus
loin pour découvrir ce qui se situe au-delà des
mythologies. Voilà pourquoi 1'ésotérisme, l'occul¬
tisme occidental ou oriental, n'ont jamais permis à
l'homme d'en arriver au pouvoir, c'est-à-dire à une
scission totale avec les dieux.
Je vais vous dire une chose qui fait partie de
la connaissance supramentale du XXe siècle, et qui
n'est relié à aucune mythologie. D'ailleurs, ce n'est
dans aucun livre puisque tout ce qui est supra-mental
n'est pas écrit. Le début du pouvoir de l'homme
nouveau sur la planète terre, au cours des prochains
siècles, sera proportionnel à la capacité individuelle
de chaque homme de transcender les bornes
imaginatives de sa mémoire ; ceci l'amènera
éventuellement à une rupture totale avec la pensée
psychologicoémotive, surtout celle qui est d'ordre
occulte, ou ésotérique, ou spirituelle, ou religieuse,
ou métaphysique, qui établit un lien entre l'homme et
les dieux et l'empêche d'atteindre par lui-même son
pouvoir.
Les hommes de demain ne chercheront plus le
pouvoir. Ils chercheront à détruire les dieux qui, dans
le passé, ont fait la promesse du pouvoir mais sans
jamais le céder. Et au cours des années qui viennent,
l'homme découvrira par lui-même que les
mythologies sont des mensonges infâmes créés par
les dieux pour maintenir l'homme dans une forme
d'ignorance suffisamment longue, afin de permettre
65
révolution naturelle du corps matériel, du corps
astral et du corps mental. Tous les dieux, tout ce qui
est astral, tout ce avec quoi l'homme peut
communiquer télépathiquement dans les sphères,
sont inévitablement l'envers de l'homme. C'est-à-dire
qu'ils sont tous impuissants et qu'ils vont chercher
leur puissance à travers l'ignorance de l'homme, à
travers le miroitement, dans l'écran mental de
l'homme, de certains pouvoirs qui sont élogieux à sa
personnalité mais qui, si nous les regardons
réellement, sont toujours anti-humanité, toujours
destinés à maintenir l'individu sous le contrôle des
forces occultes.
Les pouvoirs des mythologies, qui étaient
présentés par les dieux à l'homme initié, mettaient
toujours l'homme à défi contre l'humanité. Regardez
le mythe d'Ulysse, cette personne à qui l'on demande
de renier l'amour qu'il porte à sa femme afin
d'obtenir le pouvoir des dieux. Le mythe de
Pénélope et Ulysse. Il faut voir, — et ce n'est pas par
le mémoriel, ni par la pensée subjective colorée que
l'on peut le voir —, que les dieux sont et vivent à
l'envers de l'homme. Les dieux ont besoin de
l'homme, alors que l'homme n'a pas besoin des
dieux. Il a toujours pensé qu'il avait besoin des
dieux parce qu'il a toujours été instruit par les dieux.
Il a toujours été convoqué à la table des
souvenances, il a toujours été amené à la perception
intuitive des sphères. Il n'a jamais été amené à la
concrétisation de son humanité, c'est-à-dire à
l'éradication totale et absolue du fondement même de
66
son mémoriel humain, de toutes conditions
psychologiques, émotives, métaphysiques, occultes,
ésotériques, spirituelles, religieuses, philosophiques,
imposées par les dieux à travers les canaux
mythologiques de l'ancien temps. L'homme de la 6e
race-racine, lorsqu'il détiendra les clés des
mécanismes de la pensée, l'homme lui-même en
arrivera à déchirer les voiles et à mettre par terre les
mythologies. Il s'assurera, une fois pour toutes, que
la 6e race racine — je ne parle pas des autres races
qui continueront à évoluer — sera totalement gérée
par l'homme, contenue par l'homme, maintenue par
l'homme, autant sur le plan matériel que sur le plan
éthérique. À l'intérieur de cette nouvelle race-racine,
aucune force astrale ne pourra pénétrer, parce que
l'homme ne pourra plus, à partir du moment où il
deviendra supra-mental, c'est-à-dire individualisé
dans son mental créatif, entretenir dans son mental
sans s'en rendre compte, comme l'ont fait les
hommes initiés du passé, le mensonge cosmique.
FP - Ce pouvoir qui exclut l'amour, nous en avons
une représentation aujourd'hui, lorsque l'on vit au
niveau du pouvoir. Alors où est le mythe
précisément ? Où est la faille dans le mythe de
Niebelung ? Aujourd'hui le pouvoir qui est exercé
sans amour crée de la violence, de la crainte et tous
les aspects egoïques de l'homme.
BdM - La seule raison pour laquelle on a demandé
dans les mythologies de renier l'amour, c'est que
67
l'amour de l'homme ancien était un amour astralisé.
Ce n'était pas un amour mental. C'était un amour
basé sur le passionnel, sur l'insécurité, le besoin,
l'émotivité, fondé sur la recherche d'une identité.
C'était donc un amour astralisé. Et pour que
l'homme puisse, dans ce temps-là, passer d'une étape
d'évolution à une autre étape d'évolution, il lui fallait
dépasser les conditions primitives de l'amour. Mais
les conditions primitives de l'amour de la 5e ou de la
4e race-racine ne sont pas celles de l'homme
nouveau. L'amour sur terre aujourd'hui, en tant
qu'expression fondamentale du rythme cosmique des
sept planètes, ne convient pas à l'homme de la
cinquième race-racine. Quand je parle de l’amour
nouveau, de l'amour supra-mental, de l'amour
conscient, de l'amour qui n'est pas fondé sur le
passionnel ou sur le besoin psychologique, sur
l'émotion, je parle de l'amour qui fait partie de la
conscience intégrale du psychisme de l'homme, c'est-
à-dire l'intégration de la volonté et de cette
intelligence qui donne comme produit, ou sous-
produit, cet amour. Alors l'homme pourra vivre sur
le plan matériel en relation avec les sphères et ne
jamais partager avec les dieux ce qui fait partie de la
condition cosmique de son êtreté.
L'amour est un principe. Nous avons toujours
conçu l'amour comme étant une manifestation
psychologique, egoïque, d'un besoin interne sur le
plan de l'émotion. Nous avons toujours considéré
l'intellect ou l'intelligence comme étant une sorte de
partisanerie sur le plan de la dualité en fonction des
68
pensées qui viennent à l'homme et qui servent à
éclairer son chemin sur terre. Nous avons toujours
considéré la volonté comme un acte de l'homme
mais, en réalité, l'homme n'a pas de volonté.
L'homme n'est pas dans son intelligence. L'homme
n'est pas dans son amour. Parce que l'homme n'est
pas encore au stade où il peut renier les dieux. Il ne
peut donc pas se créer une volonté anti-dieux. Il ne
peut pas se créer une intelligence au-dessus des
dieux. Il ne peut pas se créer un amour qui défie les
dieux devant les hommes. Il n'a donc pas de
pouvoir. L'amour de l'homme nouveau et l'amour de
l'homme ancien sont deux amours différents.
Comme l'intelligence de l'homme nouveau et
l'intelligence de l'homme ancien sont des
intelligences différentes. La volonté de l'homme
nouveau et la volonté de l'homme ancien sont aussi
des volontés différentes. Nous ne pouvons plus
parler aujourd'hui, à la fin du XXe siècle, sur le plan
de l'évolution de la conscience supramentale, de
volonté, d'amour et d'intelligence dans le même
cadre que nous en avons parlé dans le passé. À par¬
tir du moment où nous interprétons les mythologies
en fonction du principe de l'amour qui doit être renié,
cela fait simplement partie du contrôle astral des
forces à travers le centre émotionnel du plexus
solaire de l'homme afin d'établir une liaison
puissante entre ces forces et l'homme. Ainsi le
pouvoir des forces descend sur terre et manifeste, sur
le plan humain, une sorte de catégorie d'actes
magiques.
69
Le pouvoir des anciens initiés, ou celui de
ceux qui ont réussi à vivre jusqu'au bout de
l'astralisation de leur conscience, n'est que l'infect
désir des forces occultes de se servir de l'homme en
tant que canal, afin de maintenir un ordre sur le plan
humain de notre civilisation. Le meilleur type, que
tous connaissent, pour expliquer ce destin des forces
occultes, divines, à travers l'homme, — quand je
parle de divine, je parle des forces des dieux —, c'est
Hitler. Les forces occultes à travers les mythologies
donnent à l'homme l'impression qu'il arrivera à la
conquête des sphères, qu'il arrivera au pouvoir, qu'il
arrivera à l'abondance. Jamais ceux qui ont vécu les
mythes astraux n'y arriveront. Et je défie n'importe
qui de m'apporter une biographie d'un homme qui est
allé au bout de la mythologie astrale et qui a conquis
le pouvoir. Les hommes dans le passé n'ont jamais
eu le pouvoir. Si l'homme d'alors avait eu le
pouvoir, l'homme aurait créé de très grandes choses.
Le seul homme qui a eu le pouvoir dans le passé, —
et il a eu ce pouvoir sur son propre corps —, ce fut le
Nazaréen. Naturellement, à cause de ses facultés
éthérigues, il avait la capacité de guérir et ainsi de
suite, mais il avait aussi le pouvoir sur son propre
corps. C'est-à-dire qu'il était immortel. Il était
immortalisable. C'est le seul. Tout ceux qui sont
venus avant lui ont eu des pouvoirs magiques. Le
Nazaréen n'a jamais eu de pouvoirs magiques : il
avait des pouvoirs réels. Et c'est le seul être qui fait
partie de ce que nous appelons le grand chaînon
entre le passé de l'involution et la nouvelle évolution
qui vient. C'est le seul être gui, à cause de son
70
infusion dans la matière, a permis que des hommes
aujourd'hui, comme moi et d'autres, puissent entrer
en communications télépathiques avec les sphères et
défier les voiles, voir à travers le mensonge astral.
Parler avec les morts, parler aux morts, expliquer
aux morts ce qu'ils ont besoin de savoir afin que les
hommes en arrivent un jour à pouvoir vivre en paix.
Il n'y a rien dans la définition des mythologies
qui aujourd'hui vaille la peine d'être su, parce que
tout homme conscient réalise à la fin du XXe siècle,
maintenant que nous commençons l'évolution, que
l'enjeu pour l'humanité future, ce petit groupe
d'hommes qui deviendra de plus en plus grand au
cours des siècles, ce groupe d'hommes conscients
venant de n'importe quelle partie de la planète, ce
n'est pas le pouvoir, mais c'est la conquête des dieux.
Ceux qui auront la vibration universelle de cet
homme seront amenés facilement, sans heurts, vers
ce tunnel éthérique où se partageront les tâches de la
nouvelle évolution et la concrétisation sur la terre de
l'homme du pouvoir occulte des forces cosmiques de
l'homme, qui font partie de l'élimination de son
double et de l'agrandissement parfait des conditions
évolutives de sa conscience planétaire. À part ceci,
toutes les belles fresques du passé n'ont pour
l'homme nouveau aucune valeur. Je le dis d'une
façon absolue, parce que dans toutes les fresques il y
a de la spiritualité. Dans l'homme nouveau, il n'y a
aucune spiritualité : il y a simplement de l'intelli¬
gence pure, cristalline.
71
FP - Plutôt que de voir le mythe comme étant un
idéal proposé aux hommes, le voyez-vous plutôt
comme une programmation de l'homme ?
BdM - Le mythe est un idéal proposé aux hommes
qui étaient inconscients. Effectivement c'était un
idéal, mais il était caché dans son essence. Qu'est-ce
que c'est un idéal ? Quelle est la différence entre le
réel et l'idéal ? L'idéal est toujours une forme de
mensonge. Le réel détruit l'idéal. Dans le réel, il n'y
a pas d'idéal. Mais l'homme avait besoin d'idéal
parce qu'il n'était pas dans le réel. L'homme n'était
pas dans son mental, l'homme n'était pas capable de
créer la pensée. Comme il n'était pas capable de
vivre la pensée créative, il vivait toujours une pensée
fondée sur le mémoriel personnel de sa propre
expérience ou sur le mémoriel de l'humanité.
L’homme n'avait aucune individualité, il était
incapable de saisir réellement la différence entre
l'idéal et le réel. Et l'homme de la nouvelle évolution
saura la différence entre l'idéal et le réel. L'idéal
avait été l'orientation donnée par la mythologie :
dans la nouvelle évolution, l'idéal sera tué. Pour
qu'il y ait un idéal, il faut qu'il y ait de la spiritualité.
Qu'est-ce qui cause un idéal ? Qu'est-ce qui permet à
un homme de vivre un idéal ? De la spiritualité. De
l'espoir. Il faut qu'il ait les yeux perdus dans la
brume. Et qui, croyez-vous, crée la brume ? Les
dieux.
72
FP - Si le mythe est une programmation, est-ce une
programmation nécessaire, puisque les hommes, de
toute façon, ne pouvaient pas recevoir plus
d'informations que ne pouvait en contenir leur
ignorance à cette époque-là ?
BdM - II Y a des hommes qui aujourd'hui, sur terre,
donnent des clés à l'humanité pour comprendre les
mythes de la pensée humaine. Nous sommes donc
très avancés. Mais les hommes doivent comprendre
que le passé était construit d'une façon telle que
l'homme puisse évoluer. Tout ce qui s'est passé
auparavant, les religions, les mythes, tout était
nécessaire. L'homme avait besoin de ceci parce qu'il
n'avait aucune individualité. Il n'était pas suffisam¬
ment intelligent, car il était beaucoup trop primitif
tant sur le plan de l'émotion que sur le plan du
mental. C'est simplement à la fin du XXe siècle que
l'homme peut réellement jouir de son intelligence.
Quand je parle de l'homme, je ne parle pas de
l'humanité. Vous avez simplement à regarder ce qui
se passe dans le monde aux nouvelles et vous verrez
que, lorsque je parle de l'homme, je ne parle pas de
l'humanité. Je parle de ces hommes qui sont un peu
partout éparpillés dans le monde, en Inde, en
Amérique du Sud, aux États-Unis, en France, en
Allemagne, ce sont ces individus qui verront à
travers la mythologie et qui pourront dire que le
temps des mystifications est fini. Mais, tant que
l'homme n'aura pas la force intérieure pour prendre
entre ses mains, d'une façon catégorique et absolue,
le mensonge, le regarder en face et pouvoir le renier,
73
l'homme n'aura aucune capacité d'entrer dans une
conscience supramentale. Et je vous assure que la
conscience supramentale, ce n'est pas mythologique.
Je vous assure aussi que ce n'est pas philosophique,
que ce n'est pas spirituel et que l'homme qui doit
passer dans cette expérience doit brûler tout ce qui
fait partie de son ancien cadavre. Son ancien
cadavre, c'est son ancienne conscience. Il ne doit
plus y avoir de mystification, fini le terrorisme
psychique. C'est une affaire de vie ou de mort.
FP - Si les mythes ont été fondés par les dieux dans
un souci d'assujettir l'homme, comment expliquez-
vous qu'au deuxième acte de l'Anneau des
Niebelungen on passe à l'anneau des dieux, et que
cette suite dans le récit ne soit pas en faveur des
dieux justement. Je résume : comme tout ce qui est
en bas est égal à ce qui est en haut, il y a donc un
anneau de pouvoir également qui a été créé par les
dieux sous une forme d'enceinte, une muraille que
les dieux ont bâtie autour d'eux pour pouvoir
concentrer leur pouvoir. C'est ce qui nous est dit
dans le mythe. Ces dieux-là sont les gardiens de la
religion spécifique à cet endroit-là, — Vautan est le
gardien de la religion, il est l'un de ces dieux
entouré d'autres dieux —, et ils construisent une
enceinte fortifiée, un mur de limitations. Une fois
que cette muraille qui entoure les dieux est terminée,
ils perdent la lumière et la connaissance universelle
également. Ce qu'on retire de l'histoire, c'est peut-
être que lorsqu'une religion se limite elle-même
74
derrière le mur de la doctrine ou du dogme, l'esprit
de décadence commence à la pénétrer puis à saper
un peu ses fondations, et finalement elle menace de
tomber en ruine. Comment se fait-il que ce
deuxième acte ne soit pas du tout en faveur de dieux,
puisqu'en fait on les voit se limitant eux-mêmes dans
leurs pouvoirs et limitant la religion ou l'esprit
universel qu'ils sont supposés diffuser ?
BdM - Les dieux ont toutes les capacités. Ils ont la
capacité de mentir pour dire la vérité. Ils ont la
capacité de dire la vérité pour mentir. Il n'y a rien de
plus écœurant qu'un dieu. Il n'y a rien de plus
mensonger qu’un dieu, parce qu'un dieu ne fait
jamais partie de l'homme. Si les dieux sont obligés
de donner à l'homme, par la voie de la mythologie,
une symbolique leur permettant de voir s'il y a
érection d'une forteresse à l'intérieur de laquelle eux
deviennent prisonniers, à qui croyez-vous qu'ils
parlent ? Ils disent aux hommes : « Ne cristallisez
pas les formes parce que la religion va mourir ». Les
dieux veulent que la religion continue. Connaissant
les lois de la forme, les dieux sont obligés
d'expliquer aux hommes la dynamique de la forme et
les hommes, étudiant sérieusement, spirituellement
la dynamique de la forme, s'occupent sur le plan
intellectuel, sur le plan philosophique, sur le plan de
la discussion, s'occupent de se rendre compte de ce
qui se passe dans le monde et de s'assurer que la
forme ne devient pas trop cristallisée afin que la
religion ne meure pas.
75
Les dieux sont des intelligences qui
fonctionnent un peu comme les espions doubles. Tu
espionnes pour les Américains et pour les Russes en
même temps. Pour voir ceci, il faut réellement être
en communication avec eux. Si l'homme était en
communication avec les sphères et qu'il avait un
langage direct avec elles, s'il pouvait demander aux
sphères des questions, — pourvu qu'il soit totalement
en contrôle des questions et des réponses, autrement
dit qu’il ait la vibration cosmique, qu’il ait la
vibration de l'intelligence créative —, l'homme
verrait qu'aucun dieu ne peut résister à l'homme.
Ceci veut dire qu'aucun dieu, à travers sa
mythologie, ne peut résister à l'intelligence créative
de l'homme nouveau, parce que les dieux font partie
d'un temps qui est déjà plus arriéré que le temps de
l'homme nouveau.
Le temps de l'homme nouveau est plus avancé
dans le temps cosmique que le temps des dieux qui,
dans le passé, ont utilisé la programmation pour
créer sur terre un système de désinformation
nécessaire à l’évolution de l’homme.
FP - Dans cet anneau des dieux qui symbolise un
peu la doctrine et le conformisme, il y a également
un reniement de l'amour. En fait, n'est-ce pas une
religion sans amour, à base de doctrines, de
dogmes, d'impositions et de conformisme ? Et
encore une fois, le conflit entre le pouvoir et l'amour
?
76
BdM - Il y aura toujours un conflit entre le pouvoir
et l'amour. Un être qui aime et qui est réellement
cosmique dans sa conscience ne peut pas être
intéressé au pouvoir. Et s'il possède le pouvoir, le
pouvoir fait partie de lui, il fait partie intégrale de
lui, il ne fait pas partie de sa conscience égoïque. 11
fait partie de son autre nature. Sur le plan de
l'involution, il y a toujours eu un conflit entre
l'amour et le pouvoir, parce que ceux qui avaient le
pouvoir, ceux qui donnaient à l'homme le pouvoir à
travers les actes magiques, devaient lui enlever
l'amour afin qu'il puisse renier ses frères et s'allier à
eux. 11 est évident que si les dieux voulaient que ces
initiés se lient à eux, il fallait qu'ils enlèvent à ces
hommes le droit, la capacité ou l'intention d'amour
parce que l'homme va, s'il est trop près de son
amour, préférer vivre, même si cela fait partie d'un
amour qui est primitif, l'amour avec ses enfants, sa
femme, ses amis, que de vivre une vie totalement
occulte avec les dieux. Ulysse a été un exemple.
Les hommes de la nouvelle évolution verront à
travers ce jeu et les hommes de la nouvelle évolution
ne s'empêcheront pas, au contraire, d'aimer. Ils
aimeront et se serviront de l'amour pour les hommes
contre les dieux. D'ailleurs, c'est au cours de la
prochaine évolution que l'amour pour les hommes
sera pour la première fois utilisé contre les dieux.
Nous avons un exemple à l'intérieur de la
chrétienté de l'amour utilisé pour l'amour de dieu.
Mais quand on utilise l'amour pour l'amour de dieu, à
77
l'intérieur de cette religion chrétienne, si réellement
on est grand dans cet amour, on devient mystique.
Si l'on n'est pas réellement grand dans cet amour, on
devient politique. Ceux qui ont réellement manifesté
sur la terre un psychisme d'un certain ordre, ce sont
des êtres qui aimaient l'homme et qui étaient liés aux
forces. Le jeux des forces, ce que vous appelez les
miracles de ce temps-là, faisaient partie justement de
l'astralisation de la religion pour donner à l'homme le
savoir, rendre compte à l'homme que, effectivement,
le dieu existait. Mais en réalité ce n'est pas le dieu,
ce sont les dieux qui se servaient de ces êtres très
sensibles qui aimaient l'homme pour manifester sur
la terre une condition d'évolution religieuse qui était
nécessaire à la formation des états européens et
éventuellement le cernement dans le monde d'une
population chrétienne. Avec l'évolution, l'homme ne
pourra plus utiliser cet amour parce qu'il vivra d'un
amour nouveau, d'un amour autre qui sera très
mental et jamais l'homme ne laissera plus utiliser son
amour par les dieux.
FP - Cette imposition de la doctrine à travers la
religion et du conformisme, est-ce que ce n'est pas
une façon d'empêcher les hommes d'avoir justement
accès à une universalité de la connaissance ou de la
vérité ou de la réalité ? Est-ce que ce n'est pas une
façon en fait de diriger, sans donner ?
BdM - Les hommes ne peuvent pas avoir accès à
l'universalité de la connaissance à travers la
78
conscience collective. Ils n'ont jamais pu et ne
pourront jamais. Cela fait partie des mythologies.
L'homme ne pourra atteindre la conscience
individualisée que lorsqu'il aura la capacité de
déchirer les voiles. Il n'y a rien de plus facile sur
notre planète que la connaissance. La connaissance
coule comme de l'eau, elle provient du savoir. Les
hommes ont accès au savoir, mais pour qu'ils
puissent réellement aller chercher ce savoir, cette
énergie, ils sont obligés de détruire les frontières qui
les séparent d'eux-mêmes. Ces frontières sont les
formes-pensées, les mémoires qui ont été installées,
créées, manipulées par les dieux à travers tous les
systèmes de notre humanité pendant des millénaires.
Les hommes auront individuellement la conscience
créative universelle, jamais ils n'auront cette
connaissance universellement. S'il y a deux
hommes, dix hommes, mille hommes, quinze mille
hommes, cent mille hommes, ce sera un processus
individuel ; ce ne sera jamais un processus collectif.
FP - Alors nous arrivons au troisième acte de
l'opéra des Niebelungen. Lorsque les dieux se
limitèrent eux-mêmes et qu'ils repoussèrent
l'universalité justement de la vérité ou de la
connaissance par l'anneau de la doctrine et du
dogme, les Valsung — ce sont les chercheurs de
vérité —, se sont rebellés contre les dieux. Alors on
nous raconte l'histoire de Sigmund le courageux,
poussé à rechercher la vérité à tout prix et qui finit
par être tué à cause de son audace. Ces gens-là se
rebellent contre l'imposition des doctrines de la
79
religion. Sigmund, le premier, meurt de son audace.
Sa femme Siglinde a les mêmes aspirations
intérieures mais elle n'ose pas les exprimer d'une
manière ouverte. Elle finira par mourir de
désespoir en transmettant cette soif de vérité, de
connaissance à son enfant Siegfried, dont le nom
veut dire : qui obtient la paix par la victoire. On
conclut dans ce troisième acte que ce qu'une
génération de chercheurs ne parvient pas à
accomplir le sera par ses descendants, et finalement
la vérité triomphera de la doctrine. Alors un dur
combat attend Siegfried, car le monde n'est pas prêt
à recevoir la vérité. Le Christ lui-même disait à ses
disciples : «Ils m'ont haï, ils vous haïront aussi. »
Ce que l'on comprend à travers tout cela, c'est que
les temps de persécutions ne sont pas révolus bien
que le monde actuel prétende accorder une liberté
religieuse. Mais la croyance à la doctrine elle, est
toujours puissante et il y a toujours des gens prêts à
persécuter ceux qui sortent des voies coutumières.
D'après vous, pour ces chercheurs de vérité, ceux
qui ont cette flamme, qui veulent passer au travers
de la doctrine et du dogme, faut-il faire face à ces
ennemis, affronter le monde, offrir sa poitrine aux
flèches de l'antagonisme, de la médisance et de la
calomnie, et défendre ses convictions ? Ou bien
faut-il tourner le dos à ces ennemis potentiels, à
cette inquisition qui existe toujours quand même en
filigrane ? Faut-il les ignorer ? Quelle est votre
attitude à vous ?
80
BdM - Il ne s'agit pas pour les chercheurs d'offrir
leur corps ou même leur esprit aux fléchettes de la
masse. Ce n'est pas intelligent. Il s'agit pour les
hommes du nouveau cycle de comprendre que le mal
de l'homme, c'est-à-dire son ignorance, est installé
dans sa programmation à lui. Le problème des
chercheurs, c'est qu'ils cherchent la vérité. Tous les
hommes cherchent la vérité. La recherche de la
vérité fait partie du mensonge cosmique sur notre
planète.
FP - Si l'on changeait le mot vérité ...
BdM - Mais vous ne pouvez pas le changer parce
qu'il est déjà institutionnalisé. Il fait déjà partie de la
mythologie. Et tous les hommes dans le monde
cherchent la vérité. On cherche la vérité depuis des
millénaires. Il ne s'agit pas pour l'homme de
chercher la vérité. La vérité est l'envers du
mensonge. Il s'agit pour l'homme de pouvoir
supporter le choc de ce qu'il sait. Si les hommes
avaient la capacité égoïque, mentale de supporter le
choc de ce qu'ils savent, — parce que tous les
hommes savent —, ils seraient dans ce que vous
appelez la recherche de la vérité et, à partir de ce
moment-là, les hommes ne seraient plus intéressés à
la vérité parce que la vérité est l'envers du mensonge.
La vérité est quelque chose que les dieux ont établi à
l'intérieur d'une programmation pour l'évolution
mentale et émotionnelle de l'homme et non pas pour
l'évolution de la conscience supramentale de
81
l'homme. L'évolution de la conscience supramentale
de l'homme vient de la souffrance de l'homme
essoufflé, écœuré de la vérité. Essoufflé, écœuré de
la double valeur du mensonge cosmique. Essoufflé,
écœuré de la polarité. Essoufflé, écœuré de la
croyance. Essoufflé, écœuré de l'espoir. Tout est
dans l'homme. L'homme est une composition
multidimensionnelle, il est une organisation
psychique, métapsychique, biologique, astrale,
vitale. L'homme est lumière. Qu'est-ce que l'homme
cherche ? L'homme ne pourra réaliser ceci que
lorsque lui-même aura finalement défiguré tout ce
qui constitue dans son mental les aspects positifs ou
négatifs du mensonge cosmique, institutionnalisé à
travers les mythologies ou les religions pour donner
à l'homme encore l'espoir. L'homme ne peut jamais
traiter avec les dieux parce que tous les dieux sont
en-dessous de lui. Mais comment voulez-vous que
l'homme marche droit, lui qui a été pendant des
siècles obligé de marcher avec la béquille de la
religion, la béquille de la philosophie, la béquille des
opinions des autres, la béquille de ses émotions, la
béquille de la crainte ? Savez-vous ce que les
hommes craignent ? Ils craignent même ce qu'ils
savent vis-à-vis de leur femme, de leurs enfants, de
leurs cousins, de leurs collègues. Comme les
hommes n'ont pas de mental, ils vont aux grandes
œuvres, ils parlent de la poésie des grandes œuvres
pour se donner un souffle anémique qui est déjà
enraciné dans la conquête de l'homme par les dieux.
82
Voilà la différence entre la conscience
supramentale de l'évolution et la conscience mentale
inférieure. Quand les Atlantes, cette 4e race-racine,
ont fini leur stade d'évolution, ils ont développé le
corps astral ; alors le corps mental de la prochaine
race est venu. Nous faisons partie des Indo-
Européens et nous avons développé le mental
inférieur. Comparez les races indo-européennes
avec les races atlantes et vous allez voir une très très
grande différence dans la composition psychique des
organes vitaux, de la vue interne par exemple. Si
vous regardez l'homme, c'est la même chose, celui de
la quatrième race, de la cinquième, de la sixième et
ensuite la septième. Nous ne pouvons même pas
nous prétendre capable de comparer la sixième avec
la cinquième, parce que l'homme de la sixième ne
fait plus partie du monde imaginaire symbolique,
religieux, métaphysique, occulte, ésotérique,
mythologique de l'ancien temps. C'est une rupture
totale.
Chaque homme est un maître. Chaque
homme est son maître. À partir du moment où il est
assujetti à une conscience quelconque d'un maître
qui dit et qui dicte, l'homme est dans le trouble. Et
les hommes, un jour, au cours des prochains siècles
seront obligés de réaliser ceci parce que la partie de
la vie qui vient ne fait plus partie de l'astral : elle fait
partie de la conjointe action du double éthérique de
l'homme avec le corps matériel de l'homme, qui
entraîne l'éveil de l'esprit de l'homme dans
l'intégration supramentale de son troisième œil. Il
83
n'y a plus de parallèle entre le passé et l'avenir. Nous
ne pourrons plus parler demain comme nous parlions
hier. Nous ne pouvons plus même accepter un iota
de ce qui, par le passé, a été dit pour l'involution qui
était nécessaire. Nous devons parler aujourd'hui en
fonction des voiles que nous devons déchirer.
Chaque homme doit parler pour lui-même et non
plus parler pour l'humanité. Il doit voir pour lui-
même et non plus pour l'humanité. Ce n'est plus
l'évolution d'une conscience collective, c'est
l'évolution d'une conscience individualisée. Cela n'a
jamais existé dans le passé, ni dans le paradis
terrestre des Atlantes, ni pendant la race indo-
européenne. C'est neuf.
FP - Il ne nous reste plus qu'à passer au travers du
pouvoir castrateur des gouvernements, des
religions ....
BdM - Les gouvernements sont nécessaires, les
religions sont nécessaires. Il y a des gens dans le
monde, en Amérique, dans le Tiers-Monde, dans les
petites nations européennes, avec des petits esprits
gros comme cela. Il y a des gens dans le monde qui
ont encore besoin d'être surveillés, alignés. Il y a des
gens, des masses, des milliards d'hommes qui ont
besoin d'un alignement dans le monde. Ces hom¬
mes, ces organisations, ces religions, — regardez ce
qui se passe dans les pays arabes —, toutes les
religions sont nécessaires, elles font partie de
l'expérience karmique des individus. Le point où
84
l'homme nouveau se sépare de l'homme ancien, ce
n'est pas sur le plan de la contestation, c’est sur le
plan du pouvoir interne chez chaque individu de
supporter le poids de ce qu'il sait et de se taire.
Anonyme dans la foule. Lorsque la foule sera
grande, il n'y aura plus besoin d'anonymat. Cette
foule sera occulte, elle aura accès aux couloirs
éthériques de l'humanité. De quoi l'homme a-t-il
besoin aujourd'hui ? D'essayer de vanter ce qu'il
sait ? Si l'homme vante ce qu'il sait, c'est qu'il ne sait
pas parfaitement ce qu'il vante. C'est une sorte de
spiritualité dans l'illusion de la forme maintenue à
travers ces hommes qui recherchent et qui
recherchent, et qui se retrouvent, après des années,
encore à rechercher... Un jour, il faut que cesse la
recherche. Et la recherche de l'homme cessera
lorsqu'il aura développé une parole. Mais l'homme
n'a pas de parole. Il jase.
85
RÉALITÉS NOUVELLES
FP - Les Québécois risquent de perdre leur âme, car
ils ont fait table rase de la mythologie. Selon un
éminent psychanalyste-psychiatre, ils n'ont plus rien
sur quoi faire reposer leurs rêves vitaux, ils refusent
de se fabriquer leurs propres mythes. Qu'en pensez-
vous ?
BdM - Pour apprécier ce qui se passe au Québec, il
faut quand même donner au peuple québécois une
certaine marge de temps. Pour ceux qui aiment les
choses occultes, je dirais que le peuple québécois est
un peuple initiatique, un peu comme le peuple juif
l'était. Le peuple québécois, à travers tout le système
d'information, va connaître au cours des prochaines
années une pénétration profonde de nouvelles
données. Celles-ci vont créer de plus en plus de ce
changement dans la psychologie foncièrement
grégaire du peuple. Si nous regardons la
transformation du peuple québécois, sur la base de
deux ou trois générations et en fonction de ce qui se
passe occultement au Québec et dans le monde,
— quand je dis occultement, je veux dire en regard
des forces préparatoires à l'évolution et à la
transformation des relations entre les nations —, il
est évident que le peuple québécois va démontrer des
86
signes avant-coureurs d'un changement de con¬
science qui va énerver tout le monde. Quand on
parle des psychologues et des psychiatres qui
avancent des théories « observatrices », on peut
seulement dire qu'ils observent. Observer ce qui se
passe dans une nation est une chose, mais
comprendre ce qui se passe en est une autre. On
peut regarder ce qui se passe au Moyen-Orient... Je
veux parler de la différence entre observer et
comprendre.
Aujourd'hui, à la fin du XXe siècle, il est très
important pour l'homme de comprendre ce qu'il
observe. S'il ne fait qu'observer sans rien com¬
prendre, il vit la déprime. Celle-ci peut être grave
parce qu'il y a quand même des événements
aujourd'hui qui ne sont pas aussi normaux que ceux
que nous vivions auparavant, même s'il y a toujours
eu de l'anormalité.
L'homme, les masses, les médias, tous sont
assujettis à une suite d'événements chocs que toute
l'humanité va vivre. Elle connaîtra des événements
qui, cosmiquement parlant, ne sont pas compris mais
qui, sur le plan de l'observation, vont créer beaucoup
d'inquiétude chez les parlementaires. Quand je parle
des parlementaires, je ne parle pas simplement des
parlementaires au Parlement, je parle de ceux qui
parlementent dans les journaux.
L'homme aura besoin de beaucoup de savoir,
de beaucoup de points de référence à mesure qu'il
87
arrivera vers la fin du cycle. Lorsque nous parlons
de l'homme, nous ne parlons pas nécessairement de
l'humanité. L'homme, pour moi, ne fait pas partie de
l'humanité. L'homme conscient, l'homme nouveau,
ne fait pas partie de l'humanité. Il a un corps,
comme en ont les membres de l'humanité, mais il n'a
pas le même esprit. Il ne réagit pas de la même
façon vis-à-vis du terrorisme, par exemple. Ce qui
se passe est normal, c'est écrit.
L'homme conscient sait très bien que
l'humanité est actuellement en voie de profondes
transformations qui l'amèneront éventuellement à un
nouvel équilibre. Mais aujourd'hui l'humanité est
dans une phase de transition où le déséquilibre est la
règle du jeu. Ce déséquilibre fait partie de toute
l'accumulation énorme des forces karmiques de
l'humanité. De cette phénoménologie globale ne
peut ressortir que de la conscience individualisée ;
ainsi, quoi qu'il arrive dans le monde, l'individu n'en
souffre pas.
Ce que votre psychanalyste dit concernant la
province de Québec qui renie ses mythes et s'éloigne
de sa religion, c'est juste en tant qu'observation, et
aussi c'est dangereux. Dangereux veut dire quoi ?
Que veut dire un psychologue quand il dit que c'est
dangereux ? Avez-vous déjà vu ou entendu parler
d'un peuple qui a disparu parce que c'était
dangereux ? Les peuples transmutent, ils sont
comme du matériel plastique.
88
Le peuple québécois, à travers ce qui se passe,
transmute et se développe rapidement. Il supporte
beaucoup plus la disparition des mythes que les
psychologues. Les psychologues ont besoin des
mythes et des mythologies pour mesurer le
comportement humain, et les lésions dans le corpus
québécois. Ils veulent savoir jusqu'à quel point
l'absence de mythe crée des lésions dans la psyché
québécoise. Mais en réalité, le seul problème qui
affecte le peuple québécois est un problème
économique. Le peuple québécois est en train de
développer une identité. Comme elle est lente à se
définir, cela crée des problèmes. Regarde-t-on le
peuple québécois ou les individus québécois ? Moi,
que le peuple québécois aille par ici ou par là, cela
ne change rien dans ma vie. Mais s'il y a des
individus québécois qui naissent et qui prennent
racine dans leur propre être, alors c'est phénoménal.
Et je puis vous assurer que, comme nulle part au
monde, le début de l'individualité intégrale se fera au
Québec. Elle se fait au Québec, elle naît au Québec.
Et à cause de cette individualité, ce que la masse
québécoise vit en parallèle, inconsciemment, est bon.
Que le peuple québécois s'allie par osmose à
l'Amérique, cela fait partie des forces cosmiques qui
travaillent à travers sa conscience sociale. Ceux qui
veulent maintenir le contrôle, qui veulent être
parentaux, ceux qui veulent être les autorités, ceux
qui veulent le pouvoir s'inquiètent où va aller le
peuple québécois. Va-t-il se marier avec l'Ontario
pour avoir un fils bâtard, ou se marier avec les
Américains pour avoir un enfant riche ?
89
Ces questions d'ordre psychologique sont
intéressantes parce qu'elles nous permettent
d'observer ce qui se passe ; mais ce n'est pas parce
qu'on observe ce qui se passe qu'on comprend. Il est
très dangereux de pouvoir observer ce qui se passe
dans le monde aujourd'hui si l'on ne comprend pas.
On observe tellement de chose qu'éventuellement on
vit une sorte de désorientation. L'aiguille de notre
compas devient folle. Cela fait partie de l'involution
et de l'évolution, du choc de deux mondes. Cela fait
partie du choc de deux vies, de deux époques. C'est
très normal.
Nous devons plutôt considérer l'évolution de
l'individualité. Les hommes qui en sont arrivés à une
conscience individualisée, quel que soit ce qu'ils
observent dans le monde de l'économie ou dans celui
de la politique, n'en seront pas affectés. La clé de
l'homme nouveau, elle est là. Tant qu'un homme est
affecté par ce qui se passe dans le monde, c'est qu'il
n'a pas la conscience suffisamment développée pour
pouvoir se libérer de ce qui se passe dans le monde
et qui l'affecte émotivement. Par exemple, il y a
aujourd'hui des problèmes en Arabie avec les otages.
Je parle de l'affaire Air India. Mais vous n'êtes pas
dans l'avion ! C'est pas vous qui êtes dans l'avion !
Si vous étiez conscients, vous ne seriez pas dans
l'avion. D'une façon ou d'une autre, vous ne pouvez
pas être dans l'avion.
90
FP - Est-ce une échelle de mesure de la conscience ?
BdM - C'est la seule. Moi, quand je vais en avion, je
me demande si c'est correct ? Si je me dis que c'est
correct, je m'en vais. Mais si je me dis qu'il ne faut
pas que j'y aille, je n'y vais pas. Ensuite, je regarde
descendre l'avion dans les eaux. C'est ma
prérogative. Cela fait partie de ma conscience.
Comme les hommes ont tous de la conscience en
potentiel, ils doivent par eux-mêmes en arriver à
pouvoir saisir ce mouvement subtil de l'intelligence
supramentale en eux. Pour ce faire, il faut que
l'homme en arrive à pouvoir supporter la solitude de
ce qu'il sait. Si l'homme nouveau est capable de
supporter la solitude de ce qu'il sait, même si les
mythes tombent et que les religions s'effondrent et
que d'autres religions se forment et se reforment, cela
ne change rien pour lui, car l'ensemble de ces
phénomènes appartient à la continuité de l'évolution
de la cinquième race-racine. Cela ne concerne en
rien l'évolution de la sixième. On vit un peu
aujourd'hui, sur le plan social mondial, la même
terreur qu'on pourrait vivre vis-à-vis la nature : les
volcans sautent, les rivières changent de lit et
pourtant on continue à bâtir nos maisons. C'est la
même chose au niveau de l'histoire, au niveau des
conflits qui sévissent aujourd'hui.
Ce n'est que dans son individualité intégrale
que l'homme devient un intouchable. À partir du
moment où il vit une conscience collective, grégaire,
il est touchable. Et s'il est touchable, il est
91
affectable. Et s'il est affectable, il est incorporable.
Et s’il est incorporable, alors on lui crée des mythes
pour qu'il soit bien dans sa peau. C'est ainsi fait.
FP - Toujours selon l'éminent psychanalyste-
psychiatre, «Les Québécois sont en train d'unifor¬
miser leur vécu comme en milieu socialiste au point
où cela est générateur d'ennuis. Et puis, ils sont si
transparents dans leur vécu qu'il ne leur reste
pratiquement plus d'identité personnelle. Le mystère
de ce qui doit rester cacher dans la vie, ce qui doit
être opaque n'apporte plus son appui. Il ne reste
plus rien, ici comme en Europe, de l'espace
personnel privé, de l'admirable mystère de
l'homme ».
BdM - Je vais vous parler de l'Europe pour vous
faire comprendre le Québec. L'Europe est un pays
qui s'est créé une âme synthétique. Elle a perdu son
âme, celle des jeunes années, celle des périodes des
épopées, elle a perdu l'âme des époques où il
devenait intéressant pour l'Européen de contester sur
le plan de l'idéologie et de vivre de la définition du
marxisme, ou du capitalisme, ou de l'existentialisme,
etc. L'Europe, pendant plusieurs années et jusqu'à
très dernièrement, s'est illusionnée intellectuellement
et a voulu se donner une image qui était de la
« coultoure ». Elle a essayé, grâce à ce grand
Charles de Gaulle, d'exporter de la « coultoure » au
Québec ; mais elle s'est aperçu que la « coultoure »
européenne n'intéresse pas le Québec, parce que
92
nous avons une autre « coultoure » qu'on travaille à
développer, mais dont nous ne connaissons pas
encore la forme. De temps à autre, il y a des
chanteurs et des artistes d'ici qui vont en Europe
présenter notre « coultoure » qui se recherche et les
Européens, qui ne sont pas habitués à cette sorte de
« coultoure », la trouvent intéressante parce qu’elle
permet aux Français de ne pas être seuls au monde.
Pour eux, le Québec est un peu comme un petit frère
quelque part qui va arriver un jour en disant : « Il y
a un lien entre nous. Vous n'êtes pas tout seuls. Ne
vous inquiétez pas. Vous allez au-delà des mers. Si
ce n'est pas au Québec, c'est en Louisiane. » La
France n'aime pas être seule : elle veut être regardée,
car elle est narcissique. Elle aime le miroir. Elle
aime la flatterie de sa langue. Quand le Français
parle, il s'écoute parler. Et tout ceci permet à la
France de continuer à maintenir une certaine
mainmise sur l'évolution de la « coultoure » fran¬
çaise.
Au Québec, depuis quelques années, le jeune
peuple a mis un peu de côté l'aspect archaïque de la
religion et a commencé à investiguer un peu plus les
aspects marginaux de l'irreligieux. Il a trouvé dans
ceci un intérêt qui est encore extrêmement lézardé
par des émotions et des illusions. Mais il s'est créé
dans la province de Québec un fond d'information
particulier à la province de Québec. Ce fond
nouveau s'étend de plus en plus et commence à
chicoter les oreilles parlementaires. Ce fond
d'information énerve parce qu'il déchire les mythes,
93
fait sauter les bébés éprouvettes des idéologies
anciennes qui veulent travailler avec une masse
nouvelle. Le Québec d'aujourd'hui est un peuple à la
fois nouveau et ancien, mais qui devient de plus en
plus nouveau. Les gens qui étudient socialement et
psychologiquement l'évolution d'une nation s'aper¬
çoivent qu'au Québec rien ne marche. Les paramè¬
tres qui aujourd'hui sont bons ne le seront plus dans
deux ans, cinq ans. On ne peut pas fixer la
conscience québécoise. On ne peut pas dire d'avance
que dans vingt ans le Québécois sera rendu à tel
point de son évolution. Cela fait partie de la richesse
et de la spontanéité du Québécois. Les Québécois
sont un grand peuple. Un beau peuple, naïf, encore
très spirituel parce que toujours lié à sa mythologie
et qui, un peu comme le peuple japonais, se voit
obligé de restreindre son affection pour la
mythologie s'il veut aller quelque part. Ce phéno¬
mène énerve les chefs d'œuvres, ceux qui « franc-
maçonnent », ceux qui veulent maintenir le pouvoir.
Et nous savons très bien que tous ceux qui sont le
produit des grandes études, qui ont des liens avec les
centres de recherche et des liens avec des niveaux
d'autorité, sont des gens qui se tiennent ensemble
comme des grappes de raisins. Ils sont tous des
raisins, de beaux raisins. Mais ce n'est pas contre le
raisin que l'on parle, nous parlons de la terre d'où
viennent les raisins. La terre québécoise est une
terre différente : les raisins y poussent différemment
et malgré eux-mêmes. Le psychologue québécois est
obligé d'être un raisin différent des raisins français,
différent des raisins allemands, différent des raisins
94
américains parce que la terre québécoise est
différente : son taux d'acidité est différent. Dans dix
à quinze ans, ces sociologues, ces psychiatres, ces
psychologues vont devenir des raisins très nouveaux
parce qu'ils seront nés d'une terre neuve. Ils seront
nés ou seront placés dans des contre-courants qui
sont jugés infâmes dans d'autres pays. Ils seront
obligés de faire des analyses qui frustreront leurs
diagnostics, qui ne seront pas facilement assimilables
parce que le peuple québécois possède une identité
qui est particulière à lui-même. C’est un peuple
initiatique. Tout peuple initiatique ne se comporte
pas comme les autres peuples. Même si, au niveau
de la masse, il ne le réalise pas, à travers les énergies
qui fusionnent, se diffusent et pénètrent les
consciences de ces hommes, il y a quelque chose de
différent qui se rend historiquement concevable et
historiquement observable. Le peuple québécois est
un peuple particulièrement différent du reste des
autres peuples en Amérique. C'est sa force et aussi
sa démesure. Celle-ci dure un certain temps, après
lequel le Québec doit s'ajuster, parce que ce n'est pas
un peuple suicidaire. Il y a beaucoup de stabilité
psychologique dans le peuple québécois, beaucoup
plus qu'on ne le pense. Sans oublier qu'il a aussi
beaucoup de sensibilité, ce qui accroît ses
possibilités de subir l'émotivité historique de
l'événementiel.
Ceux qui observent et analysent le peuple
québécois doivent comprendre ce qu'ils observent
s’ils veulent donner à ce qu'ils observent une valeur
95
créative au lieu de simplement lui donner une valeur
mémorielle. Comme cette dernière ne fait que réflé¬
chir le passé, elle crée dans le public qui reçoit de
l'information, de la tristesse, de l'amertume ou, chez
les parlementaires, de l'inquiétude politique.
Un peuple est une masse d'énergie
extraordinaire. Quand un peuple explose et se rend
un peu plus à sa conscience, il fait des choses qui
sont forcément mal perçues. Regardez la révolution
française. Si le monde occidental peut reconnaître
une grande chose à la France, c'est sa révolution de
1789. La révolution française a été faite par qui ?
Par des initiés. Amenée par des initiés puis soutenue
par les masses. Il était impossible alors d'aller en
Russie tsariste ou en monarchie anglaise ou dans
d'autres pays demander l'accord des souverains pour
qu'il y ait en France une explosion risquant de
compromettre tout le système monarchique
européen. Il y avait dans la conscience française une
énergie, une force qui a donné aux peuples mondiaux
la capacité de se libérer enfin du féodalisme et de la
monarchie, laquelle exploitait le peuple en se vantant
d'être supérieure et divinement douée. Cette énergie
française a rendu possible l'entrée dans le monde de
l'ombre de la démocratie.
Chaque peuple a une fonction. Un jour,
j'écrirai un livre qui décrira la personnalité des
nations. Qu'est-ce que le Japon, qu'est-ce que
l'Allemagne, qu'est-ce que la France, qu'est-ce que
l'Angleterre, qu'est-ce que le Brésil, qu'est-ce
96
qu'Israël, qu'est-ce que les peuples arabes, qu'est-ce
que l'Inde ? Chaque peuple a une fonction psychique
créative sur une planète. Et le mouvement
d'interrelation entre ces peuples est équivalent à
l'interrelation psychique entre deux personnalités
humaines. Les peuples ont des points forts et des
points faibles, des qualités et des défauts. La
diplomatie aide à neutraliser quelque peu ces forces
qui créent à l'intérieur des peuples une conscience
souvent souffrante. Nous devons commencer à
regarder ce qu'il y a de puissant chez le Québécois,
de fort, de créatif, même d'impulsif pour le moment,
pour voir sa trajectoire, la lignée de son évolution, au
lieu de regarder simplement des éphémérides qui
indiquent que le peuple québécois est en voie de
révolution psychologique, qu'il perd son contact avec
la religion, qu’il perd le contact avec ses pères
spirituels, qu’il perd le contact avec ses mythes.
Quand vous regardez un enfant qui grandit ou
un jeune qui, à un certain moment, vit une crise et
s’en va dans cette direction, il ne s'agit pas de le
mettre à terre, il s'agit de regarder dans quelle
direction il va et de comprendre pourquoi il y va. En
tant qu'hommes qui travaillons à l'intérieur de la
société québécoise, nous avons à voir et à sentir le
peuple, où ce peuple s'en va, comprendre les
courants psychiques qui, lentement, d'une façon
subtile, formulent la conscience un peu plus avancée
d'un peuple qui arrivera demain à prendre conscience
de choses qui laisseront l'Europe en arrière, et
l'Amérique, et l'Inde et l'Afrique et l'Amérique du
97
Sud en arrière. Parce que le peuple québécois est un
peuple initiatique. Tous les peuples initiatiques sont
régis par des forces qu'ils ne comprennent pas. Par
le passé, ces forces étaient infusées à travers une
mythologie ou une doctrine religieuse. Demain,
après l'an 2 000, le peuple québécois vivra son
messianisme à travers l'explosion dans le monde de
la vigueur d'une science qui n'a jamais été conçue,
même aujourd'hui, sur le plan de la technologie et de
la technocratie hydro-québécoise.
L’homme doit voir et comprendre ce qui se
passe au lieu de faire constamment référence à des
sautes d'humeur qui accompagnent la scission de la
vieille âme avec l'âme nouvelle, du vieux mémoriel
avec la conscience nouvelle. Le peuple québécois
est en voie de s'affranchir comme aucun peuple sur
la terre ne l'est aujourd'hui.
Pour les psychologues, les sociologues et les
psychiatres qui s'énervent, il s'agit non simplement
d'observer ce qui se passe dans la province de
Québec, mais d'observer ce qui se passe en eux, qui
reflète ce qui se passe dans la province de Québec.
L'homme n'est pas séparé de la société, mais il a
accès à une sorte d'intelligence individuelle qui lui
permet de comprendre facilement le social. Si un
homme est capable, individuellement, de comp¬
rendre et de savoir un autre homme, imaginez ce que
ce même homme est capable de savoir d'une société,
de ses courants, de ses émanations, de ses évolutions,
de sa trajectoire. Ensuite vous pouvez prendre une
98
plume et écrire dans un journal que le peuple
québécois, d'après vos observations, est en voie de
changements profonds, en voie de transmuter d'une
façon lente mais suffisamment rapide une relation
émotive avec un archétype spirituel.
Un jour, le Québécois pourra se présenter au
monde politique, au monde de l'économie, au monde
de la sociologie avec des idées neuves. Nous
pouvons déjà sentir ce changement chez certains
hommes dans la province de Québec, autant dans la
politique que dans l'économie que dans la sociologie,
qui commencent à ne pas penser comme tout le
monde pense.
FP - Est-ce que cette prise de conscience-là se fait
aussi au niveau des femmes ?
BdM - Effectivement. Et l'on blâme le féminisme.
Quand nous parlons d'évolution, il faut le faire sur
deux plans. Maintenant seulement, à la fin du XXe
siècle, nous pouvons commencer à parler d'évolution
sur deux plans : l'évolution sur le plan individuel,
intégrai, et l'évolution sur le plan social.
Éventuellement, il y aura séparation des deux, mais
respect de l'un pour l'autre.
Si nous regardons l'évolution de la province
de Québec sur le plan des femmes, remarquons que
les femmes d'ici ont été assujetties à la domination et
à l'autorité mâle autant que les femmes européennes.
99
Seulement, les femmes au Québec n'avaient pas la
capacité de se manifester en parole autant que les
femmes européennes. L'évolution du féminisme au
Québec s'est fait tard et aujourd'hui les femmes sont
en train de prendre conscience, sur le plan social, du
besoin d'appartenir comme les hommes à une
machinerie qui sert à les nourrir et à satisfaire leurs
besoins. Sur le plan collectif, il y a toujours et il y
aura toujours des abus. La féministe fera des abus
comme il y aura des abus dans d'autres domaines.
Les abus font partie de la conscience involutive d'un
peuple et appartiennent aussi à l'expérience des
individus. Il y aura des féministes d'aujourd'hui qui
deviendront demain créatives, elles n'auront plus
besoin de cette forme d'identité de féminisme pour
être bien dans leur peau. Aujourd'hui, le féminisme
est une forme de béquille, comme la religion en est
une, comme l'affectation pour certains partis
politiques idéologiques en est une autre. À travers
ces phénomènes, l'homme prend de l'expérience. À
partir du moment où des féministes deviendront
conscientes, alors elles seront libres et ne seront plus
attachées psychologiquement au féminisme comme
l'homme nouveau, l'homme conscient, n'est pas
attaché psychologiquement à l'économie, à la
politique ou aux conditions sociales. Cet homme est
libre mais il travaille en relation avec ces sphères de
l'activité humaine. Il est bien avec elles. Si la
politique d'un pays fonctionne mal parce que celui-ci
n'a pas le cerveau de se donner un parlement
intelligent, l'homme est libre de partir. Si l'économie
fonctionne mal, si les aspects sociaux lui déplaisent,
100
il est capable d'aller ailleurs. L'homme conscient est
libre. La terre est sa planète, la terre est sa patrie.
Mais comme il est né au Québec et qu'il y a des
attaches, comme il y a chez lui quelque chose de
valable, il s'occupe d'y vivre tant que cette forme de
vie lui convient. Mais l'homme conscient n'ira pas se
battre dans le politique ou l'économique ou le social,
car il n'a plus de temps à perdre. L'homme conscient
ne peut pas travailler sur le plan de la conscience
collective. S'il le fait, il va le faire par voie
interposée, d'une façon anonyme. Il est plaisant de
travailler dans une société quand on est anonyme.
Aller faire du porte à porte, pour parler de ce que l'on
sait à des masses qui ne peuvent pas comprendre
parce qu’elles font partie d'un autre âge, c'est perdre
son temps. Le féminisme au Québec était nécessaire
comme il était nécessaire dans tous les pays. Cela
fait partie de l'évolution sociale et non de l'évolution
individuelle. Cela ne fait pas partie de l'évolution de
la conscience de l'homme, mais plutôt de l'évolution
de la conscience grégaire de l'homme. Il y a des
féministes aujourd'hui qui sont aussi emprisonnées
dans leur féminisme que d'autres, qui ne le sont pas,
le sont dans leur absence. Passer de gauche à droite
ne change rien. Cela n'est pas de la conscience mais
plutôt de l'expérience fondée sur un besoin émotif de
se sécuriser. Mais l'homme ne peut pas se sécuriser
vis-à-vis du social. Il doit le faire vis-à-vis de lui-
même. Nous sommes obligés de donner au fémi¬
nisme sa valeur, sa fonction sociale évolutive,
comme nous sommes obligés de donner aux
révolutions leur valeur sociale évolutive. Mais un
101
homme conscient ne va pas aller faire la révolution
ou la guerre. Car les guerres et les révolutions
appartiennent au karma de l'humanité et de
l'individu.
FP - Quelle est la fonction du terrorisme
international ?
BdM - Sa fonction, sur le plan cosmique, est de
forcer les peuples occidentaux à s'unir afin de briser
la politique nationaliste qui a été imposée par
l'Europe, qui a été copiée sur la monarchie d'une
façon psychologique et qui empêche le monde
moderne de se développer un gouvernement
mondial.
Le terrorisme est un des grands et derniers
chocs qui vont servir à unifier enfin les
gouvernements, les nationalités, ce que j'appelle les
personnalités politiques des nations. Ils en
arriveront, ces peuples, ces présidents, ces
parlementaires, ces organismes, à fonder réellement
un gouvernement mondial au-dessus de l'impotence
archaïque des Nations-Unies. Voilà la fonction du
terrorisme, quand je le regarde cosmiquement. Bien
sûr, je ne peux pas être pour le terrorisme, pas plus
que je ne peux être pour la guerre.
FP - Parlons de l'état de la télévision, aujourd'hui,
dans le monde. Avec quinze, vingt, trente chaînes,
102
c'est un outil qui pourrait être quelque chose
d'extraordinaire au niveau de l'éducation du peuple
ou des masses, alors que l'homme s'en sert comme
d'un instrument d'abrutissement.
BdM - Si vous saviez la différence entre de la
conscience et de l'inconscience, si vous saviez le
pouvoir de la conscience, si vous saviez ce que la
conscience pourrait créer comme bouleversement
dans le monde de l'inconscience ! Tout ce qui se
passe dans le monde fait partie de la conscience
expérimentale de l'humanité. Nous vivons un cycle
dans lequel des pouvoirs énormes manipulent tout le
matériel. C'est à la fin du cycle, lorsque sera
reconnu dans le monde ce que l'on peut appeler
aujourd'hui le grand initié, qui travaillera à partir
d'un corridor éthérique, qu'il se produira des
changements profonds pour l'évolution et la synthèse
de la civilisation occidentale. D'ici là, tout ce qui se
passe fait partie des bonnes intentions des hommes,
de leurs erreurs, de leur concupiscence, de leur
inconscience. Avec le temps, il y a de plus en plus
d'ajustement, de plus en plus de conscience sociale
capable de mettre de l'ordre dans un certain désordre.
Il y a effectivement, dans nos pays surtout, beaucoup
de démocratie, mais il y a aussi beaucoup d'activités
anti-homme. Ces dernières font partie de l'impos¬
sibilité pour les humains de converger sur le plan
technique vers l'exploitation maximale d'une science
technologique, car tous les hommes n'ont pas encore
vécu ce que j'appelle le grand choc. Lorsque les
hommes auront vécu ce grand choc, vous verrez
103
toute cette instrumentation technologique changer de
direction et commencer à être utile à l'humanité,
autant sur le plan de la pollution que sur ceux de la
technique, de l'information ou de la désinformation,
car tout sera modifié. Mais il n'y aura pas de chan¬
gement tant que ce personnage ne sera pas connu
dans le monde. Alors seulement des changements
surviendront, car la descente sur la planète terre des
forces supra-mentales concrétisées dans le cerveau et
la personne humaine de cet être-là sera l'expression
des forces cosmiques. Aucun gouvernement, aucun
ordre, aucune religion, rien ne pourra empêcher la
réorganisation psychologique de l'humanité, la
réintégration sur terre d'un nouveau pouvoir évolutif.
Cela fera partie du nouvel âge. Aujourd'hui, nous
expérimentons parce que nous avons énormément de
contacts karmiques avec les Atlantes ; nous sommes
en train d'expérimenter une nouvelle technologie qui,
de par sa propre mécanicité, ouvre constamment des
portes. À cause de sa passion, de sa concupiscence,
de son besoin de créer sans cesse à partir du bas,
l'homme est obligé de créer, changer, créer, changer,
au lieu de développer et de maintenir une continuité
dans les produits. Voilà pourquoi il existe
aujourd'hui une véritable cacophonie dans la
production mondiale de toutes les choses, et l'homme
est celui qui est exploité sur le plan marketing,
politique, social, à tous les niveaux. Voilà pourquoi
je dis que nous entrons dans l'époque de
l'individualité intégrale. Comme jamais auparavant,
l'homme ne peut plus se permettre de penser comme
l'homme ancien, de subir sa vie comme l'homme
104
ancien et d'être affaissé émotivement par ce qui se
passe d'une façon discontinue dans le monde.
L'homme, dans sa conscience individualisée,
n'est plus affecté par ce qui se passe dans le monde.
Si nous observons ce qui se passe dans le monde et
que nous ne comprenons pas ce qui se passe dans le
monde, nous sommes affectés. Voilà pourquoi il
importe de comprendre et ensuite, lorsque nous
observons, de voir à ce que nos observations ne nous
affectent pas. Si nos observations nous affectent,
alors nous ne comprenons pas bien. Là réside le
danger, car c'est là que les masses sociales peuvent
vivre une défaillance psychique qui, sur le plan
individuel, devient une dépression, ou un
mouvement vers le suicide, et ainsi de suite.
Quand je parle de l'homme, je parle toujours
de l'homme individualisé. Je ne parle jamais de
l'humanité. Je sais que sur le plan de l'humanité, il y
a des choses qui doivent être vécues. Je vous dis par
exemple que, au XXIe siècle, il y aura sur notre
planète l'ouverture d'un tunnel éthérique et que
l'ouverture de ce plan parallèle avec la matière
permettra à des hommes d'entrer en contact avec une
nouvelle dynastie. Les hommes, télépathiquement
dans le monde, quelle que soit leur position
géographique, seront en contact avec une nouvelle
dynastie qui travaillera sur des plans qui ne font pas
partie aujourd'hui de l'expérience psychologique de
l'homme. Quand je regarde ce qui se passe dans le
monde, je vois que nous arrivons à une porte et que
105
plus nous arrivons vers la porte, plus la pression est
grande dans la porte : ce sont les événements
mondiaux. Je vois qu'à un certain moment cette
porte s'ouvre et que surgit alors la clarté, la lumière ;
c'est le choc qui permet à des individus de passer
dans une autre dimension, s'ils sont capables de vivre
cette nouvelle énergie, alors que d'autres meurent de
frayeur.
Lorsque nous parlons des événements
mondiaux et du terrorisme, il faut en parler d'une
façon intelligente. Je vous ai expliqué la fonction du
terrorisme international : sur le plan cosmique, il
force les nations à s'unir ensemble afin de briser le
nationalisme, cette psychologie parcimonieuse des
peuples, briser le manque de fraternité politique
entre eux. Forcer les peuples à prendre enfin des
décisions unanimes. Sur le plan cosmique, le
terrorisme est essentiel et nécessaire et il durera tant
qu'il sera nécessaire qu'il dure. Les peuples et les
nations ne pourront jamais arrêter le terrorisme parce
qu’il constitue l'ultime arme politique astrale. Car
l'arme ultime n'est plus la guerre. Aujourd'hui les
nations sont capables de contrôler la guerre mais ne
peuvent pas contrôler le terrorisme. Les nations ont
à apprendre à travailler ensemble pour créer un
monde nouveau. Nous vivons du terrorisme parce
qu'il y a des Américains, des Arabes, des Juifs, des
Français, des Allemands, et il y a des peuples qui ne
connaissent pas et ne comprennent pas l'esprit de ces
peuples. Chaque peuple a un esprit. Le Chiite
possède un esprit, comme le Palestinien a le sien,
106
comme le Juif, le Français, l'Américain, le
Canadien... Tous ces esprits doivent un jour être
unifiés. Mais l'unification est impossible aujourd'hui
parce qu'il n'y a pas de pouvoir créatif sur terre. Le
seul pouvoir qui existe est para-politique : le terro¬
risme.
Le terrorisme est simplement la continuité,
dans l'épreuve humaine, de sa politique insouciante,
inconsciente, souvent machiavélique, qui manque de
vision même dans les moments où il devrait en avoir.
Je n'ai aucune sympathie pour les gouvernements qui
ne savent pas gouverner.
FP - Assistons-nous alors à un changement de
valeurs ?
BdM - C'est un changement de valeur profond qui
terrorise le psychisme humain et permet à l'homme
de se rendre compte que la conscience collective et
les idéologies sont de l'engrais semé dans la terre
humaine pour faire pousser des mauvaises herbes.
Aucune idéologie sur notre planète n'est pro¬
homme ; elles sont toutes anti-homme. Nommez-
moi n'importe quelle idéologie, je vous démontrerai
qu'en fait elles sont toutes anti-homme. Ce n'est pas
quand ces idéologies germent qu'elles sont
dangereuses. Ni quand elles sortent du cerveau des
initiés. — Quand je parle des initiés, je parle de ces
hommes qui se fondent avec l'évolution, à un niveau
ou à un autre. - C'est quand elles sont manipulées
107
par ceux qui viennent après. Ce n'est pas le
Nazaréen qui est responsable du scandale de la
banque d'Italie. Ce n'est pas le Nazaréen qui est
responsable du blanchissage de l'argent, de la mafia,
à travers le Vatican, sous l'œil vigilant d'un grand
monseigneur. Ce n'est pas Marx qui a mis dans
l'esprit du communisme la tentation de vouloir
contrôler ce que l'homme pense, de lui dicter ce qu'il
a le droit de penser.
Si vous me demandez quel est le peuple
aujourd'hui qui est le plus intelligent de la terre, je
vous dirai que c'est le peuple chinois. Il a passé par
le féodalisme, qui a passé par une révolution, puis
par l'autre révolution, culturelle cette fois, et qui
aujourd'hui va aux États-Unis demander à ces
compagnies américaines de leur amener à Pékin un
« fast food » pour nourrir les masses. Ce peuple
regarde dans le monde ce qui se passe et qui serait
bon pour lui au lieu d'entretenir l'impression qu'il est
obligé de vivre une forme de communisme, qui ne
représente en fait que de l'exploitation des peuples
slaves.
Les philosophes français, comme Jean-Paul
Sartre et d’autres, et certains philosophes anglais ont
eu la responsabilité de maintenir dans la pensée
européenne l'espoir d'un marxisme-communisme
intégral. Ils se sont tous trompés.
108
FP - N'était-ce pas justement à l'intelligentsia de
dénoncer cet état de choses ?
BdM - Au lieu de le faire, ils se sont fait prendre
parce qu'ils ont pensé que, dans l'idéologie
communiste, il y avait de l'intelligence. Il n'y a pas
d'intelligence, il n'y a que de la démagogie. Ce qui
est intelligent, c'est de demander à un peuple quels
sont ses besoins. Et non pas imposer à un peuple ce
qu'on croit être ses besoins. Ce qui rend l'Amérique
forte, ce qui lui donne sa puissance économique,
c'est qu'elle est constituée de peuples venus de tous
les pays de la terre après avoir souffert l'oppression
sous toutes ses formes, de peuples qui n'en pouvaient
plus de se faire dire comment faire les choses. Ils
ont formé une nation qui, aujourd'hui, d'État à État,
possède une conscience unique : Californie, Alaba-
ma, Texas, etc. Ils ont tous une conscience unique et
toute cette conscience, ensemble, forme les États-
Unis d'Amérique. Là réside la force de l'Amérique :
en tant que nation, sur le plan de la régionalité
parlementaire, elle a maintenu une sorte d'indivi¬
dualité.
Si jamais les Russes entreprennent un conflit
avec l'Amérique, ils vont se faire sauter. Je regarde
cosmiquement les choses, c'est-à-dire sans émotions.
Quand Truman a laissé tomber les deux pruneaux sur
le Japon, il l'a fait pour dire aux Russes, qui sont les
grands antagonistes de l'Amérique, que « when you
can do it once, you can do it twice ». Depuis ce
temps-là, les Russes ont la frousse de l'Amérique.
109
Les Américains sont un peuple pacifique, ils ne sont
pas intéressés à la guerre, ils sont intéressés à Las
Vegas, aux buildings, à construire. Ce sont des
Romains, les Américains. Ils ne sont pas intéressés à
la guerre mais, poussés contre le mur, ils vont tout
foutre en l'air. Demandez à n'importe quel initié de
faire une étude occulte de l'Amérique et de la
Russie : il vous dira que l'Amérique est supportée
par les forces de la lumière, très loin, derrière
beaucoup de brume, et que la Russie est supportée
par les forces des ténèbres. Reagan avait raison sans
le savoir lorsqu'il disait que la Russie est l'empire du
mal.
Lorsque vous voulez parler de choses
semblables et répondre à des questions, il faut
toujours le faire cosmiquement, jamais
psychologiquement, jamais d'une façon universitaire,
toujours d'une façon qui maintient intégralement la
relation entre la conscience de l'individu sur terre et
sa conscience cosmique sur les autres plans. Alors
vous ne risquez pas de vous tromper, de parler pour
rien et de parler quand vous devriez vous taire.
Quand vous parlez, demeurez anonyme.
FP - Qu'est-ce qui nous permet d'accéder à cette
façon de voir les choses ? Comment franchir la
porte dont vous parliez plus tôt ?
BdM - La seule chose qui empêche l'homme de
franchir la porte est la crainte de ce qu'il pense. Les
110
hommes ont la crainte. Quand je parle, il m'arrive de
dire des choses qui vont parfois énerver des gens.
Mais je ne dis rien de neuf. Je parle d'une façon
nouvelle mais je ne dis rien de neuf. Ce que je dis,
l'homme le sait dans le fond de son être. Va-t-il
vivre ce qu'il sait ? C'est une autre chose ! Tous les
gens le savent. L'intelligence appartient à tous les
hommes, elle est diffuse dans tous les hommes.
Mais ils ont peur de la vivre, leur intelligence, parce
qu'avant de la vivre en public, comme moi je le fais,
il faut la vivre dans le privé, dans l'intériorité et le
doute de soi-même.
Le plus grand problème de l'homme est qu’il a
peur d'être dans l'erreur. Tous les hommes ont peur
de faire des erreurs. Qu'est-ce qu'une erreur ? Une
illusion ! Toutes les erreurs sont bonnes. L'homme
a peur de faire des erreurs, il a peur de se damner, il
a peur d'aller en enfer, il a peur de rencontrer Jésus
sur le mauvais côté de la scène. Et si au lieu de
rencontrer Jésus il allait rencontrer Satan... Satan,
c'est Jésus déguisé. Par la crainte de l'erreur, les
religions ont maintenu leur pouvoir sur la
psychologie de l'homme et infusé ainsi dans son
psychisme cette impotence séculaire qui a caractérisé
son involution. L'homme a peur de l'erreur. L'erreur
de quoi ?
FP - Est-ce que dans 2 000 ans nos descendants
parleront de la mythologie du sur-homme ou du
supra-mental ?
111
BdM - Non. L'évolution de la conscience supra-
mentale sur terre appartient à une autre forme de
conscience. Il n'y aura plus de mythes. Ce sera la
science. La mythologie, les religions, les spiritua¬
lités existent parce que l'homme n'est pas capable de
communiquer télépathiquement avec les circuits
universels. S'il en était capable, il saurait ce qui se
passe. Mais il ne peut pas, car il possède un mental
inférieur directement relié à son émotivité et cela ne
passe pas. Nous sommes tous radiophoniques, les
ondes passent dans notre cerveau et s'enregistrent.
Mais l'homme ne se sert pas encore de son cerveau.
Il apprendra à le faire avec le temps et deviendra
intelligent d'une façon intégrale.
112
113
MATIÈRE - VIE - ÉNERGIE
FP - Sujet très vaste que celui de l'énergie, de la vie
et de la matière. Sujet passionnant qui suscite
beaucoup de questions et peu de réponses, certaines
provenant de la science, d'autres de la religion, de
l'intuition pure ou de la métaphysique, notamment à
propos des causes de la vie et de sa finalité.
D'où vient le pouvoir qu'a eu la matière
d'engendrer l'évolution, la propriété progressive de
l'atome d'entrer en combinaison et en organisation
avec d'autres atomes, pour que la vie, puis l'homme,
apparaissent ?
BdM - La vie ne commence pas sur le plan matériel,
elle n'a rien à faire avec la matière. Ce que nous
appelons la matière est une condition de
condensation d'énergie qui résulte de la descente
vibratoire de ce que nous appelons des forces vitales
sur un plan rayonnant suffisamment bas en vibration
pour permettre que cette énergie s'organise en terme
de structure atomique ou moléculaire.
La vie telle que nous la connaissons sur le
plan matériel n'est que l'expression finalitaire, ultime
de cette descente d'énergie. Pour comprendre la vie,
il faut la définir. Elle ne peut pas être définie en
114
fonction des paramètres psychologiques qui sont
conditionnés par l'expérience sensorielle. La vie ne
peut être définie qu'en fonction du pouvoir de ce que
nous appelons aujourd'hui l'esprit. L'esprit est aussi
un mot qui doit être défini, car tous les mots font
partie d'un certain niveau de forces vitales rattachées
à un plan ou à un autre; tous les mots contiennent en
eux-mêmes les limitations expressives qui donnent
naissance, sur le plan humain, à une condition
quelconque de compréhension.
Pour comprendre le mot esprit, l'homme doit
être capable de se libérer de tout ce qui est mémoriel
afin de pouvoir créer des mots, c'est-à-dire un
système de pensée qui lui permet d'investiguer
créativement et individuellement, dans une
autonomie totale, le plan infini de la création.
L’esprit peut donner à l'homme des réponses qui
conviennent à la totalité organisée de l'énergie, il n'a
pas besoin de support psychologique, sensoriel ou
matériel pour interpréter la réalité. Mais l'homme ne
peut avoir accès à cette énergie, qui est supra-
mentale, qu'en fonction de sa capacité de laisser
couler en lui cette énergie, c'est-à-dire de ne pas
l'intercepter à travers le plan émotionnel ou à travers
le plan de sa mémoire. Alors l'homme peut
commencer à savoir ce qu'est la vie, comprendre la
relation entre la matière et ce que nous appelons la
vie, c'est-à-dire ces forces éthériques qui font partie
de l'organisation ultime de la conscience, mais qui
n'ont rien à faire avec ce que nous appelons la vie sur
le plan matériel, ou en fonction des globes existant
115
dans notre système solaire ou dans les univers
locaux.
Pour que l'homme comprenne la vie, il faut
qu'il soit lui-même en vie. Mais l'homme n'est pas
en vie. Il est plutôt un mort vivant parce qu'il vient
de l'astral, ce plan d'expérience qui est le produit de
l'activité de la mémoire. L'homme n'est pas un être
vivant, preuve en est qu'il n'a pas accès à
l'immortalité. L'homme est un être provenant de
plans qui sont sous-tendus par ce que nous appelons
les forces de la vie, plans qui font partie de
l'expérience de la mémoire des cycles de
réincarnations et qui n'ont pas accès à ce que nous
nommons la connaissance parce que ces plans sont
réflectifs, mémoriels et non créatifs.
Pour que l'homme ait accès à la connaissance,
il faut qu'il ait accès à une partie de lui-même qui est
en dehors du monde de la mort et qui appartient à ce
que nous appelons aujourd'hui l'esprit. Demain, nous
devrons redéfinir ce concept afin de faire sortir du
mot l'aspect ultimement autonome, multidimen¬
sionnel, ultimement libre du mémoriel, et qui permet
à l'homme de pouvoir enfin entrer en résonance
supra-mentale avec une énergie qu'on appelle vie,
mais qui s'applique à l'expression et à la coordination
de toutes ces forces vitales qui finissent sur un plan
inférieur appelé le monde matériel.
Lorsque nous parlons de la vie, nous en
parlons en fonction de nos sens, de notre système
116
nerveux, et non en fonction de son origine. Pour que
l'homme puisse avoir une idée suffisamment précise
de l'origine de la vie, il faut qu'il soit lui-même
présent dans son origine, présent dans ce que nous
appelons l'intelligence supra-mentale ou intelligence
pure, ou intelligence déconditionnée, libre des
différentes facettes mémorielles infusées en lui par
l'expérience historique de l'humanité, de sa civili¬
sation, de sa culture, de sa race. L'homme doit être
absolument libre. Absolument indépendant dans son
esprit pour pouvoir avoir accès à l'aspect créatif de
son esprit, qui fait partie de cette vie individualisée
dans sa chair, mais capable de lui donner des
réponses qui ne sont ni colorées ni colorables par les
formes de l'ego.
L'ego ne peut pas contrôler ce que nous
appelons la connaissance, ou le savoir. Le savoir est
de l'intelligence et de l'intelligence ce n'est pas ce
que nous appelons de l'intelligence. De l'intelli¬
gence, c'est simplement de l'énergie. Alors que ce
que nous appelons l'intelligence est plutôt une forme
basée sur l'accumulation des aspects psychologiques
de notre race pendant des millénaires. Ces formes
ont ainsi atteint une certaine autorité du seul fait
qu'elles remplissent une fonction historique,
psychologique, collective qui, tout en différant de
l'intelligence, concerne un certain niveau de
compréhension ou d'expérience psychologique que
nous appelons, sur notre planète, la connaissance
humaine.
117
La vie est absolument libre de l'homme. Elle
fait partie de l'homme, l'homme est libre en elle et ne
peut pas la conditionner sur le plan psychologique
pour avoir ce que nous nommons le savoir, c'est-à-
dire pour avoir accès à l'infinité des dimensions de la
réalité, ce qui donne à l'homme la capacité de
comprendre tout. En passant de l'involution à
l'évolution, il doit tout comprendre parce que ne pas
comprendre signifie ne pas être intelligent.
Il faut un jour que l'homme en arrive à
pouvoir comprendre les lois de la matière comme les
lois de l'esprit, celles de l'émotion, celles de la
pensée. Il faut que l'homme sache ce qu'est une
pensée, d'où vient une pensée, ce qu'est la causalité,
ce qu'est la loi de cause et d'effet. Cette loi existe-t-
elle ? Le temps existe-t-il ? L'espace existe-t-il
comme nous le croyons ? Si l'espace et le temps
n'existent pas comme nous le croyons, ils doivent
exister d'une autre façon. Alors, il est essentiel que
l'homme comprenne les autres dimensions de cette
relation spatio-temporelle afin de définir des réalités
ou des aspects de vie qui dépassent le sensoriel et qui
l'amènent éventuellement à comprendre des aspects
de la matière beaucoup plus subtils que ceux que
nous connaissons.
Nous avons découvert depuis un certain temps
que l'atome est beaucoup plus subtil à l'œil que nous
n'aurions pu le croire au début. Maintenant que nous
entrons dans son monde, nous nous apercevons que
l'atome est toujours plus subtil à mesure qu'on
118
l'étudie. La science contemporaine fait face au
dilemme de l'infinité.
Qu'est-ce que l'infinité ? Parler de l'infinité
est une chose, mais nous devons savoir ce que c'est.
L'homme ne peut pas se permettre d'utiliser des mots
dont il ne comprend pas essentiellement la valeur ou
la nature. L'homme ne peut pas utiliser le terme
Dieu sans savoir ce qu'est Dieu, ni le terme âme, ni
rien d'autre sans savoir ce que veut dire ce qu'il
u t ilise. Sinon il reste un être conditionné par le
mémoriel, assujetti aux lois de l'involution, aux lois
de l'histoire, aux lois de la race et de la civilisation.
Et l'homme dans toute cette situation perd
éventuellement toute individualité, c'est-à-dire toute
créativité. Comme il devient ainsi incapable de
comprendre la relation entre la vie et la matière, il se
met à croire que la matière est à l'origine de la vie.
C'est une illusion. La matière est le produit final de
la descente de la vie dans les éthers du cos¬
mos. La matière a été créée en fonction d'un
besoin qu'ont certains niveaux d'intelligence de vie
qui ne peuvent pas prendre de formes dans les éthers
où elles vivent et évoluent, afin que, éventuellement,
lorsque cette matière aura donné naissance à des
composantes beaucoup plus complexes, tel l'homme
d'aujourd'hui, ces éthers, ces intelligences, puissent
entrer en fusion avec l'homme et créer sur la planète
terre comme sur d'autres planètes un homme
nouveau. Celui-ci sera capable de dépasser les con¬
ditions spatio-temporelles de sa sensorialité pour
entrer dans des conditions spatio-temporelles qui
119
relèvent de son corps éthérique, son autre nature, qui
l'amèneront à pénétrer les mystères de la vie, et à
entrer finalement en communication avec les
intelligences qui sont les créateurs des systèmes de
vie. Ceci amènera ainsi l'homme au cours des
siècles à en venir à converser avec la vie et à devenir
un maître de la nature, capable de créer sur le plan
où il est de la même façon que ces autres
intelligences créent sur les plans où elles s'exécutent.
L'homme ne peut pas être simplement le
produit statistique et mécanique d'une civilisation en
involution qui vit simplement sur les attributs
émotionnels de son historicité pendant des
millénaires. Ni le produit du conflit historique entre
les polarités créées par les différentes idéologies
présentes sur notre globe, que nous soyons en Orient
ou en Occident, dans telle religion, telle philosophie,
telle métaphysique ou telles écoles scientifiques.
L'homme doit devenir le produit unitaire d'une
conversion intégrale de l'énergie qu'on appelle la vie,
en une fusion capable de lui donner éventuellement
la capacité d'être libre. Il pourra ainsi engendrer sur
le plan où il est, à la mesure de sa capacité d'intégrer
cette énergie, de la même façon que d'autres
intelligences sur les plans qui sont aujourd'hui
invisibles à la plupart des hommes, peuvent
engendrer, en relation avec des cosmos dont la
spatio-temporalité dépasse de beaucoup les
dimensions de notre physicalité terrestre, nucléaire,
solaire, telle que nous la connaissons aujourd'hui sur
le plan de l'astronomie universelle. L'homme entre
120
dans une nouvelle évolution où il sera capable, à
cause de cette connexion avec les forces de vie qui
se rendront perceptibles à lui à travers une
conscience mentale supérieure totalement libre de
l'historicité, de comprendre les lois de la vie, de
l'involution, de la mort, de l'immortalité, les lois de
la science future, celles d'une science qui dépassera
de beaucoup la science mécaniste que nous avons
aujourd'hui. L'homme pourra enfin rencontrer son
destin, c'est-à-dire sentir pour la première fois en lui-
même qu'il fait bon vivre sur sa planète, même si
celle-ci est très éloignée dans le cosmos des grands
centres confédératifs de l'évolution. Il aura enfin
réalisé qu'il est vie. Tant qu'il n'aura pas réalisé qu'il
est vie, il ne pourra pas comprendre la matière, la
travailler avec son mental, la commander. Car il ne
saura pas qu'étant vie, il possède un esprit dont le
taux vibratoire est supérieur à la matière. Le taux
vibratoire de cet esprit, par les lois de la conséquence
inévitable de l'infinité versus le radium psycholo¬
gique de toute conscience matérielle, permet à
l'individu, sur une planète ou sur une autre, de
contrôler la matière, de l'ordonner, comme les
intelligences sur les autres plans ordonnent les
champs de forces qui font partie du cosmos éthérique
d'où nous, les hommes, sommes venus.
Du XXIe siècle jusqu'à la fin de la septième
race-racine, l'homme en arrivera éventuellement,
toujours sur le plan individuel, à pouvoir raccorder la
vie à la matière. Il comprendra la matière, en con¬
naîtra les limitations et pourra leur donner un taux
121
vibratoire qui permettra à la matière de devenir
encore beaucoup plus grande, beaucoup plus belle,
davantage assujettie aux lois du commandement
créatif de toute conscience créative, mais ajustée à la
conscience de l'homme.
Lorsque je dis que l'homme est un mort
vivant, je dis que l'homme vient du monde de la
mort. Il est, vit et connaît sur terre une simple
conscience mécanique. L’homme ne peut pas penser
par lui-même, il pense avec les pensées de sa
civilisation, de sa race, de sa culture. Il pense avec
les pensées de la mémoire. L'homme n'a aucune
individualité, il n'a aucune personne, il possède de la
personnalité mais n'a pas de personne. L'homme
devra passer de la personnalité à la personne. Alors
les mystères de la vie n'existeront plus pour lui, il
sera dans son essence, sur le plan matériel ou sur un
autre plan, mais il deviendra indivisible dans sa
nature. S'il doit laisser son corps matériel, il
maintiendra sa conscience et ne retournera plus au
monde de la mort, de l'astral ; il ne sera plus sujet
aux lois réincarnationnelles, ces lois des cycles de
vie, et il pourra poursuivre son évolution sur d'autres
plans en relation avec l'origine intelligente de son
énergie. Cette origine est son intelligence qui n'a
jamais été connue auparavant sur le plan de
l'expérience, mais qui le sera dès qu'il pourra
fusionner avec elle. Pour y arriver, l'homme doit se
désintoxiquer d'une façon totale de ce que nous
appelons le mémoriel psychologique de l'involution.
122
Les scientifiques affirment que l'hydrogène
est responsable de l'origine de la vie. Je vais vous
expliquer ce qu'est l'hydrogène. C'est une façon qu'a
l'énergie de se rendre évidente dans le monde spatio-
temporel. Un atome d'hydrogène est la condensation
de l’invisible dans le matériel, c'est le premier point
d'entrée de l'énergie de la vie dans ce que nous
appelons le spatio-temporel. Un atome d'hydrogène
représente déjà, sur le plan de la matérialité, un
aspect de ce que nous appelons de la conscience. Et
pourquoi est-il important cet atome d'hydrogène ?
Pour la simple raison qu'il est très simple. Il est le
plus simple des atomes et sa simplicité lui permet de
faire passer son énergie facilement avec d'autres
atomes avec lesquels il possède une affinité,
engendrant ainsi un processus d'agglomération qui
permet à la matière de se complexifier. L'atome est
la rentrée de la conscience dans une spatio¬
temporalité relativement basse en vibration mais
suffisamment stable pour permettre à l'invisible, à
l'énergie de la vie de se rendre consciente, c'est-à-
dire de prendre une forme. L'hydrogène représente
la forme la plus simple que possède ou que peut
posséder, sur un plan spatio-temporel, ce que nous
appelons la vie. Voilà pourquoi l'hydrogène est si
important. Le problème avec la science, ce n'est pas
la science en elle-même mais plutôt l'homme qui ne
connaît pas tous les aspects de l'intelligence créative.
Il ne peut pas travailler avec la matière d'une façon
qui soit parfaitement sécuritaire, créative, continue,
parfaitement capable de donner des résultats au bout
de deux siècles, trois siècles, quatre siècles, mille
123
ans, des résultats qui ne vont pas contre la
conscience de la terre ni contre celle de l'homme.
Voilà ce que la science n'est pas capable de créer.
Nous avons des déchets d'uranium et de
matières polluantes sur notre planète et plus nous
avançons, plus nous avons des problèmes de
localisation de ces matières. L'homme doit
neutraliser les aspects négatifs de cette matière qui a
été donnée par le choc de la fission. Il n'est pas prêt
pour donner à la matière une seconde naissance
parce qu'il n'a même pas connu sa propre naissance.
Un jour, l'homme découvrira que ce que nous
appelons aujourd'hui la connaissance scientifique est
une connaissance qui fait partie de la communication
télépathique inconsciente entre le plan de la mort et
le plan de la vie mortelle sur notre planète. Ce que
nous appelons la science n'est qu'un aspect de
connaissance extrêmement limité qui lui est soufflé à
travers ses pensées, inconsciemment et sans qu'il le
réalise, à partir d'un plan d'où il vient et avec lequel
il a eu pendant des siècles des relations : le plan
astral. Mais nous ne connaissons pas encore le plan
de la mort, nous n'avons pas suffisamment commu¬
niqué avec les intelligences qui sont sur ces plans,
dans ces mondes qui sont parallèles au monde de la
terre et nous ne réalisons pas que l'homme,
l'humanité dans sa totalité, est conditionné sur le plan
psychologique par ce que j'ai déjà appelé le
mensonge cosmique.
124
L'homme devra un jour transmuter l'énergie
en intelligence mais ne jamais vivre l'intelligence à
partir des formes qui relèvent d'une historicité
mécanique. L'homme devra engendrer sur terre ce
que nous appelons l'intelligence. Celle-ci n'existe
pas dans le cosmos en terme absolu. Elle est une
énergie qui doit être transmutée, elle doit être
amenée lorsque l'homme a des centres d'énergie
suffisants pour la capter. Ce que nous appelons
l'intelligence, la connaissance, cela n'existe pas.
Mais nous avons l’impression que cela exis¬
te. À partir du moment où l'homme a l'im¬
pression que la connaissance existe, la connaissance
à laquelle il a accès est une connaissance qui fait
partie du monde de la mort, car elle appartient à
certaines intelligences qui contrôlent l'involution. Ce
n'est pas une intelligence créée par l'homme.
L'homme un jour devra dire l'atome de ceci est fait
de telle façon. Les lois de la vie dans le corps
matériel sont faites de telle façon. Ce que nous
appelons dieu est telle chose ; l'espace est telle
chose, la matière est telle chose, le magnétisme est
telle chose, le feu est telle chose, les globes, les
systèmes solaires sont telles choses. L'homme devra
par lui-même définir sans aucune relativité la nature
des choses, sinon il sera toujours prisonnier des
formes anciennes de l'involution, prisonnier d'une
certaine hiérarchie de pouvoir de la connaissance. Si
nous parlons de l'homme encore moins évolué, plus
emprisonné dans l'astralité de la conscience humaine,
celui-ci sera prisonnier de la religion, des
sorcelleries, des idéologies, et ne pourra jamais sortir
125
de lui-même ni composer avec l'énergie : il ne sera
jamais lui-même.
Les mystères n'existent pas. Ce sont les
connaissances hiérarchisées qui découlent de
l'autorité séculaire des peuples, des nations, des races
qui ont donné à l'homme l'impression que les
mystères existent. Il revient à l'homme de définir le
réel ; ce n'est pas à l'historicité, à la conscience
collective, aux idéologies spirituelles ou temporelles,
de le faire. Ces aspects de l’involution font partie du
besoin émotionnel de l'homme. Une fois qu'il est
arrivé à un certain niveau de conscience supra-
mentale, il n'a plus besoin de cette béquille.
L'homme n'a plus besoin de la collectivité ou de la
conscience collective pour savoir. Il est libre de
contester toutes les formes parce qu'il a le pouvoir de
dicter sur le plan matériel les lois de l'énergie.
Quand l'homme est capable d'exercer ce droit sur le
plan matériel, il est capable d'entreprendre par lui-
même, à cause de son intégration avec sa propre
énergie, le grand acheminement qui le mènera de la
cinquième race-racine à la sixième race-racine
jusqu'à la septième race-racine pour l'amener
éventuellement à l'évolution jupitérienne. L'homme
doit être libre mais ne pourra jamais le devenir d'une
façon collective.
La conscience collective est une conscience
qui fait partie des besoins psychologiques du monde
de la mort d'interpréter, à travers l'émotion et le
mental de l'homme, des formes de vie capable de lui
126
donner, sur le plan de la mort, des modèles de vies
afin que l'homme puisse les reprendre et recontinuer
le processus d'incarnation. Un homme parfaitement
dans son individualité peut parfaitement respecter la
conscience collective et historique de l'humanité,
même si cette conscience historique dure depuis
douze, treize, quinze, vingt mille ans. Comme les
peuples, les nations, les races, les individus ont
différents niveaux d'évolution, un homme conscient
ne peut pas s'attendre à ce que les hommes aient sa
conscience. Tout ceci fait partie du grand
mécanisme de l'évolution. Il faut du temps. Les
hommes sont obligés de respecter les différents
niveaux de conscience collective. Mais l'homme
conscient, qui a commencé à composer avec son
énergie pour en arriver à développer ce que nous
appelons aujourd'hui, pour le temps présent, une
conscience supramentale — c'est-à-dire une con¬
science libre du mental inférieur, libre du mémoriel,
libre de l'historicité, libre de la conscience collec¬
tive —, un tel homme ne peut plus s'interroger
demain sur la nature des choses : il la sait, il la parle
mais il ne peut plus la penser.
L'homme doit savoir tout ce qui concerne sa
nature. Qu'est-ce que penser ? Qu'est-ce qu'une
question ? D'où vient la question ? Lorsque
l'homme a des questions dans sa tête, d'où viennent-
elles ? Les questions dans le mental de l'homme
viennent toujours du monde de la mort. Pensez-vous
que l'homme a besoin de vivre des questions pour
vivre ? Le phénomène de la question a engendré le
127
besoin de la connaissance et celui-ci a complètement
assujetti l'homme aux hiérarchies autoritaires qui ont
dominé occultement et non occultement l'histoire de
l'humanité pendant des siècles.
L'homme est un être de lumière. Il est fait
d'énergie. De l'énergie, c’est de la lumière. Et cette
énergie, cette lumière, si elle n'est pas diluée,
diminuée en vibration à cause de la conscience
collective de l'homme, à cause du mémoriel qui
s'unit à son émotion et enlève toute individualité,
comment voulez-vous que l'homme possède ce que
nous appelons une conscience universelle ?
Comment voulez-vous que l'homme puisse
communiquer universellement avec l'homme ?
Comment voulez-vous que le Juif et l'Arabe commu¬
niquent ? Comment voulez-vous que le chrétien
communique avec l'autre ? Comment voulez-vous
que les peuples de différentes idéologies politiques
puissent communiquer ? Il n'y a aucune universalité
dans la conscience humaine. L'homme est donc
obligé de vivre une relativité à travers des
expériences. Vivre d'expériences sur notre planète
fait partie de l'involution. Un jour l'homme cessera
de vivre d'expériences et ne vivra que de savoir.
Tant que l'homme vivra d'expériences, il sera
assujetti et il sentira quelque part en lui-même qu'il y
a quelque chose sur notre planète qui ne tourne pas
rond. Que ce n'est pas normal sur notre planète
d'être pauvre, d'être malade, d'être incarcéré par des
gouvernements autoritaires, de vivre la dislocation
que créent les différents fanatismes religieux. Il
128
sentira que ce n'est pas normal sur notre planète,
aujourd'hui, d'être humain.
FP - Cette question, que l'on se pose souvent, vient
justement du monde de la mort : qu'est-ce que
l'esprit ? Pour le scientifique, l'esprit est de
l'intelligence qui est localisée et qui est indissociable
du cerveau. Il y a là un paradoxe. Si l'esprit est
intelligence, comment se fait-il qu'il n'arrive pas à se
connaître lui-même puisqu'il se pose la question «
qu'est-ce que de l'esprit », et qu'il n'y a pas de
réponse ? Cent milliards de cellules se posent
pourtant la question pour tenter d'expliquer leur
propre comportement. Que se passe-t-il alors ?
BdM - Le cerveau humain est un radio. Il y a des
gens qui sont branchés sur CKVL, d'autres sur
CKAC. L'homme est branché sur différentes sources
d'émanations et il ne le réalise pas. L'homme
aujourd'hui est un peu comme l'Africain à qui l'on
apporte une télévision ou un radio et qui écoute le
son qui sort de cette boîte en croyant que la boîte
parle. Nous, les hommes, nous croyons que nous
pensons parce que nous avons un système sensoriel
qui a tendance à naturaliser notre conscience, c'est-à-
dire à donner à notre conscience l'importance
naturelle de sa manifestation lorsqu'en fait notre
conscience est quelque chose qui est sur les plans
invisibles, mais qui se sert de la matière pour
s'exprimer sur un plan matériel. Le phénomène de la
pensée, la conscience de la pensée, le mécanisme de
129
la pensée sera transmuté. Pendant l'involution, nous
avons été obligés de penser parce que nous étions
des êtres contrôlés par le monde de la mort,
incapables de supporter par nous-mêmes le poids du
savoir. Nous devions réfléchir sur la connaissance
afin de pouvoir nous approprier les vertus de cette
connaissance que nous avons, d'une façon ou d'une
autre, polarisée dans le bien ou le mal ou le vrai ou le
faux. Et toutes ces illusions qui font partie de
l'organisation psychologique de l'homme, en vue du
développement de l'ego, du développement de
l'expérience de l'âme, du développement de
l'involution, du développement du mental humain tel
que nous l'avons aujourd'hui, ont été nécessaires.
Mais nous entrons dans une nouvelle étape où
l'homme doit commencer à comprendre que la nature
de la conscience est en fonction de sa capacité
d'intégrer l'énergie de cette conscience d'une façon
totalement intégrale, c'est-à-dire assujettie d'aucune
façon à une conscience collective rendue dans
l'expérience de l'humanité, intuitivement ou
imperceptiblement transmise à l'homme à travers son
cerveau à partir d'autres plans qui font partie du
monde de la mort.
À partir du moment où l'homme aura la
capacité, la sécurité, la centricité de supporter le
savoir, il commencera à contester toutes les formes
du savoir et il entrera, naturellement, dans l'infinité
de la connaissance, c'est-à-dire dans l'infinité du
mouvement de l'énergie qui, en contact avec les
neurones, donne ce que nous appelons de la
130
connaissance. L'énergie ne devient de la connais¬
sance que lorsqu'elle frappe les neurones. Si l'hom¬
me sort de son corps matériel et qu'il va sur les plans,
que ce soit sur le plan astral ou sur le plan éthérique,
il ne vit pas la connaissance de la même façon, car il
ne se sert pas de son cerveau éthérique, de son
cerveau matériel. Lorsque l'homme sera capable de
vivre directement de l'énergie dans son mental, sans
avoir à supporter la valeur psychologique et
polarisée de cette énergie qui, sur le plan de notre
question vis-à-vis de tout ce qui existe, nous amène
toujours à la confrontation du vrai ou du faux,
l'homme commencera à être libre dans son mental.
Le vrai et le faux n'existent qu'en fonction de la
relativité pensante de l'homme. Dans l'intelligence
créative, il n'y a pas de vrai ou de faux. Les aspects
polarisés du Yin et du Yan que les Hindous nous ont
amenés dans le monde occidental font partie des
hautes constatations psychiques des mondes astraux
et non de la réalité ergonomique du mental créatif de
l'homme. L'être humain, qu'il soit occidental, orien¬
tal ou qu'il vienne de n'importe quelle partie de la
terre, ne peut plus être assujetti à aucune forme de
connaissance parce que toutes les formes de
connaissance sont polarisées, elles contiennent en
elles-mêmes les valeurs très subliminales du
mensonge cosmique.
Prenons le concept de dieu. À un certain
moment de l'involution, l'homme a eu besoin de
savoir qu'il y a dans le ciel, dans certains éthers, un
certain personnage grandiose qu'on appelait Dieu.
131
Naturellement, cette forme de dieu a évolué au cours
des siècles. Mais qui a donné à l'homme le concept
de dieu ? Il a été donné à l'homme par intuition à
travers des hommes qui étaient connectés pour une
bonne raison à ce que nous appelons les mondes de
la mort, afin de permettre à l'homme de pouvoir
supporter sur terre la grande solitude non créative de
son ego. Si en chaque individu on éliminait la con¬
science psychologique, c'est-à-dire son besoin émotif
de se rattacher à une infinité quelconque, nous
verrions que s'il est moindrement spirituel il vivra
alors une sorte de dépression. L'homme veut
appartenir à quelque chose parce qu'à ses yeux il
n'est rien ; on lui a créé un quelque chose de
synthétique tellement infini, tellement grand, que lui
est devenu rien. Cette illusion psychologique a été
nécessaire, elle fait partie de l'histoire des religions et
des métaphysiques qui ont marqué l'involution, mais
elle ne pourra pas être continuée dans la conscience
individualisée de l'homme du XXIe siècle. Je parle
de la conscience individualisée de l'homme du XXIe
siècle, et non de la conscience collective de l'homme
du XXIe siècle. Un homme conscient a la capacité
créative d'intercepter toute forme dans son mental,
de la contester d'une façon absolue et de lui
redonner, à partir de son propre mental, la note
vibratoire dont il a besoin pour savoir. C'est l'hom¬
me qui a la capacité de donner à la forme mentale la
note vibratoire nécessaire pour entrer dans le savoir,
c'est-à-dire pour pouvoir vivre de l'équilibre entre ce
qui est mentalement émotif et ce qui est mentalement
pur. Un homme qui n'a pas d'émotion dans le mental
132
n'a pas besoin de l'émotion pour supporter la valeur
psychologique de l'infinité de ce qu'il sait. Un
homme qui est libre dans le mental, qui a finalement
eu accès au centre de lui-même, c'est-à-dire à la
totalité des composantes psychiques qui coordonnent
toute l'activité de son énergie à travers son matériel
jusqu'à son mental supérieur, n'a plus besoin de
connaissance. Il n'a simplement qu'à parler et ce
qu'il dit devient de la connaissance ; mais ce qu’il dit
n'est pas pour lui, c'est toujours pour les autres.
Voilà un grand signe du savoir. Un homme qui sait
n'a pas besoin de savoir. Un homme qui sait n'a pas
besoin de connaissance. S'il est créatif et qu'il peut
parler parce qu'il a un mental supérieur qui est libre
du mémoriel et qu'il a un cerveau suffisamment en
santé pour canaliser cette énergie, cela fait partie de
sa créativité. Un homme conscient n'a pas besoin de
savoir quoi que ce soit : il est riche. La connais¬
sance fait partie du mouvement de l'énergie de
l'intelligence à travers l'homme conscient pour
l'évolution de la conscience humaine. L'homme
conscient n'a pas besoin de connaissance. Si vous lui
demandez une question, il vous répond. Et ensuite,
il n'a plus de mémoire de ce qu'il vous a dit : il est
libre. Voilà ce que l'homme doit comprendre, pour
en arriver un jour à être capable de concrétiser dans
sa vie ce qu'il a toujours su intérieurement. Nous
avons l'impression que les hommes sont des idiots,
qu'ils ne savent pas ceci ou cela. C'est une illusion.
Les hommes savent. Tous les hommes savent. Ils
n'ont pas la même fréquence, ils n'ont pas la même
vibration, il n'ont pas la même capacité parce qu'ils
133
n'ont pas vécu les mêmes souffrances sur le plan
mental, c'est normal. Mais tous les hommes savent.
Pourtant nous ne donnons pas une chance aux
hommes de prendre conscience qu'ils savent. Car
aussitôt qu'ils disent quelque chose qu’ils savent, on
leur dit que leurs propos sont inacceptables : on
n'enseigne pas ceci à l'université ; la religion ne
nous dit pas cela ; qui es-tu pour parler de Dieu,
comme un cardinal m'a déjà dit. Quels privilèges
possèdent les hiérarchies idéologisées pour parler de
l'infinité ? Est-ce qu'il y a quelqu'un sur la planète
qui a ce privilège, qui a été désigné par ce dieu ?
Qui lui a donné une clé du tabernacle du savoir ?
Est-ce qu'il y a quelqu'un dans le monde qui possède
ceci et qui doit être écouté avec autorité ? L'un va
dire oui ! L'autre va dire oui ! Le savoir appartient à
l'homme individualisé, il n'appartiendra jamais à
l'homme qui a une conscience collective, parce que
le savoir ne peut pas être compris. Il peut être su
mais il ne peut pas être compris. Et tous les hommes
qui sauront, au cours de la prochaine évolution de la
sixième race-racine et de la septième, ils sauront
pour eux-mêmes, ils parleront avec d'autres qui
savent. Ils n'auront pas à être compris parce qu'un
homme qui sait n'a pas besoin d'être compris. Un tel
homme n'est pas intéressé à la connaissance, mais
plutôt à échanger avec des hommes qui savent.
Quand les hommes sauront, on ne parlera plus de
connaissance. C'est cela la prochaine évolution.
Et la qualité naturelle de cette prochaine
évolution prophétisée par Aurobindo et maintenant
134
enseignée en terme d'instruction dans cette province
de Québec, l'aspect fondamental de cette instruction
relève du fait qu'aujourd'hui il y a des hommes sur
terre qui savent. Ceux-ci seront naturellement
obligés, parce que cela fait partie de leur conscience,
de parler, d'écrire. Ils ne sont pas pressés : 2 500
ans, ce n'est pas long. Ils pourront, lentement,
disséminer le matériel, donner des clés à l'homme
qui ne sait pas pour qu'il en arrive à savoir. Un jour
l'homme saura. En attendant, il faut s'occuper de
notre survie matérielle. La recherche personnelle, la
grande recherche intérieure, cela fait partie de
l'involution, du jeu entre le monde de la mort et le
monde de la vie : c'est une illusion. Rechercher
quoi ? Qu'on fasse de la recherche pour appliquer
des choses en science, c'est légitime. Mais qu'on
fasse de la recherche intérieure pendant 10 ans, 15
ans, 20 ans, 30 ans, 40 ans, 50 ans... Un jour il faut
arrêter. L'homme sait. Mais il ne sait pas qu'il sait.
FP - L'homme a pu se passer, pendant des
millénaires, du comment de l'évolution mais c'est
très différent au niveau du pourquoi. Il veut savoir
s'il a une destination finale, s'il est le fruit du hasard
ou de la nécessité. C'est un grand débat. Pourquoi
avoir un vaisseau de plus en plus puissant et de plus
en plus rapide, si l'on a ni boussole, ni destination ?
BdM - Il y a des hommes dans le monde aujourd'hui
qui sont en train de fournir la boussole. Ceux qui
veulent savoir où est le nord ont simplement à
135
s'organiser, dans un temps quelconque, pour
rencontrer ces vendeurs de boussoles. Il y a des
hommes dans le monde qui ont la boussole et c'est à
l'homme de rencontrer ceux qui ont la boussole.
Mais les hommes qui rencontrent ou qui
rencontreront ceux qui ont la boussole doivent
comprendre ceci : la boussole d'aujourd'hui est une
nouvelle boussole, ce n'est plus la boussole de la
connaissance, qu’on obtenait en allant dans une école
pendant dix ans afin de devenir un maître, en passant
d'un degré à un autre degré pour monter la
montagne. Il n'y a plus de montagne parce que les
montagnes faisaient partie de la hiérarchie : en haut
de la montagne, il y avait toujours un petit maître qui
dirigeait tout le monde. Ce temps est fini. Les
hommes sont libres, les hommes sont eux-mêmes, ils
doivent devenir eux-mêmes maîtres de la vie. Ils
n'ont pas à vivre de l'autorité de quelqu'un. Les
hommes peuvent bénéficier de quelqu'un pendant un
certain temps, le temps d'un coup de pouce ; mais un
jour ils doivent vivre de leur propre énergie. Les
maîtres ont servi, ils ont fait un travail important
pendant l'involution. Les maîtres ne peuvent plus
contester l'évolution, car ils savent que leur travail
est fini. Qu'ils viennent de l'Orient ou qu'ils viennent
de l'Occident, leur travail est fini. Aujourd'hui, avec
le taux vibratoire de cette instruction mondiale qui se
diffuse dans le monde, il n'y a plus d'hommes qui
peuvent se permettre de passer leur temps à courir
des maîtres, à la recherche de quelque chose, alors
qu'eux-mêmes savent. Il y a des clés dans le monde
maintenant, c'est à nous de nous servir de ces clés et
136
de nous affranchir une fois pour toutes des maîtres,
des écoles, de tout ce qui est institutionnalisé, de tout
ce qui est personnalisé.
Quand je dis que l'homme est un être de
lumière, je le dis d'une façon absolue. Il possède
tout le matériel nécessaire pour avoir accès à cette
infinité d'énergie que nous appelons, lorsqu'elle est
rendue, du savoir. Mais si l'homme se lie à des
symboles, si l'homme se lie à la mémoire, si l'homme
se lie au besoin émotionnel d'être sécurisé par un
autre dans ce qu'il sait, cet homme ne pourra jamais
développer une conscience supérieure.
D'ailleurs, pour que l'homme finalement passe
de l'involution à l'évolution, il faut qu'il vive la
grande solitude, sa grande solitude, afin de supporter
le poids de ce qu'il sait, sur ses propres épaules, seul.
Après, tout va bien parce que la vie est très facile.
La vie devient facile lorsqu'on est en vie, mais tout
va très mal lorsqu'on est un mort vivant. Voilà
pourquoi l'homme moderne souffre.
FP - Notre science nous dit également que la
matière progresse par stratification stabilisée, c'est-
à-dire qu'elle passe de l'atome à la molécule, qui
engendre la base, l'acide aminé, qui forme la cellule,
et il en est de même pour la vie, au niveau de l'ADN.
Dans une échelle de complexité croissante de
stratification stabilisée, est-ce qu'on peut faire un
parallèle avec la conscience ?
137
BdM - Très juste. Il y a un parallèle avec la
conscience parce qu'au fur et à mesure que la matière
se complexifie, qu'elle passe par ces strates
parallèles, la conscience aussi évolue. Comme il n'y
a pas dans le cosmos de perte d'espace, il n'y a pas
dans le cosmos de perte d'opportunité à l'énergie. Si
la matière évolue, c'est parce qu'il y a de la
conscience qui évolue. S'il y a le passage de la vie
d'un état absolument simpliste, primitif, à un état très
complexe comme l'homme, il y a de la conscience
qui va avec ce processus. L'homme a été créé sur
notre planète parce qu'il y avait un besoin pour cette
forme complexe d'absorber un certain taux vibratoire
d'énergie à partir du moment où il allait posséder le
centre mental nécessaire. Voilà l'homme nouveau.
Dès que la vie se complexifie, la conscience aussi
devient de plus en plus vibrante. La vie qui se com¬
plexifie est toujours le résultat de l'activité dans les
mondes invisibles de la conscience. Les deux vont
ensemble.
FP - Qu'est-ce qui est venu le premier ? Le plan
physique ou le plan astral ?
BdM - Le plan physique est le dernier des plans, c'est
le dernier des mondes.
FP - Mais pour que le plan astral existe, est-ce qu'il
a fallu d'abord qu'il y ait un plan physique ?
138
BdM - Pas nécessairement. Dans le monde de la
mort, ce que nous appelons les âmes, ou les
mémoires, ont été de plus en plus développées au
cours de millénaires grâce à l'expérience de l'homme.
Mais il y a eu des entités qui sont venues d'autres
planètes pour habiter le monde astral de la terre afin
de pouvoir finalement converser avec l'homme.
FP - Les planètes physiques également ?
BdM - Effectivement, mais ces planètes physiques
ne font pas partie de notre système solaire. Le plan
matériel est le dernier des plans. L'univers matériel
est la plus petite configuration de l'énergie. Si l'hom¬
me pouvait voir à travers ses centres psychiques des
aspects des mondes invisibles, il verrait que les
mondes invisibles sont beaucoup plus vastes,
beaucoup plus populeux que les mondes matériels.
La matière est venue en dernier et elle a servi de
connexion entre les plans invisibles de l'astral et le
monde de la matière, de sorte que nous avons
aujourd'hui l'homme, avec un ego et différentes
composantes. Cet ego vit une conscience expéri¬
mentale, car l'homme ne vit pas encore sur la terre
une conscience créative. Il vient sur terre avec un
plan de vie ; souvent il est obligé de vivre ce plan de
vie pendant des années et des années, de mourir et de
retourner à l'astral avant de revenir dans le cadre d'un
autre plan de vie. C'est de l'esclavage, c’est de la
comédie humaine. La vie sur terre est une farce
parce que l'homme ne la connaît pas. L'homme est
139
ainsi parce qu'il a donné sa confiance à des formes
de pensées qui sont contrôlées par des systèmes
hiérarchisés d'autorité, tant sur le plan temporel,
spirituel que métaphysique.
L'homme ne peut pas se permettre de vivre en
fonction d'une autorité. Il doit être lui-même sa
propre conscience. L'autorité était nécessaire dans le
passé parce qu'elle devait organiser l'homme en
fonction de certaines agglomérations que nous
appelons les sociétés, les races, les cultures. Tout
cela appartient à l'homme matériel de l'involution.
Nous parlons maintenant de l'homme futur,
conscient, immatériel, de l'évolution. Nous parlons
de l'homme nouveau, d'un autre être qui n'est pas
régi par les lois planétaires mais plutôt par les lois
cosmiques, les lois de sa propre énergie. Et ce
passage sera difficile. Les hommes ne passeront pas
de l'involution à l'évolution avec facilité. D'ailleurs
Jean XXIII avait raison quand il disait : « Les fils de
la lumière souffriront de grandes souffrances ». Ces
souffrances ne font pas partie des souffrances que
nous connaissons dans le monde de l'involution. Ce
seront d'autres souffrances, des souffrances
beaucoup plus subtiles, des souffrances qui
appartiennent au monde de l'esprit. C'est-à-dire des
souffrances qui font partie de l'ajustement vibratoire
du corps mental supérieur au corps mental inférieur
de l'homme. Des souffrances qui seront reliées au
mémoriel de l'homme et à son émotivité.
140
Parlons d'esprit. Nous employons le mot
esprit comme s'il donnait à l'homme une possibilité
de conversion avec de l'intelligence dans les mondes
parallèles. Un aspect de ceci est réel et vrai. Mais il
y a quelque chose d'autre dans le mot esprit. À partir
du moment où l'homme contemple en esprit la valeur
psychologique du mot esprit sur le plan de la
communication, il entre en communication avec des
plans parallèles et il perd l'autonomie de son énergie.
Le concept rattaché à l'émotivité du mot esprit
empêche l'homme d'avoir accès à son énergie. Je ne
nie pas l'existence de l'esprit ou des esprits. Je dis
qu'à partir du moment où l'homme utilise le mot
esprit dans la conversion de l'énergie sur le plan
mental, pour se donner un rapport vibratoire, intuitif
ou télépathique avec des mondes parallèles, il perd
l'autonomie de son énergie. Il devient alors assujetti
à une autre hiérarchie de connaissance qu’on appelle
la connaissance astrale, la connaissance spirituelle, la
connaissance occulte qui mène au contact entre le
disciple et les maîtres et qui rend l'homme
absolument incapable de définir par lui-même ce qui
est réel.
Nous sommes obligés, à partir du moment où
nous entrons dans notre conscience individualisée,
de pouvoir contester, de regarder à travers les formes
des mots et de comprendre que toutes ces formes
utilisées par l'action créative descendante des forces
astrales sur le monde matériel, à travers le mental de
l'homme, sont des pièges permettant à l'homme de
141
demeurer un peu plus longtemps prisonnier des
forces qui contrôlent l'évolution.
FP - Si je vous donne un énoncé qui prime en
physique, pouvez-vous me faire part des réflexions
qu'il peut apporter chez vous, faire un parallèle avec
votre compréhension ? Par exemple : la déperdi¬
tion de la matière crée de l'énergie par réaction.
BdM - La déperdition de la matière crée de l'énergie
par réaction parce que la matière est chaude et
aussitôt qu'elle entre en contact avec un éther
inférieur qui fait partie de son organisation atomique,
elle est obligée de dégager cette chaleur afin de créer
d'autres étapes, d'autres éthers permettant à la
matière physique et chimique de se lier ensemble.
Cela crée le processus de régénération dans la
matière.
Cette loi fait partie de l'organisation
systématique des processus involutifs de l'éther dans
la matière. Un jour l'homme sera capable de
renverser ceci, il pourra alors dématérialiser
certaines matières et leur donner une vibration plus
élevée afin de créer d'autres matières. Celles-ci ne
seront pas assujetties aux lois de l'involution
biologique, mais plutôt aux lois de l'évolution
mentale de l'homme futur, du surhomme. Par exem¬
ple, l'homme sera capable demain de prendre un
cristal, de lui donner une vibration, de le mettre dans
le coin de la maison et de voir le cristal grandir : il
142
aura un arbre en cristal avec des rubis à l'intérieur,
dans sa maison. Et le cristal possédera les qualités
physiques de la vitalité naturelle que nous retrouvons
dans le monde matériel d'aujourd'hui.
Tout doit être un jour assujetti à l'intelligence
de l'homme. Tout doit être compris en fonction de sa
volonté créative afin que l'homme puisse créer une
condition évolutive créative et éliminer à jamais ce
que nous appelons aujourd'hui la pollution, qui
devient de plus en plus grande et que l'homme ne
pourra pas arrêter tant qu'il n'y aura pas sur terre des
forces occultes qui viendront la neutraliser.
143
TABLE DES MATIÈRES
Psychologie de l'initiation.5
Limites du mental humain.29
Mythes solaires.63
Réalités nouvelles.91
Matière - vie - énergie.121
144
Achevé d'imprimer
en juin 1989 sur les presses
des Ateliers Graphiques Marc Veilleux Inc.
Cap-Saint-Ignace, Que.
145